Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /Juil /2006 15:42

"En attendant que je revienne (ou pas),

On est restés à quelques uns pour voir la remise de la coupe, c'est quand même joli, tout ce spectacle avec les feux d'artifice et tout. Et puis bon, quand on est spectateur de toute la Coupe du Monde, autant voir aussi la fin, sinon, on ne sera vraiment venus pour rien. Au retour des vestiaires, on n'a vu qu'on avait raté un autre spectacle, il y avait Coupet enfermé dans un casier avec des chaînes pour ne pas qu'on l'ouvre, Barthez n'arrêtait pas de répéter qu'il aura quand même réussi un rêve de tout ce mois. En plus, Barthez, sur cette compétition, on n'a rien à lui reprocher, même si sa technique consistant à montrer ses couilles au tireur n'a pas marché sur ce coup, pourtant, il l'avait une fois à Pedretti (oui, je sais, ça date) et ça avait bien réussi. On entendait d'ici Domenech hurler à Astorga que Zidane était un gros con chauve de l'intérieur de la tête et qu'il n'était pas fâché de se débarrasser des divas dépassées, il a ajouté que l'arbitre était un vendu corrompu violent tricheur truqueur dopé alcoolique et probablement ancien amateur de tuning, les italiens un peuple en trop sur Terre et les journalistes, des ratés qui font se métier car ils ne peuvent pas faire sportifs car ils sont trop nuls et qu'il en sait quelque chose. Bref, il était un peu aigri. Puis il est entré dans le vestiaire, il est tombé sur Silvestre et lui a dit : "toi, je te hais, et encore plus que Pirès, c'est pour ça que je t'ai pris, que tout le monde voit que tu es un gros nul !" Silvestre, il allait répondre mais Makelele a embrayé en disant que c'était vrai et qu'il nous avait pourri un Euro et que c'est suffisant. Dans la foulée, Thuram a dit à Sagnol que peut-être qu'il est moins doué que lui avec le ballon, mais au moins il le récupère souvent.

C'est là que Chimbonda a regretté d'avoir parlé, il a dit "dites, on est pas censé mourir ensemble ?" et Barthez lui demandé de nous montrer le chemin, mais Chimbonda s'en est bien sorti, il a haussé les épaules en disant que toute façon, il ne reviendra peut-être plus lui non plus en Equipe de France, alors ... Barthez s'est alors tourné vers Coupet en lui demandant s'il allait continuer sur le banc de l'Equipe de France, l'autre a gémi qu'il allait se plaindre à Aulas et que Thiriez irait lui faire les gros yeux mais ça n'a pas des masses fait peur à Barthez, comme menace. Govou a fait remarquer que lui, quand il joue, on gagne (et qu'en plus, quand il ne joue pas, on ne gagne pas), Gallas a répondu que c'était un des grands mystères de l'humanité, Domenech a surenchéri en disant que Jurietti gagne à chaque fois avec l'Equipe de France, avec une qualification à la clé et qu'en plus, avec lui sur le terrain, on ne prend pas de but. Thuram a rigolé et a pris la parole en pouffant : "Jurietti chez les Bleus ! Et pourquoi pas Givet, Diarra, Boumsong ou Dhorasoo, tant qu'on y est ?" mais il y a eu un gros silence, il a regardé autour de lui et s'est rendu compte que ça a beaucoup changé depuis 1998. On voulait quand même répondre (les disputes, comme les entraînements, ce sont les seuls trucs où on peut participer) mais Henry a voulu faire le guide grand sage qui porte son peuple vers la raison. Il a levé les mains comme un pasteur et déclamé "messieurs, il ne sert à rien de se perdre dans des bagarres sans intérêt, sachons faire la part des choses et voyons les véritables responsabilités". Thuram a surenchéri en reconnaissant s'être emporté et qu'on était tous coupables et tous méritants de ce beau parcours car nous ne sommes qu'un, une équipe. Sagnol a chialé, Saha répétait que c'était beau et Landreau et Gallas ont applaudi mais Henry les a interrompu : "mais non ! Je ne suis coupable de rien, moi ! Si on est allé jusqu'ici, c'est grâce à mon immense travail dans la zone offensive et mes replis efficaces, grâce à mon but contre le Brésil et le penalty que j'obtiens contre le Portugal et ce soir, car c'est moi qui fait la différence sur l'action, si on perd, je n'y suis pour rien ! Non, le vrai coupable, c'est lui !" et il a pointé Trezeguet (qui bouffait tous ses équipements depuis le retour au vestiaire, pour qu'il ne lui reste rien de ce cauchemar) du doigt. Coupet est alors sorti du casier pour crier : "oui, il a commis un crime contre l'équipe, c'est monsieur Houllier qui me l'a dit et monsieur Houllier, ce n'est pas n'importe qui, c'est celui qui a été choisi par monsieur Aulas".

Domenech a voulu calmer tout le monde en parlant du carton rouge de Zidane, mais il n'a pas réussi à être calme longtemps et s'est mis à le traiter de Portugais avec l'intelligence d'un Anglais et la mentalité d'un Italien, Zidane s'est levé pour lui flanquer un coup de boule mais Domenech, qui a fait immédiatement quatre pas en arrière de peur, a ajouté qu'en revanche, sa mère et sa soeur étaient des femmes très bien, du coup, il s'est rassis. A ce moment, Domenech a parlé plus posément (il avait la voix qui tremblait et restait sur ses appuis, prêt à prendre la fuite au cas où Zidane se précipite à nouveau sur lui), a expliqué que frapper un adversaire, d'accord, mais il faut se débrouiller pour le faire sur le meilleur et qu'il ne reprenne pas la partie. Frapper au plexus, ça peut le tuer, d'accord, mais c'est écraser une mouche avec un marteau-pilon et c'est dur à réaliser, il faut viser l'arrête nasale pour le coup de boule, et bien amplifier le mouvement avec le cou, il était en train de mimer (sur Ribéry, au point où il en est, ça ne va pas changer grand chose chez lui) comment on donne un bon coup de boule, comme Depardieu dans les Compères. Il a conclut que seuls les imbéciles donnent un coup de boule dans la poitrine, Dhorasoo est intervenu que lui aussi les donne là mais que c'est parce qu'il est trop petit pour atteindre la tête des autres mais il a vite arrêté son explication en voyant que ce n'était pas trop le moment. Sur le trajet du retour, dans le car sur la route de l'aéroport, Ribéry a voulu détendre l'atmosphère, il a chanté "chauffeur, si t'es champion", Sagnol lui a demandé de se taire ou ça allait très mal se passer pour lui, il a tenu une minute puis a crié "Paris, Paris, wir fahren nach Paris" et a gagné, il fait le trajet dans la soute de l'avion. Ça va être dur à expliquer à Finkelkraut, que celui qui voyage comme un clandestin malien, c'est un des rares blancs de l'équipe, le football, ça fait vraiment tomber les barrières culturelles.

On a revu Chirac, il nous a souhaité bonne chance pour aller jusqu'en finale et battre le Brésil, nous a dit que la France était derrière nous et qu'il se préparait pour le 12 juillet au Stade de France pour nous remettre la Coupe Jules Rimet. Il s'est juste approché de Domenech à un moment pour lui demander, en l'appelant "monsieur Hidalgo", pourquoi Cisewski n'était pas sélectionné. Après, on est allé au siège de la fédération, on a croisé tous les créanciers, les huissiers avaient pris les meubles, alors on a mangé des McDeluxe par terre avec de l'eau du robinet en guise de buffet prestige. On entendait les supporters dehors qui criaient "Trezeguet, salaud, le peuple aura ta peau", Henry a alors proposé d'aller les saluer. Zidane ne voulait pas, Thuram lui a dit de penser à l'appel de la Mère Patrie puis a enfilé immédiatement un équipement de football américain car Zidane s'énervé que l'autre parle de sa mère comme ça. Finalement, on lui a dit que s'il ne sortait pas saluer les autres, on appelait Francis Lalanne, ça l'a convaincu. On est tous donc sortis au balcon (et puis, on avait fini tout ce qu'il y avait à bouffer), j'ai salué aussi, même si personne ne savait qui j'étais (à part un type bourré qui m'a appelé David Hallyday, il faudra m'expliquer). Trezeguet restait dans le fond à pleurer, il avait honte mais Henry l'a pris par l'épaule pour le montrer au peuple, il a essayé de le jeter par-dessus le balcon, les supporters ont pris ça pour une accolade chaleureuse et ont applaudi, Escalettes a quand même pris sa main et l'a levé en criant "c'est lui, le coupable !" mais ils ont pris ça pour un soutien et ont encore plus applaudi. Finalement, on est parti quand on a vu les huissiers traîner autour de nos voitures, on sait que ça suffirait pour apurer toutes les dettes de la FFF mais d'un autre côté, ce n'est pas nous qui les avons creusés, quand même ! Escalettes nous a dit que pour les primes, on verra quand il pourra les payer mais qu'il pouvait offrir un T-shirt orange en échange mais, à part Ribéry pour en offrir à ses potes de Boulogne, on n'en a pas voulu.

A la prochaine. Le vice-champion du mooooonde."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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