"Tous et les autres,
Ça y est, c'est le grand jour, celui de la finale ! Dès le matin, on sentait de la tension, Sagnol a balancé son bol de corn-flakes sur Govou comme quoi il l'avait regardé de travers (il doit être le seul à ne pas se rendre contre qu'il louche), Barthez fumait encore plus de cigarettes que d'habitude et Zidane refusait qu'on l'embrasse ou qu'on se serve du lait après lui, comme quoi il y aurait une malédiction. Finalement, Trezeguet a levé les yeux au ciel et s'est servi en clamant que de toute façon, la malédiction, ça ne lui fera rien vu qu'il ne joue jamais. Pendant ce temps, Domenech n'arrêtait pas de répéter à Barthez de faire gaffe car la finale est à 20 H et non 21, ça a déçu Coupet qui piaffait depuis deux jours en espérant récupérer la place au finish. En plus, Duverne, il ne savait plus comment faire pour Vieira, il lui avait mis tous les produits qu'on avait les droits, une vidange du sang, il lui a même changé les poumons car les autres étaient déjà trop encrassés, mais malgré tout ça, il se demandait si, avec un tel kilométrage, il pouvait encore tenir longtemps. Il fallait aussi se démerder pour enregistrer Louis la brocante pour Thuram, on a beau lui répéter que ce sont des rediffusions, il veut tout de même le voir, comme tous les épisodes de Derrick. Au moment de partir, on a dû s'arrêter trois fois en catastrophe : Barthez avait oublié ses équipements, puis Ribéry avait oublié où il avait casé son bon profil (il a réellement fait arrêter le car pour ça, il fallait voir le regard de Domenech, il faisait du vent dans les sourcils) et enfin, on avait oublié Barthez. Là, Domenech s'est fâché contre Coupet parce qu'il venait de lui dire qu'on était tous à bord, il a dit qu'il serait tondu si on gagne, Coupet était tout apeuré, il était face à un dilemme terrible : choisir entre sa coupe de lover façon Modern Talking et son bon pognon, avec sa prime de victoire (il nous en avait parlé, il comptait faire une virée à la Halle pour la dépenser et faire un stock au cas où les prix s'envolent à cause des socialo-communistes).
L'échauffement, il était perturbé à cause de la cérémonie de clôture, quand il y a eu Shakira qui chantait, Malouda et Gallas dansaient en faisant des signes à Wiltord et Chimbonda qui trinquaient en leur santé et Ribéry était scotché en la regardant, bouche ouverte, avec des filets de bave qui coulaient. Domenech a tout de suite demandé à Govou, Diarra, Boumsong et moi de se regrouper autour de lui, histoire que personne ne le filme ainsi, ça ferait mauvais genre. En plus, Makelele a commencé à nous chambrer en disant qu'il essaierait de nous rendre un hommage en s'asseyant à nos côtés s'il marquait, dans la foulée, Landreau aussi a demandé à avoir son hommage mais Barthez lui a dit qu'il valait mieux qu'il évite d'être lobé sur sa ligne, d'autant qu'il l'a déjà fait contre la Corée. Mais dès le début du match, on est parti à fond la caisse, d'ailleurs Henry l'a vraiment fait mais il aurait mieux fait de regarder que Cannavaro était devant lui, il s'est retrouvé au sol et il répétait en hurlant "je ne sens plus ma tête !" Il avait l'impression que ça avait considérablement gonflé mais nous, on ne le voyait pas trop. A un moment, Domenech lui a demandé s'il était en état de continuer, il s'est relevé tout de suite en disant que sans lui, on n'avait aucune chance, se priver du meilleur joueur du monde (comme le prouve le titre de Mega Cool Master que lui a donné Onze Mondial sur la base d'un échantillon représentatif de 8-12 ans domiciliés aux Ulis) serait de la folie et qu'il vaudrait mieux déclarer forfait si par malheur il devait sortir car après tout, les gens sont venus voir jouer Thierry Henry, alors il faut leur donner Thierry Henry. Trezeguet a dodeliné la tête en bougeant les lèvres sans rien dire tandis que Saha se tapait la tête contre le toit du banc de touche en criant qu'il était vraiment trop con d'avoir pris ce jaune.
Mais très vite, ça allait mieux puisque Malouda a mis Materazzi dans le vent et, tout surpris de se retrouver en bonne position, a confondu le ballon et la cheville de l'Italien et s'est retrouvé bêtement par terre. Bon, Buffon a immédiatement indiqué qu'il y avait penalty car il avait parié qu'il encaisserait en tout deux buts dans la Coupe du Monde et qu'avec une défense pareille, il fallait bien qu'il s'en charge lui-même. Mais il n'est pas chien, hein, il a bien prévu la moitié de la récompense pour Zaccardo. Zidane a posé le ballon, il a regardé le ciel en disant "papa, donne moi la force d'accomplir la prophétie" et s'est élancé. Il a fait un gros dérapage, il a revu le match contre la Chine et ses yeux se sont transformés en serpentins mais heureusement, Buffon lui a crié "je suis parti à droite", ça l'a aidé, il a bloqué son pied pour placer à droite (mais pas la même droite, on a dû expliquer ça à Ribéry, on s'en est sorti en comparant Sarkozy et Bayrou, c'est à droite mais pas la même). Le ballon est parti au-dessus de la barre, Zidane a fait quelques passes magnétiques pour la rediriger du regard, ça a tapé la barre, rebondit derrière la ligne et c'est reparti en dehors. L'arbitre a demandé son avis à l'assistant qui lui a répondu d'aller demander à Frank Leboeuf car lui, il est trop con et trop hautain pour savoir alors il faut laisser faire les experts. L'arbitre avait envie de l'étrangler mais Buffon s'est précipité vers eux pour leur dire qu'elle est bien rentrée, en même temps, les nuages au-dessus du stade se sont regroupés pour écrire "il y a bien but" en français, italien, allemand, anglais, espagnol et arabe, histoire que tout le monde comprenne. Sur le banc, on était tous contents mais on n'a pas pu fêter l'ouverture du score car il fallait consoler Landreau qui se demandait pourquoi quand lui essaye (et face à Richert, en plus), ça ne marche pas.
En plus, on a tout de suite vu qu'on allait galérer sur les corners, les Italiens allaient plus haut et Ribéry parlementait avec Gallas pour qu'il lui fasse la courte échelle ou alors qu'il le mette sur ses épaules voire un ascenseur comme en rugby. Barthez et Sagnol l'ont recadré en le menaçant de rajouter des cicatrices de telle sorte que ça fasse "andouille congénitale" en coréen sur sa joue droite. C'était du bluff (ils ne lisent pas le coréen) mais ça a marché. Le pire, c'est que ce n’est pas son joueur qui a marqué, mais celui de Vieira, Materazzi. Vieira n'a pas sauté sur l'action, il est resté immobile, Boumsong a dû le taper dans le dos en maugréant que Windows, c'est moins cher donc ça fait plaisir à Escalettes, mais ça plante souvent. En plus, l'arbitre a demandé à Boumsong de retourner s'asseoir, Thuram lui a dit que ce n'était pas grave et qu'il se démerderait car ça ressemble vaguement à son Amstrad. Malgré tout, on s'est bien fait balader, mais on s'en tirait avec 1-1 à la mi-temps.
Merde, j'ai plus de papier !"
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