Partager l'article ! Episode 76 : Una storia importante: "Ceux qui triment déjà alors que je vais me barrer en vacances très prochainement, &n ...
"Ceux qui triment déjà alors que je vais me barrer en vacances très prochainement,
Dès le lendemain matin du match contre les balayeurs, Domenech nous a réuni dans la buanderie. Je sais, la buanderie, ça n'est pas un bon endroit pour ce genre de choses, mais c'est de la faute de Wiltord et Gallas, ils ont voulu faire un concours de picolo-bataille corse (le jeu, c'est qu'en plus de se faire savater la main, le dernier doit boire un verre et eux, ils le font avec du rhum enflammé, on doit poser sa main à plat sur le verre pour que ça s'éteigne comme ça, on a la paume cramée et arrachée) et Ribéry est venu et tout s'est gâté, il tapait avec une batte de base-ball et a commencé à lancer son verre sur Malouda qui passait par là quand il a perdu. Après, ça a dégénéré, Abidal, Makelele et Chimbonda se sont rajoutés, on a tout brûlé, même la chambre de Govou. Du coup, Govou a dû dormir dans le lit de Duverne et on a écouté le discours de Domenech (enfin, on était au même endroit que lui pendant qu'il parlait) dans la buanderie, et encore, il était plusieurs fois interrompu par le personnel de ménage qui demandait lequel de nous a rendu des draps aussi crades (en plus, c’est bizarre, à chaque fois, Landreau se recroquevillait). Bon, Domenech a commencé par nous dire qu'une finale, ça n'est pas un match comme un autre et qu'il était bon (surtout pour lui) que ceux qui ont fait l'expérience d'une finale victorieuse se fassent connaître. J'ai levé la main en disant que j'ai pris 3-0 en Champions League mais que notre présence en finale était inespérée donc que c'était presque une victoire quand même, je me suis arrêté quand j'ai vu que tout le monde (à part Ribéry qui faisait le fantôme avec les draps et Wiltord qui les nouait pour se tirer discrètement) me regardait méchamment, j'ai voulu me rattraper en racontant la finale de la Coupe de la Ligue contre Sochaux mais j'ai bien vu que Dhorasoo rigolait.
Cela dit, Dhorasoo, il a mis son but de l'année, donc ce n'est pas la peine d'attendre quelque chose de décisif de lui. Henry a raconté ses victoires en Cup qui ont montré enfin au monde éberlué qu'autant de talent pouvait se trouver dans un seul corps, mais pas n'importe quel corps, celui qui fait fantasmer toutes les femmes, de France jusqu'à Alpha du Centaure. Finalement, Boumsong lui a filé une Game Boy Advance pour avoir la paix et a embrayé avec la Coupe de France 2003 puis, comme Malouda et Abidal rigolaient, il leur a demandé ce que Lyon a gagné comme coupe ces derniers temps et là, c'est parti en vrille. Les Lyonnais l'ont choppé et voulaient l'enfermer dans une machine mais, comme il ne passait pas par le hublot, ils l'ont attaché et bâillonné, et avec les draps de Thuram, ceux qui sont gâtés par la bouillotte qui fuit et les projections de tisane à la camomille. Là, Domenech, il a respiré un grand coup, ils nous a regardé puis il a voulu que les anciens de 1998 racontent leur épopée. Thuram a soupiré, Vieira était endormi la tête en arrière avec la langue pendant sur le côté en attendant sa nouvelle injection de vie et Zidane s'est levé, il nous a montré deux plaques de marbres avec les compositions des équipes, les buts et les cartons, ils nous a dit que c'était son père qui l'avait fait. Finalement, Domenech nous a congédié, sauf moi, Diarra et Saha qu'il a réquisitionné pour étendre le linge, il avait obtenu la buanderie en échange d'aide mais en fait, on est parti en vitesse quand on a vu que Ribéry avait fait des yeux dans un drap et des figures de napperon dans les autres. En plus, en sortant, on a croisé Barthez affolé, il attendait depuis plusieurs heures dans la salle de réunion dévastée et ne comprenait pas pourquoi on ne venait pas. C'est con, quand même, pour une fois qu'il avait pensé à venir !
Même si on est plusieurs à savoir qu'on ne jouera pas, on s'amuse bien quand même. Tiens, l'autre fois, avec Coupet, Boumsong, Ribéry, Govou et Diarra, on a fait un Monopoly dans la bibliothèque. Bon, on n'avait trouvé qu'une version allemande, alors on envoyait Govou à chaque fois pour qu'il aille demander à Sagnol de traduire mais lui, il en avait marre d'être dérangé sans arrêt pendant sa séance de tai-chi shaolin (on doit mimer la décapitation d'un ennemi avec le pied et, quand on a réussi, on mange pour de vrai le foie sanguinolent d'un agneau) alors on a dû se débrouiller seuls. En plus, Govou s'est perdu dans le château (on l'a retrouvé deux jours plus tard, il était dans les catacombes, on ne savait même pas qu'il y en avait) alors on a continué sans lui en décidant de vendre aux enchères ses propriétés mais Coupet a dit que comme il est de la même famille sportive que lui, ça lui revient de droit. Bon, on a bien voulu, mais à condition que Boumsong devienne le banquier à la place de Coupet mais l'autre n'a pas accepté, il disait que l'argent, il maîtrise mieux grâce à l'expertise de son club et à ce moment, Diarra a décidé de se privatiser et Ribéry a fusionné avec lui. Dans la foulée, j'ai refusé de payer la taxe sur le luxe (en fait, on connaît la case, mais sur le truc allemand, on ne sait pas vraiment ce que c'est) parce que mon siège social est à Monaco et donc défiscalisé, Coupet a alors demandé à Saha, qui passait par là, de faire l'arbitre mais lui a préféré récupérer le pion de Diarra qui a bien voulu lui céder ses parts dans la Nenastraße et de mettre la Falcostraße en cogestion. Ça s'est gâté quand Boumsong, après avoir tiré une carte Chance, a lu comme si c'était en français en disant que Cofidis lui accorde généreusement 100 000 Marks et avec, il a acheté le Mur de Berlin (c'est une vieille édition, en plus). Coupet a crié qu'il y avait de la triche et que, puisque c'est comme ça, il fusionne avec la banque mais j'ai répliqué par une carte Chance "vous êtes champion olympique, vous prenez autant que vous voulez dans la banque". Finalement, on a dû arrêter d'adapter le jeu quand Ribéry a décidé de construire non pas un hôtel mais une maison close et donc qu'on lui devait plus, là, on s'est dit qu'il faut revoir les règles.
C'est Ribéry qui a alors eu l'idée de rendre le jeu plus intéressant en repartant de zéro mais en faisant du réel qui nous est proche. Coupet voulait bien à condition de rester banquier, Saha si on ne boit pas d'alcool (il faut dire qu'il sortait d'une partie de caps avec Wiltord, Barthez et Gallas) et les autres, il faut voir. Diarra a proposé qu'on remplace les noms allemands qu'on n'arrive pas à prononcer par des trucs qui nous parlent plus, genre les pièces du château mais Boumsong a alors rétorqué qu'il faudrait qu'on ait réellement le pouvoir sur ses pièces et Ribéry a ajouté qu'on n'avait qu'à mettre notre vrai argent pour ça. Coupet a fait doublement la tête, d'abord parce qu'on n'avait plus besoin de banquier, et en plus parce qu'il allait devoir dépenser son argent, il embrassait ses billets tendrement, comme pour leur dire adieu. On a tout étiqueté les pièces, on a enlevé les cartes Chance et Caisse de communauté (de toute façon, on ne sait pas ce qu'il y a dedans) et on a remplacé les pions par des soldats de plomb qu'on a retrouvé dans une malle au grenier. J'ai alors demandé par quoi on remplaçait les maisons, finalement, on décidé que ce serait les meubles, avec des graduations (une maison = un lit, deux maisons = un lit et une télé ...) et on s'est mis à jouer. On s'amusait bien jusqu'à ce qu'à un moment, Dhorasoo entre dans la pièce pour changer de livre, il nous a regardé avec pitié, il a fait non de la tête en regardant le plafond puis a murmuré "capitalisme" d'un ton désolé. Mais bon, quand il verra que sa piaule a été achetée par Coupet et qu'il refuse d'y mettre des meubles, il fera moins le malin. Finalement, on a arrêté vers 22 heures, quand Barthez est passé pour nous demander s'il n'y avait pas un entraînement aujourd'hui car il avait oublié et est resté dans sa chambre toute la journée. Comme on n'avait pas fait gaffe non plus, on a vite tout rangé (et on s'est partagé en douce le pognon de Coupet qui grognait dès qu'il voyait Barthez) et on est parti se coucher.
Mais bon, on se prépare quand même pour la finale, l'air de rien. Gaël."
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