Toute ressemblance avec des personnes ou faits réels n'est pas forcément fortuite

Il était une fois un club de Ligue 1 Opérateur-téléphonique-dont-on-taira-le-nom. Ce club ne possédait pas l'exposition médiatique de ses congénères parisiens et marseillais malgré ses efforts pour être ridicule. Il ne possédait pas non plus le succès du lyonnais malgré de bons résultats. Il n'avait pas non plus l'aura des camarades nantais, bordelais ou stéphanois malgré tous ses titres. Pas de journalistes, pas d'émeutes, pas de spectacle, pas de pelouse, pas d'ardent clair et pas en France, en fait, c'est comme Ajaccio mais en plus chic. Ce club existe et il le mérite. Ailleurs le tumulte médiatique et la passion footballistique ! Vade retro, prolétariat gavé de merguez-frites, saoulé de bière et pauvre comme un esprit de coureur cycliste ! Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Voici le feuilleton de l'AS Monaco.

 

Mardi 25 octobre 2005 2 25 /10 /Oct /2005 00:00

Monaco, comme Lens d'ailleurs, ayant particulièrement déçu en UEFA, la LFP décida de les punir en les envoyant jouer dans des villes sordides aux équipes faiblardes. C'est donc à Sochaux qu'on retrouve nos héros. Les remplaçants sont partis s'asseoir (s'allonger pour François) sur le banc aux côtés de Francesco, après toutefois qu'Emmanuel s'est cogné la tête. Ce banc est l'objet des attentions d'André qui note scrupuleusement tout ce qui est remarquable afin de peaufiner son Guide du Routard des bancs de touche. Le temps est doux pour la région (4°C), la pelouse est correcte pour la région (non gelée et avec quelques touffes d'herbes) et les adversaires doués pour, non pas la région, mais pour leur entraîneur. Les amabilités d'usage de l'avant match ont cours avec serrages de paluches, promesse à l'arbitre qu'on ne se plaindra pas (trop) et tout et tout.

Mickaël : "Bonne chance !"

Gaël : "Ouais, pareil !"

Guillaume : "Hep, quelqu'un peut me refaire mon lacet ?"

Sébastien : "Ça va, le match n'a pas commencé tu peux ... tu portes des moufles ?!"

Guillaume : "Ben oui, il fait froid quand même !"

Sébastien : "Tu viens de Dortmund et tu crains le froid d'ici ?"

Guillaume : "Forcément, je peux pas jouer avec mon parka !"

Patrice (s'agenouillant et levant ses bras au ciel) : "Oh, seigneur Didier ! Donne moi la force de finir le match en multipliant les fautes sans prendre de carton et de gagner ce match pour, à partir de là, les prendre les uns après les autres car l'important, c'est les trois points !"

Mickaël : "Alors, petit, tu reconnais les lieux ?"

Camel : "Ah oui ! C'est comme si j'y revenais tous les ans."

Mickaël : "Ben, c'est un peu le cas, non ?"

Camel : "Mouais, les gens, là, je les reconnais pas."

Mickaël : "Logique, le classement n'est plus le même, aussi. Au fait, je sais où habite les gens que tu aimes, si tu nous fais perdre, ça va mal aller pour eux. Bon match !"

Camel : "Euh, non, attends ! Je sais pas faire, moi, perdre exprès !"

Mickaël : "Oh, tu te débrouilles, si tu ne veux pas que la police coffre ta tante car on a retrouvé des peluches Bisounours dans son jardin."

Camel : "Et si je fais juste semblant de mal jouer, ça compte ?"

Mickaël : "Oh ! La première fois que tu es venu avec Bordeaux, tu nous as bien aidé et pas fait tous ses chichis, alors tu te démerdes !"

Camel : "Je ne l'avais pas fait exprès, mais je peux essayer quand même."

Mickaël : "Et ben voilà, tu deviens raisonnable."

 

Le match est une nouvelle déception. Deux fois un Sochalien s'échappe du marquage de Gaël (occupé à engueuler Toifilou la première fois puis Olivier S. la deuxième) et trompe Guillaume (enfin, cadre sa frappe). La sortie des deux anciens Rennais ne change rien, sauf qu'une partie endiablée de chat-bite s'engage dans les vestiaires avec aussi Olivier K. venu les rejoindre. Arrivent les autres joueurs et le staff. La porte grince à l'ouverture, un homme entre dans la pièce et ...

Toifilou (joignant le geste à la parole) : "Chat-bite !"

Patrice : "Tu ne me touches pas, idiot ! Mon corps est dévoué à Didier !"

Gaël : "Vous n'avez rien de mieux à faire que vos jeux débiles ?"

Olivier S. : "Si tu jouais à ces jeux débiles, comme tu dis, avec les Sochaliens, on aurait pas pris deux buts."

Toifilou : "C'est vrai, les deux trucs qui nous plombent, c'est de toi ce soir !"

Lucas : "Non, c'est des dirigeants et c'est cet été."

Toifilou : "Pas faux."

Sébastien : "Comment ça, pas faux ? Il t'a insulté, là."

Toifilou : "Ah, OK. En fait, je réponds «pas faux» quand je comprends pas. C'est pour me donner une constance."

Francesco : "Donc, les raisons de la défaite ... il manque quelqu'un, là ?"

Camel : "C'est Patrice qui est téléphone avec votre prédécesseur, coach. Il doit être aux toilettes."

Toifilou (parti le chercher) : "Ah, non ! C'est pas du jeu de se faire auto-chat-bite ! Si on ne respecte plus les règles, on va au-delà des limites de ce qu'on s'admet comme frontières !"

Douglas : "En tout cas, ce n'est pas de ma faute : j'ai marqué."

Sébastien : "Oui, tu as marqué en position d'avant gauche alors que tu es arrière droit, tu trouve ça normal ?"

Douglas : "Note, si on tiens compte qu'on inverse tout à la mi-temps, je suis à mon poste."

Toifilou : "N'importe quoi ! On ne joue pas la tête en bas ! On n'est pas en Chine !"

Gaël : "Oui oui, ta gueule ! Bon, il faut se remobiliser, on peut encore faire quelque chose dans ce championnat !"

Olivier S. : "Faire rire ?"

Lucas : "Il a raison : si beaucoup de Lyonnais jouent contre le Costa Rica et que le transport est assuré par la West Caribean, si le PSG joue à Marseille en Coupe et qu'il traîne du zyklon B dans les vestiaires, si les poteaux carrés sont restaurés à Geoffroy-Guichard, si Sarkozy vire les étrangers de Bordeaux, si les équipes sans stades sont exclues, si les grèves des transports à Marseille bloque l'OM dans sa ville, si les adorateurs de Pierre Bachelet font un suicide collectif, on a alors encore des chances de titre."

Toifilou : "Pas faux."

Lucas : "Je te ferai un dessin, si tu veux."

 

Pendant ce temps, au siège du club (restrictions budgétaires obligent, il n'y a en effet plus qu'un seul siège appartenant au club), Flavio cherche la réponse à cette question qui le turlupine (pas de contrepétries) depuis le match contre Metz.

Flavio : "Bonjour, je voudrais parler à celui qui dirige le club."

la secrétaire : "C'est à quel sujet ?"

Flavio : "Ben, heu, pour le voir, quoi !"

la secrétaire : "Ah oui, mais j'ai besoin de savoir pour voir ce qu'il faut faire."

Flavio : "Bon, on va dire que je veux un nouveau contrat."

la secrétaire : "Vous êtes un joueur cadre ou une recrue ?"

Flavio : "Ben, je suis titulaire depuis 4 ans, quand même !"

la secrétaire : "Alors si vous êtes un titulaire régulier, il faut protester dans la presse avec menace de départ si possible pour prendre rendez-vous, sinon ce n'est pas faisable."

Flavio : "Pardon ? Il faut gueuler dans les journaux pour avoir un rendez-vous avec la direction ? Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ?"

la secrétaire : "Ah mais moi, j'y peux rien, c'est les consignes de là-haut !"

Flavio : "Là-haut, c'est bien quelqu'un en particulier, c'est Pastor ?"

la secrétaire : "Ben non, il travaille dans ses affaires."

Flavio : "Brianti ?"

la secrétaire : "Il est en vacances."

Flavio : "Ben, c'est qui alors celui qui donne les consignes ?"

la secrétaire : "Ben, heu, c'est là-haut, au-dessus quoi ! Y a les ordres qui viennent de là et j'applique, c'est tout !"

Flavio : "Comment viennent-ils, ces ordres ?"

la secrétaire : "Ben, dans mon courrier, il y a des lettres qui m'indiquent la marche à suivre, c'est tout !"

Flavio : "Mais elle sont signées, ces lettres ?"

la secrétaire : "Ben non, c'est des trucs sérieux, c'est pas la peine de signer, je passe un coup de tampon dessus et c'est validé."

Flavio : "Alors si j'ai tout compris, n'importe quel couillon peut vous faire faire n'importe quoi !"

la secrétaire : "C'est un risque à prendre dans cette organisation, certes, mais bon, c'est un tel gain de temps !"

Flavio : "Ah oui, je comprends mieux certaines choses, du coup."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Mardi 25 octobre 2005 2 25 /10 /Oct /2005 00:00

* = (déclaration d'après-match de Toifilou Maoulida, hélas non reprise par la presse présente sur les lieux, c'est-à-dire le pigiste de L'Equipe qui a perdu à la courte paille)

 

 

Le voyage de Monaco à Stavanger (parce que vous pouvez chercher longtemps la ville de Viking sur une carte, comme celle de Rosenborg, vous aurez peu de chances de la trouver), c'est long, alors chacun s'occupe comme il peut. Guillaume regarde le DVD du Coup du parapluie, Olivier K. la saison 13 des Feux de l'amour, Vassilis les Kung-fu shaolins contre les triades de l'Enfer (production Luc Besson, avec Jet Li, Jean-Claude Vandamme et Mark Dacascos) et Francesco Lost in translation. La presse aussi est prisée, L'Equipe mais aussi Entrevue que Camel lit en cachette dans les W.C. voire le hublot que Toifilou fixe durant tout le vol. L'arrivée se fait sans problème (hormis Toifilou qui effraie les hôtesses en leur adressant des clins d'oeil et ajoutant : "skoul ofenstru !") et dans les chambres, toutes les conversations tournent autour du match du lendemain comme n'importe quel club de professionnels. Toutes ? Non. Enfin, pas vraiment.

Olivier S. : "Euh, tu étais obligé d'amener ce stock de paninis. On peut manger à l'hôtel, hein !"

Toifilou : "C'est ça ! Et après, j'attrape la grippe aviaire du mouton ! Je tiens à ma santé : mon corps, c'est mon outil de travail."

Olivier S. : "Ouais, et les défauts de fabrications, ça donne droit des primes ? En plus, les bouffer crus, tes trucs, c'est déguelasse !"

Toifilou : "Peut-être, mais moi j'ai faim ! Bon, on se la fait cette partie de Playstation ?"

Olivier S. : "Bof le mieux, ce serait d'être quatre. Gus va pleurer s'il finit dernier et, vu qu'on a besoin d'être adroit de ses mains, il y a des chances qu'il perde, Camel reste bloqué sur son chien virtuel ... Hep, François, tu es partant pour une Play ?"

François : "Comment ça, partant !? Je suis un fuyard, un lâche, c'est ça ?! Je ne peux pas rester en face, c'est comme ça que tu me vois, que tu vois mon peuple ?!"

Toifilou (crachant des morceaux de panini ananas-bacon cru) : "Non, rien, laisse tomber, c'est pas grave !"

François : "Comment ça, laisse tomber ?! Je suis têtu, impulsif, je ne suis pas doué de raison, c'est ça ?!"

Gaël : "C'est quoi ce bordel, pourquoi ça gueule ?"

François (s'en allant) : "Je retiens que vous dénigrez mon peuple !"

Gaël : "Et vous n'avez rien de mieux à faire que de jouer à cet heure ?"

Olivier S. : "C'est une des rares fois où l'autre peut jouer, remarque !"

Toifilou : "Au pire, on se rattrapera au match retour."

Gaël : "Eh, il n'y a pas de match retour, patate !"

Olivier S. : "Ben, si, c'est une phase de poule. Au fait, tu n'as pas peur de la grippe aviaire avec ces poules ?"

Toifilou : "Très drôle, je me tords les côtes !"

Gaël : "Ce sont des poules avec match unique."

Toifilou : "Hein ? Il n'y a qu'une seule journée ?"

Gaël : "Non, chaque équipe ne s'affronte qu'une fois mais l'équité des lieux des matches est respectée."

Olivier S. : "J'ai rien compris."

Toifilou : "Mais si, ceux qui se barrent du stade sont tous pareils selon les équipes qui jouent un match contre toutes les autres chacune et réciproquement."

Olivier S. : "Ah, OK !"

Gaël : "Vraiment ? Combien de match on jouera à domicile ?"

Olivier S. : "Ben, la moitié de cinq."

Toifilou : "Donc, trois et demi."

Gaël : "Non, il y a quatre équipes plus nous, on joue donc quatre matches et autant à domicile qu'à l'extérieur, donc deux."

Olivier S. : "J'ai rien compris."

Toifilou : "Mais s'il y a cinq équipes dans le groupe, il y en a une obligée de jouer contre elle-même à chaque journée ?"

Gaël (après un long soupir) : "Bon, c'est comme était le Tournoi des Cinq Nations, ça va, vous comprenez maintenant ?"

Olivier S. : "Ah, OK !"

Toifilou : "Donc, les tirs de Manu, ils valent pour trois ?"

Olivier S. : "Ah, ben non, j'ai pas compris alors !"

 

Passons un peu, la première mi-temps fut douloureuse dans le marécage norvégien. Il a fallu attendre le but norvégien pour les voir se réveiller et pousser vainement vers le but du français Anthony Basso. Sans succès, la mi-temps s'annonce orageuse. Et elle l'est.

Francesco : "Alors, on va revenir au 4-4-2, Vassilis et David, vous rentrez à la place de Patrice et Jaroslav."

Jaroslav : "Tant mieux, parce qu'avec les palmes, j'avais peur pour mon orteil."

Patrice : "Et pourquoi c'est moi qui sort alors que c'est un choix tactique foireux qui n'est pas de moi ? C'est pas juste !"

Sébastien : "Attends, pour changer, il faut bien que quelqu'un sorte."

Patrice : "Ouais, ben c'est pas à moi, Didier l'aurait su ! D'ailleurs, avec lui, on était jamais en 3-5-2, c'est la preuve qu'il est meilleur que l'autre, là !"

Lucas : "L'an dernier, on a commencé en 3-5-2."

Patrice : "Ouais, ben alors, il avait vu que c'était pas bien et il avait changé, c'est pas la preuve qu'il est le meilleur ?"

Francesco : "Ça suffit, c'est moi l'entraîneur, j'ai décidé que tu sors, c'est tout !"

Patrice : "Ouais, ben puisque c'est comme ça, je pars tout de suite du stade !" (il s'en va en claquant la porte)

 

Toifilou : "C'est quoi ces histoires de 4-5-2 ?"

Olivier S. : "A mon avis, ils jouent à EuroMillions."

Toifilou : "C'est pas vrai ?"

Olivier S.  "Bien sûr que non, c'est des histoires de tactiques, des machins compliqués et tout ..."

Toifilou : "Ouais, enfin, c'est surtout de la frime parce que j'ai fais une belle carrière sans avoir besoin de perdre l'orée de tout ça !"

Emmanuel : "MaiscommenttasfaispourjouersouventàRennessansconnaîtredeschématactique ?"

Toifilou : "Ben, j'ai soit l'entraîneur soit Frei soit Jeunechamp qui me guidait, il me dit : «Cours», «Dribble», «Reviens», «Joue du pied gauche», «Joue de l'autre pied gauche», enfin, tout ça, quoi !"

Jaroslav : "Sinon, c'est qui ce goal qui nous arrête tout ?"

Sébastien : "Basso, ça vous dit quelque chose ?"

Toifilou : "Ah ouais, c'est un cycliste ! Pas étonnant qu'il nous arrête tout, il est dopé !"

Gaël : "Il est Français, d'après sa licence."

Toifilou : "C'est un faux passeport : il est finlandais, en vrai ! Il faut porter réclamation !"

Olivier S. : "Ah ben non, c'est Greg le Millionnaire."

Toifilou : "C'est pas un vrai millionnaire, il faut porter réclamation !"

Emmanuel : "Ohmaistuvaslafermertagueule ?"

Toifilou : "Avoue que ça t'emmerderais que l'on gagne grâce à moi ?"

Patrice (revenant dans le vestiaire) : "En fait, il n'y a pas taxi disponible dans ce trou, mais je ne m'incline pas, hein !"

Francesco : "Mais oui, c'est ça. Bon, Camel, j'aimerai que tu porte davantage le danger vers les buts et ..."

Camel : "Ça va pas, non ?! J'ai pas pied là-bas !"

Lucas : "C'est vrai que sur cette pelouse, ce ne sont pas forcément les meilleurs de foot qui vont la différence."

Toifilou : "Vous voyez qu'il faut que je rentre !"

l'arbitre : "dites, ce n'est pas pour vous presser, mais ça fait dix minutes qu'on vous attend, alors c'est quand vous voulez, de préférence maintenant."

 

Mais rien n'y fit, c'est une défaite, la première pour Francesco, qui conclut ce match de water-football en terre nordique, la rentrée de Toifilou (c'est vrai, après tout, on ne sait jamais, sur un malentendu ...) ne changera rien.

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Mardi 25 octobre 2005 2 25 /10 /Oct /2005 00:00

L'ambiance est pesante au Stade Louis II. Tandis que les joueurs s'échauffent consciencieusement (c'est-à-dire un quart d'heure et sobres), toute l'attention du public est dirigée vers cette mystérieuse : "au contraire, je pense que tant au niveau de la gestion de l'intersaison que de la responsabilité des choix, je pense qu'à partir de là, Pastor démission !" Une fronde populaire ? Un putsch ourdi en secret ? (d'un autre côté, il faudrait être con pour fomenter un putsch en le claironnant sur tous les toits) Un contre-feu allumé sciemment par Michel ? Tout ceci semble toutefois loin des joueurs et de leur entraîneur réunis dans le vestiaire avant cette première sortie de l'ère Guidolin.

Francesco : "Bon, les gars, on joue les derniers, on reste sérieux, ça devrait passer facilement."

Gaël : "Attention, pas de triomphalisme !"

Patrice : "Didier nous l'aurait dit : il ne faut pas croire que c'est déjà gagné, on doit prouver notre supériorité !"

Olivier K. : "On joue quand même l'équipe de Grégory Proment, faisez gaffe !"

Douglas : "Sans parler de Borbiconi et Allegro, c'est un exploit si on gagne !"

Francesco (à Gaël) : "Ils plaisantent, là ?"

Gaël : "C'est possible."

Olivier K. : "Ben, à vous écouter, ce serait un exploit si on gagne."

Francesco : "Quand même ! On joue à domicile et on est porté par notre bouillant public, on est favori, non ?"

Sébastien : "Bof !"

Roy (entrant dans le vestiaire) : "Excusez, mais Joël n'a plus de Prozac, il m'a dit d'aller en demander à Guillaume, c'est possible ?"

Guillaume : "Ouais, tiens "

Guillaume lance la boîte comme une banale relance, le paquet atterrit aux pieds de Camel, qui s'était pourtant caché dans un angle de la pièce pour se changer, loin du regard des autres.

Sébastien : "Tiens, Camel, sympa tes chaussettes Yu-Gi-Oh !"

David : "C'est vrai, j'ai offert les mêmes à ma petite soeur !"

Marko : "Même enfants albanais préférer marcher pieds nus gravier que porter chaussettes pareilles !"

Camel : "Mais, euh, laissez moi tranquille ! J'en ai marre, je vais partir à Bolton au mercato et vous serez bien triste quand je serai plus là, non mais c'est vrai quoi, sans blague !"

D'énervement, il envoie valser la boîte qui vient rebondir le coin dans l'oeil droit d'Emmanuel.

Grégory W. : "Bon, Roy, ça vient le médoc ! Car, là, Joël essaye de se noyer dans les douches et de s'ouvrir les veines avec les dents ?!"

Roy apporte le Prozac à son gardien tandis que Francesco rappelle les dernières consignes.

Francesco : "Donc, on reste concentré tactiquement et on laisse faire d'abord Manu pour les buts."

Emmanuel (l'oeil droit n'en finissant plus de pleurer) : "Ouimaislàaveclabrumedevantleyeuxquejaiçavapasêtrepossiblejepense !"

Eric : "Coach, je peux aller leur casser les dents, si vous me laissez rentrer !"

Sébastien (à Gaël) : "Tu imagines Wimbée avec des dents en moins ?"

Gaël : "On pourrait essayer de finir un match à 11, juste comme ça, pour voir !"

Olivier K. : "Et puis, c'est Metz ! A part Pires, ils n'ont jamais sorti de joueur potable."

Emmanuel : "Ohconnardquestcequetyconnaisenfootattendsquemonoeilsecalmeettuvasvoirpetitcon !"

Gaël : "C'est vrai que les joueurs passés par Metz : Pouget, Rodriguez ..."

Patrice : "Avec Metz, Didier, il peut gagner la Coupe de la Ligue. C'est le plus fort, Didier !"

Sébastien : "Gaillot, Blanchard ..."

Lucas : "Cartier, Espartero, Avezac ..."

Gaël : "Maoulida ..."

(Fou rire général)

 

 

Francesco : "Bon, on joue sérieux, comme à l'entraînement ..."

Olivier S. : "Attendez : sérieux ou comme à l'entraînement ?"

Francesco : "Comme je vous dis de faire à l'entraînement : sérieux."

 

 

 

 

 

 

Effectivement, cela se passe comme à l'entraînement. Malgré un coup d'envoi donné avec un quart d'heure de retard (Guillaume et Grégory W. ont voulu se prendre dans leur bras pour se donner l'accolade et il a donc fallu attendre qu'ils parviennent à s'attraper) et une première mi-temps nonchalante, la victoire fut aisée. Les coups francs sont joués selon la consigne de l'entraîneur et il faut bien admettre que les Messins ne diffèrent pas vraiment des mannequins en mousse et que ce n'est pas Grégory Wimbée qui risque de sauver les quiches lorraines. Tandis que la fin du match approche, chacun prépare sa sortie. Eric, sachant que les trois changement sont déjà faits, part traquer une taupe pour lui casser ses dents, il en débusque une dans le terrier qu'occupait Saviola, l'attrape et lui ficelle les pattes avec les lacets de Joël Muller, confisqués par Carlo Molinari devant l'ampleur du désastre, et lui éclate la mâchoire en la cognant sur la piste d'athlétisme. Les remplacés se congratulent dans le vestiaire, Vassilis chante du Demis Roussos, Olivier S. l'accompagne en frappant ses chaussures contre le mur et Camel se hâte de se douche tant qu'il est seul. Dans la tribune présidentielle, la décontraction et la satisfaction règnent aussi, même si Javier s'est froissé deux muscles en se levant sur le premier et fracturé une omoplate lorsque Michel lui a tapé dans le dos en guise de bonjour.

Flavio : "Bon, on dirait que ça va mieux, là !"

Jaroslav : "Bientôt, on pourra même presque ressembler à une équipe de Ligue 1 !"

Gerard : "Mais pourquoi je suis venu dans ce championnat ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?"

Jaroslav : "Et trois buts marqués à domicile, ça va donner de la confiance à notre attaque !"

Diego : "GROMPF ?!"

 

 

Jaroslav : "Couché, Diego !"

 

 

Olivier V. : "Tu ne suis pas le match, Toifilou ?"

Toifilou : "Bof, il n'y a plus de suspense, et je préfère me renseigner, j'ai vu ce matin au journal de TF1 sur France 2 qu'on allait tous mourir à cause la grippe à Hyères, c'est pas loin, j'ai la trouille, je veux savoir !"

Olivier V. : "En lisant Closer ?"

Toifilou : "Ben, en fait, je voulais acheter le Monde mais la une m'a attiré, il y a un reportage exclusif sur les hémorroïdes des stars : Jean-Pierre Foucault, Gérard Larcher, Roland Magdane, Steevy ..."

Flavio : "Alors, président, qu'avez vous pensé du match ?"

Michel : "Euh, en fait, je n'ai pas regardé, j'étais au téléphone pour affaires, qu'est-ce que ça a donné ?"

Flavio : "Trois à zéro."

Michel : "Et nous, on a combien ?"

Flavio : "Ben, trois."

Michel : "Mais je ne vous demande pas l'adversaire, je vous demande le score entier !"

Toifilou : "On a gagné trois paniers à zéro mais on les a tous mis au deuxième round, enfin, le deuxième set ... heu, le truc marqué sur le panneau, là-bas !"

Michel : "Ah, on a gagné, alors. Il faut fêter ça ! Dommage que je doive partir pour affaires ..."

Jaroslav : "Fêter le fait de battre Metz à domicile ?"

Flavio : "D'un autre côté, si on doit attendre un trophée ..."

Michel : "Ah, c'était pas Liverpool ? J'ai suivi tout ça d'un peu loin."

Flavio : "Le samedi, c'est le championnat et Liverpool, c'est la Ligue des Champions."

Michel : "Ben, on y est en Ligue des Champions, non ?"

Flavio : "Vous n'avez vraiment rien suivi de la saison, en fait ?"

Michel : "Ben, le travail me prend beaucoup de temps. Alors, ça se passe bien avec Deschamps ?"

Jaroslav : "Attendez ! Qui gère le club, en fait ?"

Michel : "Ben, Gérard Brianti, voyons ! C'est lui qui fait tourner la boutique au jour le jour."

Gerard : "Mais qu'est-ce que je fous là ?!"

Flavio : "Ah non, Gérard, il est en vacances depuis trois semaines et ne reviendra que dans un mois !"

Michel : "Ah ? Ben, vous n'avez qu'à lui demander quand il reviendra. Je m'excuse, le travail m'attend."

Il s'en va laissant Flavio et Jaroslav se regarder en écarquillant les yeux d'incompréhension pendant que Toifilou découvre avec intérêt la vie sensationnelle de Joseph, qui a épousé une pince à cravates pour la sauver de la poubelle.

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Mardi 25 octobre 2005 2 25 /10 /Oct /2005 00:00

 

 

 

Patrice ne décolère pas : quand il était mauvais dans une (assez) bonne équipe, l'an dernier, Raymond aux Gros Sourcils l'appelait fréquemment en Equipe de France et maintenant qu'il est bon dans une mauvaise équipe, il est écarté. Plus rageant encore, Gaël et Sébastien, quant à eux, gardent la confiance du sélectionneur (mais sur le banc, il ne faut pas déconner, il y a des matches à gagner, maintenant) et ils ne se privent pas pour frimer.

 

Sébastien : "Bon, Patrice, on te laisse pour cette semaine, on doit aller à Clairefontaine." (il pouffe)

Gaël : "Tout à fait, on doit jouer avec les Bleus. Les vrais, hein, ceux avec Zidane, Henry et Trezeguet, pas ceux avec Réveillère, Alou Diarra et Luyindula."

Sébastien : "ouaip, c'est quand même génial de pouvoir s'entraîner et jouer avec des grands joueurs comme eux. Enfin, ça t'arrivera peut-être un jour, qui sait."

Patrice : "Au lieu de crâner, vous feriez mieux de regarder la liste."

Patrice tend l'Equipe aux deux autres, la liste y est marquée en bas d'une page occupée aux trois quarts par un article de Jérôme Touboul sur le scandale Landrin : il a trempé ses tartines dans le café et la confiture a glissé et est restée dans le bol, encore de l'argent gaspillé par le PSG et Fournier n'ose rien lui dire et blablabla ...

Sébastien : "Hum, ça laisse songeur."

Gaël : "Ah non, si c'est encore pour se trimbaler ses branquignols, je préfère rester ici, j'ai les mêmes à la maison !"

Sébastien : "Certes, mais c'est interdit de refuser sa sélection, et il faut avoir de bons prétextes."

Gaël : "Ça peut s'arranger."

 

 

 

Dans l'infirmerie, le docteur rend son verdict à Javier.

le docteur : "Ah non, Cheva, appremment, tu as une tendinite aux quadriceps et une contracture du tibia. Je ne peux pas te laisser jouer, je vais te poser une attelle au bras droit et tu prendras ces cachets en gélule matin, midi et soir sauf les jours impairs."

Gaël : "docteur, je peux demander votre avis ?"

le docteur : "Oui, bien sûr, je connais mon métier, quand même !"

Gaël : "ben, regardez, j'ai mal à la jambe gauche et quand je la plie comme ça, j'ai trop mal et je ne peux pas le faire."

le docteur : "ben, si, là, tu viens le faire."

Gaël : "c'était pour montrer, sinon, je ne peux pas."

le docteur : "hum, je vois, il faudrait plâtrer d'urgence avec 6 mois d'indisponibilité, à moins qu'il n'y ait autre chose."

Gaël : "ah non, pas 6 mois, je veux juste une petite blessure pour quinze jours, pas un gros truc qui rend forfait longtemps. Merde, je paye assez d'impôts comme ça, je ne veux qu'un petit bobo."

le docteur : "oui, mais vu les symptomes, pour moi, c'est une angine de la hanche."

Gaël (tenant un pouet-pouet dans sa main, planquée dans son dos) : "ah, mais il y a autre chose, vous voyez, quand j'appuie sur mon nez, ça fait «pouet»"

le docteur : "ah, ça c'est étonnant, c'est la première fois que je vois ça. Dans ces conditions, tu ne peux pas aller à Clairefontaine, déclare forfait et on verra l'évolution de tout ça ensuite."

Gaël : "Ben oui, mais pour être dispensé, il faut un mot d'un médecin."

le docteur : "Un médecin ? Mais, heu, avec les diplômes et tout ?"

Gaël : "Ben oui, un médecin, quoi !"

le docteur : "Je peux te donner des adresses, alors."

 

 

 

L'euphorie qui submergeait Raymond pendant le week-end est partie, David, sur lequel il comptait tant, ne pourra pas venir. C'est tout un équilibre à retrouver et des nuits blanches jusqu'au grand rendez-vous du samedi. Plongé dans ses réflexions (en gros, il roupille), Raymond sursaute à la sonnerie "un oiseau, une vache, une chèvre" de son téléphone portable.

Gaël : "Allo, en effet ! Monsieur Domenech ?"

Raymond : "Oui, c'est moi. Vous êtes ?"

Gaël : "Philippe Douste-Blazy, en effet. Je vous appelle pour vous prévenir que Gaël Givet ne pourra pas venir jouer contre l'Autriche à Geneviève car il est blessé."

Raymond : "Merci de me prévenir, vous êtes un médecin suffisamment compétent ou avec le même talent de diplomate ?"

Gaël : "Euh, en effet, vous pouvez me croire, il ne jouera pas contre l'île de Chine, non plus."

Raymond : "Bien, j'en prends note. Au fait, pourriez-vous dire au Président Chirac que, malgré sa demande via ma personne, la FIFA a refusé que l'on ait une plume dans le cul pendant la Marseillaise ?"

Gaël : "Hein ? Euh, en effet."

 

 

 

Maitenant, la situation est grave, il faut un remplaçant. Raymond se torture l'esprit tandis qu'Estelle cherche le sommeil (mais si l'autre con fermait sa grande gueule, ça irait mieux, mais bon, déjà que quand elle s'est plaint le week-end dernier de la qualité du ragoût préparé par la belle-doche, ça a fait tout un scandale, alors elle la met en veilleuse).

le téléphone : "un oiseau, une vache, une chèvreuh !"

Gérald : "Oui, excusez-moi de vous déranger à 2H du matin, c'est Nicolas Sarkozy !"

Raymond : "Bonjour Monsieur le Deuxième Ministre, mes respects, Monsieur le Deuxième Ministre, comment va la fam ... euh ... non rien."

Gérald : "Bon, je vais être bref, vous savez qu'on est dans la merde avec les Corses pour le moment, donc ce serait bien (pour la France) que vous appeliez un ancien Corse, avec les blessés, ce devrait être possible."

Raymond : "Euh, oui, mais il me faut un Bélier, je ferai tout mon possible, Monsieur le Deuxième Ministre. Sinon, j'ai bien reçu votre mail me disant d'adhérer à l'UMP, je l'ai trouvé très bien."

Gérald : "C'est normal, il l'est. Donc, prenez un Corse et dites bien après le match que c'est grâce à moi, histoire d'emmerder le grand bellâtre ! Allez, bonne nuit."

Raymond : "Des anciens joueurs en Corse, il est marrant lui ! Je ne vais pas déterrer Papi, quand même ! Remarque, il vote quand même alors je peux bien le faire jouer, il ne peut pas être plus absent que Pires."

Estelle : "Chéri, tu peux éteindre, j'ai beaucoup travaillé aujourd'hui et j'aimerais dormir."

Raymond : "Oui, c'est très bien, continue. Donc, un ancien Corse. De Bastia, alors, parce que les autres joueurs, hein ... Un avant-centre (André ? Née ? Vairelles ?) ou un défenseur (Patrick Moreau ? Rool ?)."

Estelle : "Au fait, ma mère a appelé et nous a invité pour Noël, on ira ?"

Raymond : "Oui, oui, c'est très bien. Mais, j'en ai déjà un, d'ancien Corse, Alou Diarra ! Quoiqu'un Noir, ça ne compte peut-être pas, le nabot Magyar est capable de l'expulser."

Estelle : "Dis, tu m'écoutes ?"

Raymond : "Oui, oui, c'est très bien, continue. Ah, mais Jurietti, il n'est pas Bélier, lui ? Eh bien je l'ai, mon Corse ! Ce serait bien que j'en ai un autre, pour faire bien au cas où."

Estelle : "Sinon, comme l'audience est trop mauvaise par rapport au film érotique qu'il y avait avant, M6 m'a demandé de me faire prendre en double pénétration par Pierre Ménès et Dominique Grimault."

Raymond : "Oui, c'est très bien, continue. Alors, un autre ancien Bastiais, euh ..."

le téléphone : "un oiseau, une vache, une chèvreuh !"

Zinedine : "Coach, je sais qu'il est 3H mais je viens d'entendre la voix de Gérard Janvion qui m'a demandé la présence d'un ancien Stéphanois mais pas un traître qui serait allé à Lyon ou au Bayern (en fait, Coupet et Sagnol, ça ne compte pas). Je pense que Jérémie Janot serait une bonne idée, comme ça, il pourra avoir la plume dans le cul que nous a demandé le Président pendant la Marseillaise et même pendant tout le match. Vous avez une meilleure idée ?"

Raymond : "Zoumana Camara ! Merci, Zizou."

Estelle : "Ça ne va pas de crier comme ça ? Tu as réveillé la petite !"

Mais, laissons ce couple tranquille car, après tout, ce qui se passe dans leur chambre ne nous regarde pas.

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Jeudi 20 octobre 2005 4 20 /10 /Oct /2005 00:00

10 H, le taxi s'arrête à la Turbie, Francesco jette un regard étonné sur le lieu puis s'adresse au chauffeur :

Francesco : "Eh, scusi, mais j'ai demandé le camp d'entraînement de l'équipe première, pas la réserve !"

le chauffeur : "ah ben c'est ça ! c'est là qu'y s'entraînent ! bon, je coupe le compteur ou vous voulez partir ?"

la radio, qui était allumée : "une question de Mme Lapaire de Loches : qui a dit «l'homme qui court après le bonheur est aussi risible que la bite qui poursuit un cul» ?"

Francesco : "ma ! mais même en Sicile, c'est plus développé ! vous êtes sûr ?"

la radio : "Sacha Guitry ?"

le chauffeur : "ben ouais, c'est ici, j'connais mon métier quand même ! il a qu'à regarder les joueurs s'y me croit pas que c'est là !"

la radio : "bonne réponse de Guy Montagné !"

Francesco regarde les individus gambadant en short sur la pelouse et nottament le toro acharné de Diego, Toifilou, Olivier K. et Eric.

la radio : "et maintenant, une page de publicité, on revient dans cinq minutes !"

Francesco : "l'équipe première ? vraiment ?"

la radio : "salut, c'est Klein ! Aujourd'hui, les crevettes de Barents sont à 3.95 € le kilo !"

le chauffeur : "ben oui, que j'lui dis ! Bon, le spaghetti, je coupe le compteur, oui ou merde ? Parce que moi, je travaille, chuis pas aux 35 heures, moi !"

Francesco : "Sante Maria ! Oui, je descends là, grazie."

 

Le manège n'a pas échappé aux joueurs, intrigué par cette présence inhabituelle. Au cours de l'entraînement que Francesco observe, le sujet est au coeur de toutes les conversations.

Lucas : "Alors, il paraît que le nouvel entraîneur est là ?"

Toifilou : "Ah bon, c'est qui ? Ce n'est pas pour fayotter mais j'aimerais bien discuter avec lui pour le convaincre de me titulariser."

Patrice : "C'est un trou du cul et un imposteur !"

François : "Tu as entendu son accent, c'est un espagnol."

Toifilou (hurlant) : "En tout cas, la meilleure équipe que j'ai vu jouer, c'est le Deportivo La Corogne d'Irureta !"

Gaël : "Tu parles de la fois où on leur a mis 5-0 ou celle on les a lattés 8-3 ?"

Toifilou : "Heu ... quand ils nous ont battu, avec Montpellier, en UEFA."

les autres (riant) : "Montpellier en UEFA !"

Olivier S. : "Si, si, c'est arrivé, c'était même diffusé sur France Télé, j'ai la cassette si vous ne le croyez pas."

Gerard : "Mais qu'est-ce que c'est, Montpellier ?"

Sébastien : "Un club de water-polo dirigé par un éboueur sosie d'Emile Louis."

Gaël : "Tu es vache ! C'est quand même un club habitué de Ligue 1 !"

Gerard : "Houlà ! Mais pourquoi j'ai accepté de jouer dans ce championnat ?"

Olivier K. : "Parce que tu ne jouais pas ailleurs ? Remarque, je te comprends."

Toifilou : "Vous êtes sûr qu'il est espagnol, le nouveau coach ? Je viens de lui parler dans la langue du servant de Tess et il m'a regardé en grossissant ses yeux. J'ai cru que c'était Santini, mais je me suis rappelé qu'il était à Auxerre, heureusement, j'ai failli faire une gaffe !"

Sébastien : "Tu ne l'a pas reconnu ? C'est Tigana !"

Toifilou (hurlant) : "Tigana ? L'entraîneur du meilleur Monaco de tous les temps ? Je rêve de jouer sous ses ordres !"

Camel : "Attention, les gars, il y a le coach de ménenant qui vient ! Planquez vos clopes !"

Jean : "Non, allez, s'il vous plait, faites l'exercice que je vous ai demandé !"

Eric : "Oh, tu me parles sur un autre ton ou je te casse les dents ! Ça va, on va le faire, ton putain d'exercice !"

 

L'entraînement s'achève. Pendant que les joueurs prennent une douche (de 10°C) bien méritée dans les préfabriqués, Francesco s'entretient avec Jean.

Jean : "Ah, c'est vous le nouveau ? Toutes mes condoléances."

Francesco : "D'abord, bravo pour le redressement effectué sous vos ordres, j'aurais besoin de vos conseils pour réussir ..."

Jean : "Ben, pour commencer, prévoyez du Prozac, vous en aurez besoin."

Francesco : "Heu, je préfère avoir des infos plus ... personnelles. Il y a l'ailier droit qui est venu me parler, c'est un élément moteur ?"

Jean : "Un élément tracteur serait un terme plus aproprié."

Francesco : "Ah ? Enfin, c'est bien que des jeunes du centre de formation comme lui puissent jouer un peu en équipe première."

Jean : "Ah non ! Lui, on l'a recruté à l'intersaison, mais gratuitement, histoire de le poser dans un coin, pour faire joli. Mais pourquoi vous êtes venu, au fait ?"

Francesco : "Ben, j'ai gagné la Ligue des Champions avec vous sur Football Manager 2005, j'avais envie de voir ce que je pouvais faire avec cette équipe en vrai. D'ailleurs, puisque je parlais de jeune, vous aviez un bon attaquant prêté en Ligue 2, vous l'avez conservé j'espère ?"

Jean : "Heu  ... oui et non, mais on a Cheva pour marquer (enfin, là, il est blessé mais vous verrez, quand il jouera, il marquera)."

Francesco : "Et maintenant, qui vous avez pour marquer ?"

Jean : "Hum ... Adebayor, mais ce n'est pas un problème, avec nous, le danger peut venir de partout (surtout de l'adversaire en réalité, mais on ne va pas chipoter)."

Francesco : "Enfin, j'ai entendu dire que l'ambiance n'était pas terrible, il y aurait même eu dispute dans le vestiaire à la mi-temps contre Nice."

Jean : "Oh, les ragots, ça exagère tout ... non, il y en avait deux ou trois, pas plus."

 

Il est temps de faire les présentations dans le vestiaire.

Jean : "Bon, les gars, un peu de silence ! Voilà, mon intérim s'arrête aujourd'hui et ... arrête de pleurer, Camel, je reste adjoint et ..."

Camel : "C'est pas ça ! C'est Lucas et Gaël qui ont planqué mes vêtements, je ne vais pas sortir tout nu !"

Jean (la tête baissée, l'index pinçant nerveusement le nez) : "Rendez lui ses fringues, et arrête de jongler avec ton gel douche, Olivier !"

Olivier K. : "Ben quoi ? Je m'entraîne, c'est tout !"

Emmanuel : "Ahouitutentraînesàfairedestrucsinutilessurunterraineneffet !"

Olivier K. : "Ouais, ben ptet' que chuis inutile sur un terrain, mais moi ..."

Gaël (crie) : "Vos gueules !"

Jean : "Donc, voilà votre nouvel entraîneur, il a bâti sa réputation en dirigeant avec succès des petites équipes et ..."

Olivier K. : "Ah non, pas Guy Roux !"

Camel (enfilant son caleçon Teletubbies) : "C'est pas Alain Perrin, j'espère, il est méchant, même s'il a réussi avec l'ATAC ..."

Diego (relevant la tête et cherchant du regard un ennemi à emplâtrer) : "GROMPF ?!"

Gaël : "Couché, Diego, ce n'est pas pour toi !"

Toifilou : "Je sais, c'est Guy Lacombe !"

Olivier S. : "Ça ne va pas arranger nos relations avec les arbitres, tout ça !"

Patrice : "Attends, ça peut être Guy David aussi."

Jean : "Mais, bande de bourricots, il est à côté de moi, votre nouveau patron !"

Lucas : "Un portemanteau ? C'est original, mais je ne suis pas convaincu de l'efficacité de cette solution à long terme."

Jaroslav : "Lyon a bien été champion 3 fois avec."

Jean : "Mais qu'est-ce que vous racontez ? C'est Guidolin !"

Patrice (chuchotant) : "C'est quand même triste de vieillir."

Sébastien (chuchotant) : "Je dirais que c'est plutôt du surmenage."

Gaël (chuchotant) : "Il est temps que son calvaire s'arrête à Jeannot. Vous pensez que le remplaçant sera trouvé prochainement, parce que, là, ça en devient pathétique."

En effet, pendant cette annonce, Francesco était sorti épouvanté du vestiaire et téléphonait à son agent de Palerme.

Francesco : "Je comprends que vous avez besoin de bonnes relations en principauté pour y caser votre argent. J'ai promis de vous aidez, je suis prêt à faire un numéro avec les dauphins du musée océanographique, à retendre la baronne Brandstetter, à adopter le fils caché d'Albert ou à épouser Stéphanie mais, là, je crois que ce que vous me demandez, ça ne va pas être possible."

l'interlocuteur mystère : "Ecoutez, M. Guidolin, vous risquez de me décevoir et de décevoir l'Entreprise en refusant ma proposition, alors réfléchissez avant de rejeter mon offre."

Francesco : "Je ferai tout mon possible." (il regarde Guillaume tentant en vain d'attraper ses clés de voiture qui finissent par tomber dans une plaque d'égoût) "Mais je ne promets rien pour ce qui est des résultats."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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