Toute ressemblance avec des personnes ou faits réels n'est pas forcément fortuite

Il était une fois un club de Ligue 1 Opérateur-téléphonique-dont-on-taira-le-nom. Ce club ne possédait pas l'exposition médiatique de ses congénères parisiens et marseillais malgré ses efforts pour être ridicule. Il ne possédait pas non plus le succès du lyonnais malgré de bons résultats. Il n'avait pas non plus l'aura des camarades nantais, bordelais ou stéphanois malgré tous ses titres. Pas de journalistes, pas d'émeutes, pas de spectacle, pas de pelouse, pas d'ardent clair et pas en France, en fait, c'est comme Ajaccio mais en plus chic. Ce club existe et il le mérite. Ailleurs le tumulte médiatique et la passion footballistique ! Vade retro, prolétariat gavé de merguez-frites, saoulé de bière et pauvre comme un esprit de coureur cycliste ! Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Voici le feuilleton de l'AS Monaco.

 

Jeudi 6 juillet 2006 4 06 /07 /Juil /2006 15:00

"Les p'tits malins,

 

Ce n'est pas un simple péquenot réserviste qui vous écrit là, mais un membre d'une équipe finaliste de la Coupe du Monde. Quand je pense à Maicon qui crânait il y a un an comme quoi il serait champion du monde, je rigole encore plus que quand je pense à Toto, Jaro, Patrice ou Christian. Ça passe vite, un an, l'air de rien. Déjà, il y a un an, Deschamps pensait qu'on allait jouer la gagne en Ligue des Champions cette année grâce aux renforts de Maoulida et Sorlin, c'est dire ! Quand même, j'ai du mal à réaliser que je vais voir de très près une finale de Coupe du Monde, surtout quand je regarde autour de moi et que je vois Govou, Landreau, Dhorasoo, Diarra et Chimbonda. C'est ça, en fait, l'intérêt d'avoir plein de joueurs à l'étranger, on les voit meilleurs que ne le sont ceux qui sont en France, il n'y a qu'à voir les polémiques sur les non-sélectionnés, tous ceux qu'on réclament sont à l'étranger. Si je parle de ça, c'est parce que Domenech a levé l'embargo sur la presse, mais que pour l'instant, on n'a que celle de pendant les matches de préparation. Qu'est-ce qu'on a pu se poiler, en les lisant ! Même Ribéry, il voit des titres comme "Zidane est-il trop vieux ?" "doit-on virer Vieira ?" et "Domenech est-il un fou, un con ou les deux à la fois ?" et il rigole comme un bossu (c’est marrant, je trouve que ça lui va bien, cette expression). Bon, lui, il entre pas dans le détail des articles, ça prendrait trop de temps, mais on l'encourage à le faire quand même, au moins, pendant qu'il essaye de déchiffrer la prose de Gilles Verdez, il nous fout la paix. Il y a juste une fois, on a entendu un lavabo protester qu'avec les données du moment, c'était une conclusion logique et que c'est d'ailleurs grâce à ces remarques que l'équipe a progressé et est devenue la meilleure du monde. Sagnol a pris une ventouse et a enlevé Duluc du tuyau pour le balancer par la fenêtre, mais on ne se fait pas d'illusion, il rentrera par la porte, déjà la dernière fois, il est venu déguisé en groom façon Spirou et parlait comme dans Papa Schulz, pas des masses crédible sur ce coup.

 

Avant le match, Domenech avait voulu refaire son coup du gros suspense d'avant l'Espagne, mais là, personne n'y a cru. Même vincent Duluc n'a pas jugé utile de venir et a envoyé un stagiaire se camoufler dans une plante verte mais, même en Allemagne, un sapin avec des feuilles, c'est tout pourri comme déguisement. Alors, Domenech, il avait pourtant prévu de faire monter la sauce pendant sa causerie, il avait demandé, pendant le fondu de chaque nom lors de la composition sur Power Point, à Silvestre de faire un roulement de tambour et Coupet de faire cogner les cymbales. Comme d'habitude, l'autre, il y a mis un zèle particulier, à chaque DING, il interrompait Domenech pour faire remarquer qu'il faisait vachement bien s'entrechoquer les cymbales, que ça mériterait sans doute une considération accrue mais que ce n'est pas du tout son genre de demander des choses comme ça. C'était la troisième fois d'affilée qu'il alignait la même équipe, Domenech, et ça le perturbait encore plus qu'avant le Brésil car là, il avait remarqué que Scolari, en astrologie portugaise, était morue ascendant serpillière. C'est Ribéry qui lui a expliqué, en déconnant évidemment, mais Domenech l'a cru et a passé toute une nuit à analyser la situation avec Henry en lui demandant de faire la partie sur PES avec les différentes compositions possibles. Mais comme, même avec Chimbonda dans les buts, Zidane arrière droit, Trezeguet milieu défensif et Govou ailier droit, il gagnait par vingt buts d'écart, il a conclu qu'il fallait d'abord triturer les données avec l'éditeur mais Henry l'a viré de sa chambre car il voulait dormir. Du coup, il a voulu réquisitionner tous les inutiles mais, après le coup de la table tournante, on a refusé. Merde, on a notre fierté, quand même ! Ramasser les plots, on veut bien, mais sacrifier un pigeon en l'honneur de Thor, il ne faut pas pousser, quand même ! En plus, l'autre con de Ribéry m'a dit qu'avec moi, on pouvait faire un groupe de metall compétitif à l'Eurovision, du coup, Domenech nous a demandé de composer un hymne de victoire. Barthez nous a filé le numéro d'Obispo, Zidane celui de Lalanne, Sagnol de Lavilliers et Govou de Tragedy mais on a préféré essayer de faire un truc dans notre coin. Bon, pour l'instant, on a juste comme idée de traduire La valise en carton en ch'ti mais quand on l'a proposé à Domenech, il a fait une tête telle qu'on savait que ce n'était pas la peine d'insister, un peu comme Vieira en voyant le schéma tactique contre la Chine.

 

Bon, les Portugais, on les connaît, on n'avait pas de doute sur leur composition et c'était bien ça. Toutefois, ils étaient bien plus coriaces que les Brésiliens, il y avait plus de liant entre les lignes, ils percutaient davantage et ils avaient une défense solide. Quand ils ont balancé quelques mines, on ne faisait pas les fiers, surtout que Cristiano Ronaldo, pour Sagnol, il était insaisissable, mais au sens propre : entre son gel pour les cheveux et son huile de corps pour qu'il soit luisant, c'est une vraie savonnette humaine, ce type. En plus, Domenech n'avait qu'une peur, c'est qu'il recommence à balancer ses coéquipiers mancuniens. Bon, nous, de Manchester, on n'a que Saha et Silvestre, ça diminue les risques mais quand même, des fois qu'il y aurait des dégâts collatéraux, on n'est jamais trop prudent. Et puis, ce fut l'esclandre, il y a Henry qui disputait un ballon à Ricardo Carvalho, il est tombé et l'arbitre a donné un penalty. Carvalho a protesté, les Portugais ont commencé à faire une tortue autour de l'arbitre pour l'influencer, Sagnol nous a demandé de nous mettre en quinconce pour les combattre mais Ribéry préférait faire des lapins en ombre chinoise sur le sol avec les projecteurs. Puis Ronaldo est venu se jeter sur nous : "mouarf, lol, mais y a pas péno, c'est tout pourri, bande de Footix" puis il a gueulé que c'était un scandale qu'on ait censuré son maillot, Thuram essayait de lui expliquer que son nom, il est toujours marqué, mais c'est sur son dos et l'autre lui a sorti : "je te dis que c'est CENSURÉ, toi comprendre ? Je le vois pas mon nom, alors ça se voit bien que vous êtes tous contre nous, salut !" Thuram a voulu expliquer encore "si tu ne le vois pas, c'est normal car ..." mais le minet l'a coupé net "avec des si, je pense que tu es madam soleil, salut !"

 

En voyant cette discussion, Pauleta, il a voulu calmer tout le monde et adresser un message de paix à tous les joueurs : "foutchebaõl bouneur, paiche est mamourche Terre doche hommes !" Il a fallu qu'on trouve dans chaque équipe quelqu'un pour traduire aux autres (Trezeguet, il ne pouvait pas, lui, les langues étrangères, il les parle mais ne les comprend pas) mais là, on a entendu quelqu'un de chez lui répliquer (ouais, j'ai des notions de portugais, aussi) que quand on est un attaquant qui essaye de marquer des buts au lieu d'ouvrir des espaces pour ses milieux (et c'est leur rôle à eux de marquer, c'est pour ça qu'ils ne font jamais de passes, c'est parce que EUX, ils ont compris le foutchebaõl), on ne la ramène pas et on laisse sa place à Nuno Gomes. On s'est retourné vers le type, c'était Rui Costa. En fait, les Portugais, ils voulaient tellement mettre la pression sur l'arbitre qu'ils étaient tous venus, même Vitor Baia, Joao Pinto, Jorge Costa, Fernando Couto, Peixe, Jordao, Chalana et Eusebio. Le temps de tous les virer (d'autant que Platini et Cantona aussi ont voulu rentrer mais ils n'arrivaient pas à passer par le trou de deux mètres de large fait par les Portugais dans le grillage, et pourtant ils ont essayé chacun leur tour), il y a Scolari qui en a rajouté une louche en accusant Henry de plonger, Domenech l'a traité de tricheur, violent, dopé, raciste, corrompu et fumeur de Gitanes blondes. Finalement, Henry a voulu calmer tout le monde en montrant la véracité de la faute : "mais enfin, regardez, j'ai les chevilles tout enflées" mais Ronaldo lui a répondu que Figo aussi donc que eux aussi avaient droit à un penalty, mais pour Figo, ce sont les poils du pied sous la chaussette qui font une bosse, pas le résultat d'un coup. Notez, pour Henry, il y a un doute aussi. Bon, pendant ce temps, Zidane, il avait béni le ballon, le point de penalty, le but, bref, tout ce qui pouvait importer et il a bien fait car il a marqué.

 

 

Ça les a rendu encore plus tout nerveux, les Portugais ! En plus, on est rentré en retard de la mi-temps sur le terrain. C'est de la faute de Ribéry, encore ! En entrant dans le vestiaire, il a jeté une bouteille contre le plafond en disant que quand on attaque l'Equipe de France, ça retombe dessus. Coupet, il lui a dit d'arrêter de faire ça, car c'était son shampooing spécial à la moelle de boeuf pour sa coloration de cheveux, il l'a eu par Essien qui en a acheté pour pas cher en Angleterre, Ribéry l'a regardé, il a haussé les épaules et a lancé la bouteille plus fort. Du coup, Coupet, ça l'a fâché et il a voulu un prendre un truc d'hygiène ou de beauté de Ribéry mais, comme il n'a pas trouvé, il a choppé le disque de chansons traditionnelles qui traînait sur une table et l'a jeté. Le souci, c'est qu'il pensait qu'un CD bizarre comme ça, ça ne pouvait appartenir qu'à Dhorasoo, sauf que là, c'était des chants coutumiers stéphanois et Sagnol n'a pas du tout aimé. Il s'est jeté sur Coupet et lui a tiré les cheveux jusqu'au sang, avant de lui balancer toutes ses affaires à la gueule, lui, il essayait de les parer mais Barthez en a profité pour lui en jeter d'autres de dos en disant que, visiblement, il n'était pas capable d'attraper grand chose. Nous, on attendait juste que Domenech termine d'aller montrer ses fesses à la tribune de presse pour que le calme revienne mais c'est Gallas qui a dit d'abord d'arrêter de faire les marioles et de tout ranger avant que l'entraîneur revienne, sinon il allait encore faire entrer Govou en punition. En plus, il a montré comme exemple de nos conneries que le toit commençait à se craqueler et, à ce moment-là, Ribéry a parié avec Chimbonda qu'il arrivait à toucher le plafond avec sa tête. Lui, il l'a frôlé des cheveux alors que Chimbonda rigolait trop pour arriver à sauter mais Vieira s'en est mêlé et a voulu essayer mais lui, il ne maîtrise pas encore tous les superpouvoirs que lui a donné le grand sorcier marabout, il a fait un bond plus grand que la hauteur de la pièce, il s'est coincé la tête dans le faut plafond et s'est même encastré le haut dans les tuyauteries de chauffage. On a dû se mettre à cinq pour chaque jambe pour le descendre de là, tout est parti avec lui. Evidemment, c'est à ce moment que Domenech est entré, il y avait des gravats par tout, il pleuvait de la flotte à cinquante degrés, c'était un merdier innommable et Domenech, il a obligé tout le monde (même les anciens) à réparer avant la reprise, sinon on serait tous punis. On y a mis tout notre coeur, mais ça n'a pas suffit, Govou est bien entré en deuxième mi-temps.

 

Bon, on a quand même gagné, hein, mais il n'empêche, ce genre de conneries, ça va finir par nous perdre, à la longue. Les Portugais, eux, ils s'inquiétaient de plus en plus, ils commençaient à flipper tellement qu'ils ont décidé de revenir aux fondamentaux du foutchebaõl. C'était tout drôle à voir, à chaque centre, ils étaient tous par terre, mais pas pour reprendre la balle, non, juste pour avoir le penalty. Mais bon, ce genre de truc, ça marche rarement plus d'une fois par match et là, on les a battu à leur propre jeu, alors forcément, ils s'énervent, c'est humain. Mais bon, quand même, ça n'excuse pas que Ricardo nous ait humiliés. Déjà, qu'il n'ait pas voulu tenir sa réputation de pattes folles du haut, passe encore, mais qu'il essaye de marquer, alors là, non, il est allé trop loin ! D'accord, ils étaient aussi énervés parce que Wiltord avait marché sur Deco, mais c'est de la faute de l'autre, il s'était accroupi pour refaire son lacet, Wiltord n'a vu qu'un petit truc rouge avec un point noir (les cheveux), il a cru que c'était une coccinelle. Enfin, on s'en fout, tout compte fait, on est en finale, c'est ce qui compte. Après, que Ronaldo ne veuille pas lâcher la main qu'on lui tend, ce n'est pas grave. en plus, lui qui se rêvait en grande star, il a ressemblé à David Ginola pendant tout le match, il ne lui manque que de se laisser pousser les cheveux. Quant à la fête qui a suivie, on a décidé de ne pas y aller quand on a appris que c'était Escalettes qui tiendrait les rôles de serveur, cuisinier, DJ et gogo-danseur, par soucis d'économies. On a même refilé nos places aux Portugais, c'est bien la preuve qu'il y avait un bon esprit dans cette rencontre, malgré tout. En plus, il y avait Saha qui n'arrêtait pas de pleurer à cause de son carton, Ribéry a voulu le consoler en lui disant que, de toute façon, il ne l'aurait pas jouée, mais ça n'a rien changé. Le plus effrayant dans cette suspension, c'est de penser que, dans huit ans, Trezeguet commentera des matches sur M6.

 

Ciao. Gaël"

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Mardi 4 juillet 2006 2 04 /07 /Juil /2006 14:05

"Les gens,

 

L'air de rien, je fais partie d'une équipe historique, quand dans des décennies, on regardera la liste de ceux qui ont fait des parcours mythiques de l'Equipe de France, j'y serai ! Bon, il faudra qu'il cherche quand même, le mec, mais il verra mon nom et ça, c'est déjà énorme vu cette saison. Pourtant, dans les jours précédents le match, on était assez tendus. Non pas à cause des blagues de Ribéry (l'autre fois, il a mis du dentifrice dans le pot de mayonnaise, Silvestre était malade, il allait dans les chiottes des autres chambres pour ne pas pourrir les siennes, c'était une horreur), on a l'habitude, maintenant, mais à cause de l'extérieur. Domenech nous avait prévenu, pourtant, l'extérieur, c'est peuplé d'êtres malfaisants qui ne veulent soit que du mal, soit trop de bien et trop de bien tue le bien. Donc, on a eu les journalistes, les anciens, les sponsors, bref, tout le monde qui voulait venir au château. On a laissé quand même entrer les femmes, mais Barthez a dû insister lourdement et menacer de partir (du coup, Coupet, lui, était farouchement contre l'entrée des femmes), il n'en pouvait plus et il a dit que si ce n'était pas possible avec sa femme, il se rattraperait sur Landreau (en fait, il aurait plutôt pris Mexès car c'est plus ressemblant, mais là, ça n'était pas possible).

 

On a même vu une fois dans le jardin un gros truc flotter, on pensait que c'était un dirigeable publicitaire mais quand il nous a parlé, on a compris que c'était la tête de Desailly. Dès qu'il a entendu sa voix, Sagnol, il est foncé dans le jardin, il a choppé une bêche du jardinier et a voulu creuser pour l'enterrer vivant mais bon, il n'y avait pas la place. Desailly a demandé si on avait besoin de l'aide de Marcel Desailly, si l'expérience gigantesque de Marcel Desailly pouvait nous être utile, si on voulait apprendre des choses importantes de Marcel Desailly ou même si on voulait un autographe de Marcel Desailly. Sagnol, il lui a alors demandé s'il avait vu la détermination des Italiens à gagner, Desailly a répondu immédiatement que bien sûr, il avait suivi le parcours de la patrie d'adoption de Marcel Desailly et qu'il avait noté une grande influence sur le jeu italien du style de Marcel Desailly. Sagnol lui a hurlé de se taire quand il parle, puis, quand il s'est calmé, il lui a répondu qu'ils faisaient ça en hommage à Pessotto et que donc, s'il voulait nous aider à être brillant, il savait ce qu'il lui restait à faire. Desailly, il est reparti fâché en promettant qu'il inviterait Mexès, Dacourt, Anelka, Micoud, Giuly et Pirès dans sa rubrique sur Europe 1. Ce n’est pas ça qui va réconcilier Domenech avec la presse.

 

D'ailleurs, Domenech, il était nerveux, il avait peur de l'inconnu. Non, pas de l'équipe du Brésil, ça, ça va, Henry lui a fait un rapport bien complet sur leur jeu, du moins à PES, mais ce qui l'inquiétait, c'était d'aligner la même équipe une deuxième fois d'affilée. Ça, il ne sait pas du tout ce que ça donne. D'un autre côté, il se demandait ce qu'il pouvait changer dans une équipe qui avait rossé l'Espagne et ne voyait pas. Donc, il allait garder la même équipe mais du coup, son discours de la veille du match, il tombait complètement à plat, il n'y avait rien d'important à annoncer, alors qu'il a forcé sur les formules, les références métaphysiques et nous a projeté le thème astral de Boumsong qu'il a obtenu sur le site Internet de Didier Derlich. Boumsong, il aurait bien protesté contre la crédibilité du truc, mais il s'est ravisé, pour une fois qu'on parle de lui dans un discours, il en profite. Pareil l'autre jour, quand Wiltord avait la chiasse, il a suffit que Domenech prononce le mot "diarrhée" et Diarra a tout de suite levé l'oreille avant de se rendormir déçu. Pour finir son discours, Domenech a voulu terminer par un calembour, il a dit "il vaut mieux être rongé par les remords dans la forêt de Forbach que à Francfort, vous connaissez la suite". On s'est tous regardé, sauf Abidal qui rigolait bêtement, Gallas et Wiltord qui terminaient leur partie de mikado (ils sont vraiment en pleine régression, ces deux-là, ils vont finir par la marelle et la corde à sauter), Ribéry qui avait décroché depuis longtemps, Henry qui voulait d'abord gagner la Ligue des Champions avec Viletaneuse sur FIFA2006 et Barthez qui n'était pas là non plus mais lui, c'est parce qu'il avait oublié qu'il fallait venir. Finalement, Dhorasoo a ricané et a dit : "il vaut mieux être rongé par les remords dans la forêt de Forbach que rongé par les morbacs dans la forêt de Francfort" et comme on ne comprenait pas plus, il a ajouté : "comme on joue à Francfort, demain". Ce qu'il n'aurait pas dû, c'est terminer en disant que c'était de Desproges, Domenech l'a accusé d'être un traître avachi dans la presse et que d'ailleurs, en fouillant les chambres pendant l'entraînement, il avait trouvé des journaux chez lui et que ça n'est pas comme ça qu'il progresserait. Bon, les journaux en question, c'étaient Lire, Historia et Nains Mag, pas du très hostile, mais pour Domenech, c'est déjà trop. Quand il dit qu'il aimerait avoir onze Ribéry, ça n'est pas que pour le jeu.

 

Au stade, avant le match, Domenech, il a contemplé les tribunes et, en voyant autant de bleu, il avait un sourire énorme mais, arrivé devant la tribune officielle, il s'est figé. Il a illico demandé au responsable de la sécurité de venir pour l'enguirlander. L'autre, il a rappliqué en vitesse, il pensait qu'il venait de voir un dangereux terroriste ou un ponte de la mafia ou même Robert Pirès mais non, en fait, c'était parce qu'il y avait Chirac que Domenech s'était fâché, il a crié qu'il avait demandé à spécialement le refuser car c'est un porte-poisse patenté. L'autre, il a bredouillé qu'il ne savait pas que c'était Chirac car il ressemblait pas du tout aux images de la télé et qu'il ne s'était présenté que comme président et donc qu'il a cru que c'était Escalettes, en revanche, il a viré un vieux monsieur hagard avec un T-shirt orange ridicule. En plus, quand il est allé le voir ensuite pour lui dire de partir, l'autre ne comprenait pas, il fallait lui beugler dans l'oreille (et la bonne), il a demandé comment ça se faisait qu'il ne voyait pas les Bleus sur le terrain. L'autre lui a dit que la France, sur le terrain, c'était les blancs mais Chirac a dit que non, il n'y avait que des noirs sur le terrain et il a ajouté que ça se voyait sans parler du bruit et de l'odeur. Finalement, c'est sa fille Claude qui lui a dit de la fermer, le vieux, il a juste demandé si Djorkaeff allait entrer en jeu mais il était juste derrière lui et a dû lui expliquer que maintenant, c'est un tocard. Du coup, il a boudé toute la soirée et ça a plombé l'ambiance dans le coin des familles.

 

Et dès le début du match, on leur est rentré dedans, aux Brésiliens. Au sens propre pour Ribéry, d'ailleurs, il a foncé sur Juan et a décollé dans l'autre sens à son contact, ça lui a fait tout drôle. L'arbitre, en plus, il s'est embrouillé avec Ronaldo, il lui a demandé de sortir car il saignait et qu'il en avait plein le menton et le maillot mais en fait, c'était de la sauce tomate et de toute façon, Ronaldo refusait de se mettre torse nu en public. Et ça les énervait, les Brésiliens, qu'on les bouge comme ça dans le jeu, ça se voyait qu'il n'avaient pas l'habitude, surtout Juninho, d'autant qu'Aulas n'arrêtait pas de vouloir descendre sur la pelouse pour ordonner à Domenech et Parreira de ne faire jouer aucune de ses propriétés exclusives car si elles s'abîmaient, c'était lui qui aurait à les payer et que ça n'est pas juste, d'autant que le match à Milan, c'était du vol et il n'arrêtait pas, il a fallu que Beckenbauer lui promette qu'il ferait autre chose que servir le café aux réunions du G14 pour qu'il se calme. Bon, Henry, il était encore toujours hors-jeu, mais Vieira n'arrêtait pas de perforer et Zidane les trimbalait joliment, ça devenait crispant de ne pas marquer, surtout avec les coups-francs juste avant la mi-temps, sauf pour Trezeguet et Adriano qui discutaient et se plaignaient mutuellement de la frilosité et de la nullité de leurs sélectionneurs.

 

Au retour des vestiaires, on a continué sur le même rythme et sur le banc, on commençait à se foutre de la gueule des brésiliens en faisant des "olé" jusqu'à ce que Chimbonda se plaigne qu'en Angleterre, au moins, les chants de supporters sont plus évolués et qu'il y en a pour spécifiquement certains joueurs et que c'était à ça qu'on reconnaissait les plus grands. Il n'a pas pu aller au bout de son argumentaire car Domenech l'envoyé s'échauffer, ça n'est pas des masses utile, mais ça débarrasse. C'est à ce moment qu'Henry a marqué, on s'est immédiatement tous jeté dessus pour lui taper sur la tête pour ne pas qu'elle enfle trop mais bon, ce genre de traitement artisanal, ça ne marche pas complètement, il y a toujours un résidus du mal. Le drame, c'est que Thuram et Zidane n'arrêtaient pas de répéter qu'il ne fallait pas s'enflammer et l'autre pignouf de Domenech a cru bon de faire le contraire en mettant Govou à la place de Ribéry. On a alors entendu plein d'insultes en ch'ti venir des tribunes mais Domenech a dit que s'ils faisaient quoi que ce soit, il enverrait Diarra cramer leurs bagnoles tunées avec la tête de Johnny Hallyday peinte sur le capot, ça les a calmés. Il a aussi mis Wiltord à la place de Malouda puis a hésité quand Henry a montré qu'il était cramé. Il a demandé à Trezeguet comme il se sentait, il a répondu "como si elgaranf if ofnao cogno mayor", Domenech a ouvert les yeux à tel point que les sourcils se sont confondus avec les cheveux puis a dit à Saha que, tout compte fait, c'est lui qui rentrerait.

 

Après, c'était bien sûr l'euphorie, quand même battre clairement le Brésil et aller en demi-finales, alors qu'on flippait contre le Togo, c'est énorme. C'est Abidal qui a commencé en clamant que si on gagnait la Coupe du Monde, il mangerait la pelouse, et ensuite, chacun s'y est mis. Coupet a dit qu'il se raserait la tête, Wiltord pareil, Ribéry a dit qu'il retournerait en Turquie, Makelele qu'il arrêterait sa carrière internationale, Zidane qu'il se ferait pistonner par Dugarry pour entrer à M6, Domenech qu'il se taperait une vedette de la télé, Henry qu'il gagnerait le Ballon d'Or, Trezeguet qu'il resterait en Série C, Dhorasoo qu'il tirerait la moustache de Guy Lacombe, Barthez qu'il enculerait Coupet, moi que je payerais plus d'impôts que je dois, Chimbonda qu'il enregistrerait un CD à son nom, Silvestre qu'il ferait un bon match en Equipe de France, Martini qu'il reviendrait à la compétition, Vieira qu'il avouerait son vrai âge et Landreau qu'il tirerait tous les pénos du PSG. Bref, c'était vraiment n'importe quoi, mais vu les circonstances, on avait bien le droit. En plus, tout compte fait, c'était quand même moins n'importe quoi que notre match contre la Suisse. Pour fêter tout ça, Escalettes, qui nous avait attendu à la sortie du stade (il avait suivi le match à la radio sur une station allemande), nous a promis une fête dans un cadre digne de ce succès, dans la limite des moyens financiers de la Fédération. On a fini chez un marchand de kebab, mais comme le dit Ribéry, qu'importe le faucon, pourvu qu'on ait la crécerelle. Dhorasoo, lui, il répétait à tout le monde que ça sentait la morue jusque dans le coeur des frites mais encore une fois, il n'y avait que Domenech pour comprendre.

 

Jusqu'au bout, et même un peu plus loin. Gaël."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 16:59

"Amigos,

 

Maintenant que la compétition par élimination directe a commencé, c'est une autre danse. Ça se voit que dorénavant, Domenech, il veut qu'on l'appelle Monsieur. Déjà, à la conférence de presse, il est entré sous l'ovation des journaleux, Duluc et Verdez ont fait la ola, Jean-Philippe Doux multipliait les courbettes et Pascal Praud a entamé en lui disant qu'il n'avait pas vu une aussi belle équipe depuis le Nantes de José Arribas à la grande époque. Et encore, là, ce n'est que le Togo, qu'on avait battu ! Attend qu'on gagne la Coupe du Monde (arrêtez de rigoler), qu'est-ce que ça va être ! On a même Chirac qui, dans une interview pour s'expliquer sur ses conneries (enfin, sur les dernières, sinon il faut plusieurs mois non stop), a dit qu'il croyait encore à une finale France - Brésil. Lui, même quand il parle de choses qu'il ne connaît pas, il arrive à être à côté de la plaque. En revanche, quand Domenech est revenu nous voir, l'ambiance était tout autre. Déjà, Thuram, Barthez et Makelele étaient au pieu, Gallas et Wiltord continuaient leurs picolo-dominos enflammés (ça, ça veut dire que le verre de rhum, il le boivent en train de cramer), Henry continue d'embrigader n'importe qui pour le latter à la Playstation (le dernier en date, c'est le jardinier, un plouc allemand qui depuis, est traumatisé et danse à poil devant les taupes) et nous, on papotait tranquillement avec les cartes et le pastis, à part Chimbonda, lui, il reste planté devant la télé en attendant toutes les rediffusions des Guignols, il en profite, il n'aura pas toujours l'occasion d'être la vedette.

 

Donc, là, Domenech, il a demandé à Sagnol de tous nous rameuter, après avoir demandé avant à Coupet (mais lui, à chaque fois, on lui rie au nez) et arrivés dans la salle, on a eu une surprise, il y avait un gros carton et Domenech nous a dit qu'il y avait une personne que ça nous ferait plaisir de voir dedans. Ribéry voulait une femme nue, Henry un concepteur de PES (parce qu'il trouve qu'il est sous-côté dans les qualités et que normalement, contre une vraie défense et avec un arbitre honnête, c'est à l'aise cinq buts par match), Landreau espérait Tatayet, Coupet Joël Bats et moi Jaro histoire de me foutre de sa gueule. En fait, la surprise, c'était Cissé, il a eu du mal à sortir du carton, Govou l'a trouvé sacrément amoché mais on lui a expliqué que c'est sa vraie coiffure et qu'il n'a pas de cicatrices mais des tatouages. Mais bon, on est d'accord, ce n’est pas beau à voir. Là, Domenech a voulu commencer à nous parler de l'Espagne mais Dhorasoo a demandé si maintenant que Cissé est revenu, on ne pouvait pas jeter Govou dans la benne à ordure, Coupet a crié au scandale comme quoi on voulait attenter à la santé des Lyonnais, ça a fait rigoler Wiltord et Abidal, Diarra a dit que Dhorasoo a raison et que l'expérience de quelqu'un qui a connu les sommets de la Champions League, ça peut être utile et là, ça a été le drame. Coupet est devenu fou, il a voulu casser la gueule de Dhorasoo qui s'est planqué sous sa chaise, après il a clamé que puisque c'était comme ça, il partait chez lui et qu'on serait bien embêté quand Barthez sera blessé et a mis une baffe à Landreau. Finalement, il a immédiatement reçu un coup de fil d'Aulas lui demandant de rester pour veiller à la santé des siens, Aulas, il avait tout entendu parce qu'il était au téléphone avec Ribéry au moment de l'incident. D'ailleurs, ça avait donné une autre crise, Thiriez a crié (enfin, il a dit très fort) d'arrêter de pas respecter les règles car ça risquait de l'énerver et qu'alors, il va s'énerver et sera énervé. C'est sûr que de telles menaces, ça lui fout les miquettes, à Aulas.

 

Domenech a fini par avoir le silence en nous menaçant de diffuser l'émission de sa femme avec Francis Lalanne mais Duluc, qui était déguisé en plafonnier, a promis d'écrire un article dénonçant les mauvais traitements dont nous sommes victimes. Là, Ribéry a dit qu'en plus, on doit jouer avec Govou, Sagnol s'est énervé et lui a crié en allemand de se taire, Ribéry a répondu qu'en tant que presque lyonnais, il l'envoyait à moitié se faire foutre, puis ils ont commencé à se battre avec les béquilles de Cissé. Comme il avait prévenu, Domenech a allumé la télé et il a obtenu sans problème le silence, même lui était pétrifié : on voyait une femme nue se faire fouetter dans un cimetière avant de boire son sang mélangé à un oeil de mouton, mouton enculé par un homme à tête de taureau et au torse lacéré dont les cicatrices saignantes écrivaient J'adule Satan en araméen. Nous, au début, on se disait que décidément, ils exagèrent, les Hollandais, mais en fait, ce n'était pas 100% Foot, Domenech s'était gouré de chaîne et on voyait là un clip de Mylène Farmer. Il a fallu le temps que certains aillent vomir (sauf qu'il y en a qui ont fait semblant d'aller vomir et qui en ont profité pour s'éclipser en douce) pour reprendre. Domenech a voulu nous refaire le coup de l'histoire, il nous a dit que les Espagnols nous font chier depuis trop longtemps, et ce, depuis Charlemagne. Ribéry, il était convaincu, il s'est levé et a crié, en se frappant frénétiquement le poitrail, qu'on allait venger Thierry Roland et son cor au pied qu'il s'était fait dans un rince-veaux. Lui, sur le terrain, il fatigue les autres à force de courir partout et bien avec nous, c'est pareil, avec son hyperactivité, il commence à nous rendre las. Mais alors, las, las, las, las. Il paraît qu'en 1998, c'était la même chose avec Diomède, d'ailleurs, c'est de là que ça vient, le I will survive comme hymne. Bon, cela dit, ce sont les histoires de Wiltord, il nous a peut-être raconté des cracks. En plus, il n'y était pas, en 1998.

 

Pour ce qui est du match, Domenech ne voulait pas donner sa composition d'équipe et Aragones non plus. Nous, on ne s'inquiétait pas trop, on n'avait que trois gars qui se demandaient s'ils joueraient ou non, mais côté espagnol, ils ont un vrai banc de touche, alors ils commençaient à un peu s'effriter. C'est Aragones qui a tiré le premier, il a diffusé une feuille de match en 4-1-3-2 alors Domenech a immédiatement réagi en disant qu'on jouerait en 4-2-3-1 classique avec Malouda et Ribéry sur les côtés. Illico, il y avait Joaquin, qui a tout écouté à la porte, qui a rapporté à Aragones qui a réagi en annonçant un 3-4-2-1 avec Torres seul en pointe, mais Domenech, qui avait dépêché Landreau dans le rôle de l'observateur, déguisé en gamin à qui on doit tenir la main pour rentrer sur le terrain quand on est titulaire. Alors, Domenech a décidé de mettre un 3-4-1-2 en ajoutant Boumsong, en collant Malouda et Sagnol sur les côtés et Saha avec Henry devant. Immédiatement, Aragones a modifié ses plans en mettant Raul en libéro, deux gardiens titulaires et une ligne de six devants dont Morientes, Torres Mestre et Gento. Tout de suite, Domenech a changé de tactique, il nous a alors concocté un 4-3-4-1, sans gardien et avec un qui doit se camoufler dans la pelouse pour ne pas que les arbitres ne le remarquent, Gallas arrière gauche (dans tous les sens du terme), Malouda arrière droit, une charnière Chimbonda - Michalak, Silvestre milieu gauche pour combiner avec le 10, Saha, et moi en inter demi centre arrière, je lui ai demandé en quoi ça consistait, il m'a répondu que je serais une sorte d'ailier du centre. Finalement, on a entendu Aragones pousser un sonore "Frances de mierda !" et il a donné une composition définitive. Domenech, il a su alors qu'il venait de gagner une bataille tactique et a remis son équipe du début.

 

Maintenant, il restait à tout concrétiser sur le terrain, et ça n'était pas gagné, Thuram surtout était très fébrile car il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit, à cause de visions du fantôme de Pedro Munitis dans sa chambre. On a eu une belle occase, quand même, avec un débordement de Henry sur le côté droit, il centre et Ribéry et Vieira qui se mettent d'accord pour feinter le tir. Le seul problème, c'est qu'ils ne se sont pas mis d'accord sur celui qui tirait, on est encore passé pour des charlots. En plus, à force de multiplier les petites fautes, c'était couru qu'on allait avoir un penalty, et on en a pris un. Alors, quand on a vu que Raul n'osait pas, Ribéry a chanté "Raul, il n'a pas d'organeuh", Gallas a fini par creuser un cratère à force de donner des coups de poings à la pelouse d'énervement et Sagnol a pris le poteau de corner et a foncé des les tribunes pour l'enfiler dans Youri Djorkaeff qui répétaient à tous les gens qui passaient à porter de lui que lui, il avait réussi à empêcher Raul de marquer en le vaudousant. Sagnol a fini par être ramené sur la pelouse par le service d'ordre car, en poursuivant le chanteur de Vivre dans ta lumière, il a doublé des gens dans une file d'attente. D'ailleurs, Djorkaeff a essayé d'en profiter pour rentrer sur le terrain lui aussi mais Domenech s'est occupé de son cas en le forçant à lire sa biographie, du coup, Djorkaeff, il a découvert plein de trucs sur lui-même. Heureusement, Ribéry a égalisé avant la mi-temps, c'était une passe en profondeur, Henry a regardé le juge de touche qui lui a fait non en rigolant pour lui dire qu'il était encore plus hors-jeu que Cissé ne pourrait l'être maintenant, du coup, il s'est senti redevenir le grand leader qu'il est à Arsenal, il a exhorté Ribéry à aller au bout de l'action tout seul "go on alone, Chucky !" (oui, avec ce réflexes, il parle en anglais en ne faisant pas gaffe au nom). Et Ribéry, il a couru encore plus que Vieira depuis qu'on le fait traiter par des médecins compétents (personnellement, ça fait longtemps que je n'en avais pas vu en vrai), il a baladé Casillas, il voulait dribbler les défenseurs espagnols qui étaient revenus mais il était pris par l'élan alors il a tiré et marqué direct. Après, il était toujours sur son élan, il a atterri sur notre banc, nous, on s'était levé pour l'empêcher de se fracasser le crâne sur le toit du banc et on l'a retenu. Astorga s'est alors exclamé que c'était super de voir un tel esprit d'équipe, alors on a fait comme si et on l'a secoué la tête pour le remercier (et puis, avec lui, c'est bon, ça ne risque rien) à part Trezeguet qui s'est défoulé en lui mettant de grosses bourrades comme si c’était Domenech.

 

Au retour des vestiaires, Domenech, il a fait ce qu'il préfère dans le métier de sélectionneur : n'importe quoi. Il s'amusait à tous nous envoyer s'échauffer à tour de rôles, même Landreau, mais tous, sauf Coupet. L'autre, il lui a lancé à un moment un regard de chien battu (mais de chien très con, aussi) et Domenech a répondu que Landreau, c'est au cas où il y ait des penalties, mais il n'a pas précisé s'il pensait à lui comme gardien ou comme tireur. Quant au match, oh, le délire ! Déjà, Sagnol était tout fou, il taclait sans arrêt, même les Français, et en plus, en ne faisant pas de fautes. Il était tellement bon et tellement fier de l'être qu'il a dit que, définitivement, son prédécesseur pouvait fermer sa gueule et retourner à sa pauvre vie de connard grabataire. Du coup, Thuram lui a fait la tronche pendant toute la soirée, allez savoir pourquoi (encore que ça m'étonnerait qu'il eût Angloma, Mendy ou Candela dans la tête). Trezeguet, lui, il avait une façon à lui de s'échauffer, il était à l'affût du moindre ballon qui sortait pour le rendre instantanément au ramasseur et je ne sais pas comment il faisait, mais il était à chaque fois à l'endroit exact où le ballon arrivait, impressionnant. A un moment aussi, il y a eu une embrouille avec Aragones, qui a commencé à chambrer tous les français qui passaient près de lui, mais nous, on n'est pas tombé dans le panneau, avec Ribéry, on a l'habitude des vannes pourries en rafale. Même moi, quand il m'a dit que je ressemblais à Puyol en moins bien coiffé, je me suis contenu, je ne dis pas que c'était facile, mais je me suis contenu. A l'arrivée, le seul qui a craqué et a cédé à la provocation, c'est Domenech. Aragones venait de lui dire que s'il n'avait pas fait de changement, c'est parce que les remplaçants seraient moins bons que les titulaires, même morts. Et ce pignouf de Domenech, à défaut de lui faire un tacle à la carotide, il s'est aigri comme un enfant de qui on se gausse à cause des dents de lait en moins, il a fait entrer Govou. Oh, putain, le con ! Mais quel con ! Là, ça n'a pas eu de conséquences graves, mais quand même, contre d'autres, ça va aller très pour nous, ce genre de conneries. En plus, Trezeguet, il a rentré la tête entre les épaules et marmonné un truc, il paraît qu'à l'envers et en mélangeant les langues, ce sont des insultes, mais bon, tant que ce n'est pas sûr, hein ...

 

Et puis, en fin de match, Vieira a marqué. Normalement, c'est Gallas au second poteau sur les coups de pied arrêtés (donc, ça fait fuir les oiseaux, ça fait trembler les abeilles, ça part dans les nuages et éclipse le soleil) mais là, il était occupé à vérifier que ses couilles étaient encore en place donc c'était Vieira qui s'était placé là et, comme Casillas n'a pas eu la présence d'esprit de repousser sa tête derrière la ligne, ça a fait but. Dans la foulée, il y a eu un éclair, Zidane, qui était par terre en train de cracher ses poumons, les bras en croix et une trace de crampon au flanc, s'est relevé et est entré en transe extatique. Il a crié qu'il devait porter la belle parole de Lui aux quatre coins du monde, il nous a repoussé en nous disant de ne pas le toucher (à part pour Sagnol qui ne le croyait pas, que c'était le vrai Zidane, et qui pensait que Laurent Battles venait d'entrer sur le terrain), puis il a pris le ballon et a baladé la défense adverse avant de marquer. Et là, il a été beaucoup moins divin, il s'est dressé sur les pancartes publicitaires et criant : "putain de saloperie de nom de Lui ! Comment je leur ai fumé la chatte de leurs mères, à ces fils de putes ! Alors, c'est qui le vieux con, hein, sacs à foutre !" J'ai comme l'impression qu'il était à cran, jusqu'à ce but. Après, c'est la fête, on était tous contents. Et même les inutiles, on avait quand même vu un beau match et puis, on ne sait jamais, si on rapporte la Coupe, nous aussi, on aura le droit à la médaille, le défilé sur les Champs-élysées, la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre, le rab de vacances, la une de Public, les réductions d'impôts et le droit de taper dans la caisse. Ça peut être utile à l'usage.

 

En attendant de danser la Carioca. Gaël."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 16:58

"Salut à tous,

 

 

Ça y est, on a gagné un match ! Contre le Togo, mais on a gagné ! On est en huitièmes et ça n'a pas été une partie de plaisir ! Déjà, il a fallu imposer à Domenech l'équipe qu'on avait constituée entre nous. C'est Zidane qui s'en est occupé, il est entré dans sa chambre sans frapper, il lui a ordonné de mettre l'équipe qu'on voulait, sinon on le balançait, alors lui, il n'a pas compris ce qu'on voulait balancer sur lui, Zidane lui a dit qu'on ne balancerait rien sur lui, c'est lui qu'on balancerait, par la fenêtre. Du coup, Domenech, il a réfléchi, il a consulté son jeu de tarot et a pioché une carte (c'était l'excuse, mais Domenech, il n'a pas compris que la voyance par tarot, c'est avec un jeu spécial que ça se fait, d'ailleurs c'est pour ça qu'il a pris Dhorasoo, il a emmené le petit au bout une fois et il veut recommencer) puis a accepté à condition que Zidane ne joue pas car le patron, c'est lui et pas Chaussée aux Moines. Zidane, il a ouvert ses yeux, il a regardé Makelele qui se marrait, Thuram qui soupirait et Barthez qui fouillait dans le frigo pour trouver un pack de bières car il n'en avait plus, puis il a accepté. Donc, on avait l'équipe qu'on avait défini l'autre jour, avec Silvestre, mon coup de bluff sur moi arrière gauche, ça n'a pas marché, ils ont cru que c'était encore une blague de Ribéry. On avait quand même un problème : Vieira. Vu ses performances d'avant, on avait quelques réticences à le remettre. Finalement, en s'entraidant tous, on est arrivé à le remettre d'équerre (ou d'Ecker, c'est au choix). Enfin, je met "on", mais vous comprenez bien de qui je parle en fait, hein, je n'y suis pour rien, moi, là-dedans, je fais juste mannequin ou plot dans les entraînements selon les exercices, c'est tout. Il y a juste chasuble que je refuse de faire, me faire enfiler par n'importe qui, bof.

 

Donc, Thuram a donné une adresse qu'il a eu en appelant le service médical de la Juve, on y a envoyé Vieira dans une caisse qui, officiellement, contenait du saindoux et ils lui ont prodigué quelques remèdes miracles. Dans la foulée, on l'a aussi expédié par UPS à un labo espagnol que Zidane avait déjà recommandé à Johnny Hallyday. Quand Vieira est revenu, on savait tous qu'il pétait la forme. D'abord, parce qu'il était revenu à pied en courant depuis l'Espagne, ensuite parce qu'il passait la nuit à courir dans le parc, on a dû commander un tapis roulant pour qu'il fasse ça à l'intérieur et ne croise pas Vincent Duluc, on sait qu'il se planque dans un fourré, c'est Ribéry qui l'a vu en allant cueillir des champignons. Oui, je sais, en juin, c'est loufoque, mais bon, c'est Ribéry, on ne va pas le changer maintenant, d'ailleurs, Barthez et Abidal lui ont expliqué deux - trois trucs au sujet des champignons, lesquels sont les meilleurs, dans quelles boutiques on les trouve et tout. On a eu un autre souci le matin du match, c'est Gallas qui venait d'apprendre la mort d'un coéquipier de Chelsea, il était effondré, il n'arrêtait pas de pleurer et de répéter qu'il ne pourrait jamais jouer un jour pareil. Coupet a tout de suite fait valoir à Domenech qu'il avait déjà évoluer défenseur central en poussins et qu'il n'avait certainement pas perdu les qualités et les réflexes nécessaires mais derrière lui, il avait Malouda qui faisait des grands non des mains, Abidal qui mimait le pipeau, Dhorasoo qui se marrait et Wiltord qui l'imitait. C'est Sagnol qui a alors tenté de revigorer Gallas, il lui a dit qu'un vrai homme, ça part au front dans toutes les conditions, comme dans Rambo III, où il va pour sauver le colonel alors que c'est pas sa guerre.

 

Finalement, c'est Makelele qui a eu la présence d'esprit de lui demander de détailler cette histoire de décès (il faut dire que ça le concerne aussi), Gallas lui a répondu qu'en écoutant les infos, il a appris la mort de Drogba. Ribéry s'est jeté au sol en hurlant que c'était terrible, de Pape Diouf lui venait de lui promettre qu'il ferait revenir cet été à l'OM pour jouer avec lui. Immédiatement, Coupet a décroché son téléphone pour dire à Aulas que le fruit était mûr. Dans la foulée, il lui a passé un contrat de l'OL qu'il n'avait plus qu'à signer. Ça, ça va encore faire des histoires surtout que Boumsong lui a demandé s'il n'en avait pas un pour lui aussi, Coupet lui a dit que non mais Dhorasoo lui a répondu que lui aussi, il en avait eu un mais que c'était finalement assez décevant à l'usage. En plus, il a ajouté que celui qu'il avait à Milan, au moins, garantissait d'aller loin en Ligue des Champions, là, Coupet a voulu le frapper mais Sagnol s'est interposé en les fracassant l'un contre l'autre en criant que lyonnais ou intello, ce sont deux nuisibles. Pendant ce temps, Saha, il était aller chercher toute la presse française du matin et n'a rien trouvé, Domenech, ça l'a tout excité, il l'a traité de valet du corps journalistique, de traître apatride et de pleutre félon cédant sans conditions aux sirènes du grand complot des plumitifs nuisibles. Lui, déjà, on est sûr qu'il ne jouera pas contre le Togo, quoiqu'il se passe, ça a beaucoup faire rire Trezeguet. En fait, Gallas, il avait mal compris mais ça, c'est parce qu'il écoute les infos à la radio avec son lecteur MP3 sur les oreilles alors forcément, il en loupe ou en déforme au passage. C'est Thuram qui a trouvé l'info qui l'a trompé, en vrai, c'est Roba, le type qui faisait Boule et Bill, qui est mort. Du coup, c'est Landreau qui était en pleurs mais lui, c'est moins grave, c'est comme si Chimbonda avait une ablation de la tête.

 

Le match contre le Togo, Zidane l'a passé dans le vestiaire mais c'est lui qui le voulait, parce qu'il trouvait que rester assis à côté de Domenech pendant une heure et demie, c'était au-dessus de ses forces. Tu parles ! En vrai, c'est surtout qu'il ne voulait pas se fader le jeu de l'Equipe de France, ouais ! Toujours est il que la première s'est plutôt bien passée, à part les buts. Pour les buts, le problème, c'est que Henry et Trezeguet avaient du mal à s'accorder, Henry voulait qu'on joue en profondeur pour valoriser sa vitesse de course et ses crochets intérieurs qui ont fait de lui l'icône d'une ville, d'un peuple et la fierté de Vincent Hardy pour avoir pu l'approcher à moins d'un mètre une fois dans une file d'attente. Trezeguet, lui, il a expliqué plusieurs fois comment on devait jouer pour qu'il puisse faire parler sa vitesse d'exécution et son opportunisme, mais le gros des explications, c'était dans une langue inconnue, donc je ne saurais pas trop dire. Et comme ça, à chaque occasion, Henry et Trezeguet venaient parler à Ribéry pour lui dire comment faire, mais sans s'accorder entre eux. Malouda, ils n'essayaient pas, quand il centre, on a l'impression qu'il tire mais qu'il se loupe méchamment et quand il tire, on a l'impression qu'il a parié d'atteindre le toit. Donc, on a fait comme ça toute la première mi-temps et au retour des vestiaires, Henry et Trezeguet ont décidé de jouer à pile ou face la façon d'attaquer mais ils voulaient tous les deux pile, alors ils n'ont pas pu se départager. Surtout que c'était face qu'on a obtenu. Vieira, lui, il n'arrêtait pas demander quand est-ce qu'on reprenait, il courait dans tout le vestiaire, il est même rentré dans Saha. Par la même occasion, on a vu qu'Abidal, qui restait dans le vestiaire pour, officiellement, suivre l'autre match du groupe, en avait surtout profité pour fumer des pétards alors on l'a ramené sur le banc et on a donné son rôle à Zidane.

 

En revenant sur le terrain, j'ai bousculé sans faire gaffe un officiel togolais, un frère du président et lui-même président de quelque chose ou ministre ou quelque chose comme ça, son portefeuille est tombé et Adebayor a tout de suite rameuté les autres en disant que les primes venaient de tomber et qu'il fallait se dépêcher des les prendre. Ensuite, ils ont rendu le portefeuille sans l'argent mais personne ne voulait le laisser dans le vestiaire, même s'il y en a un qui a proposé de les garder, ils craignaient tous de se faire entuber, déjà que les primes précédentes, qui étaient censées être prélevées sur le budget habillement d'Otto Pfister, étaient en fait des billets de Monopoly et qu'ils n'ont pas trop aimé, alors ils sont revenus sur le terrain avec la thune dans le slip. Donc, maintenant, dès qu'ils trouvent un peu d'argent qui traîne, ils le choppent, se le partagent rapidement et veillent à ce qu'il ne retourne pas à son propriétaire, quitte à le consommer sur place. En fait, ça vient de là, leur surnom d'éperviers, c'est pour le comportement de rapaces qu'ils sont obligés d'avoir pour touché les sous promis. Après, on a commencé à s'inquiéter quand Ribéry a foiré une frappe, mais comme elle a déglingué un oiseau, Domenech a dit que c'était bon signe car le piaf qui venait d'être abattu ressemblait plus à un épervier qu'à un coq. Nous, on était sceptiques mais c'est à ce moment là que Vieira a marqué, alors du coup, on y a (un peu) cru, ne serait-ce que pour faire plaisir. Le temps qu'on rattrape Vieira pour le féliciter puis qu'on reprenne le jeu, il était à nouveau dans la surface et a donné le deuxième but à Henry. Là, on était rassuré, surtout avec l'ambiance de fête dans les tribunes, il y a même une chenille qui est partie, Ribéry s'est mis dedans mais Sagnol est venu le chercher pour le ramener sur le terrain car le match n'était pas fini. Là, il y a un allemand bourré qui n'a pas compris et qui a attrapé les épaules de Sagnol par derrière en chantant "poffe tes teux pieds en carrrnarrrc", lui, on l'a retrouvé mort la tête coincée dans le grillage, ça va encore être galère à expliquer aux gens.

 

Wiltord avait remplacé Ribéry et même s'il se loupait pas mal (il s'excusait en disant que ça faisait 80 minutes qu'il jouait mais nous, on ne nous la fait pas, ce genre d'arguments, ça marche peut-être avec Gilardi mais avec nous, il ne faut pas pousser quand même), et puis on s'est vraiment détendu quand Zidane et s'est mis à côté de Mankowski "dis au vieux con que la Suisse mène 2-0", ce à quoi Domenech à répondu illico "Manko, dit au chauve grabataire que pour fêter ça, je le fait entrer en jeu". Là, Saha lui a dit que ça n'était pas possible, Domenech est devenu tout fou, il a crié que c'était de la propagande, que Saha était un espion, que ça n'allait pas se passer comme ça, que lui, il faisait ce qu'il voulait, que c'était un gueudin et tout, et comme il a terminé par un vibrant "Sidney, c'est toi qui rentre", ça nous a tous glacé. Bon, évidemment, avec Govou sur le terrain, on ne risquait pas d'en mettre un troisième mais on rigolait bien en le voyant jouer quand même. Puis Domenech s'est calmé, il a dit qu'il allait faire entrer Dhorasoo mais on s'est rendu compte à ce moment qu'il n'était pas là, il a demandé où il était et Coupet, tout gêné, en regardant fixement ses chaussures, a répondu qu'il l'avait accroché au portemanteau de l'entrée car il l'énervait trop et que, si personne n'a pensé à l'enlever, il devait toujours y être. Il faut dire qu'on avait eu un doute, puisque personne n'a élevé la voix quand on a entendu dans les tribunes Francis Lalanne chanter "So Foot, on t'encule" dans un mégaphone. Domenech, il voulait qu'il soit là au moins sur le banc pour la fin du match, alors il a demandé à Zidane de le matérialiser ou alors de se téléporter là-bas et de le ramener mais l'autre n'a pas voulu, comme quoi les miracles, ça n'est pas fait pour épater la galerie. En fait, c'est surtout qu'il galère autant que dans le jeu, l'autre jour, en voulant allumer la lumière de sa chambre par la voix, il a fait exploser la statue de Cupidon et les 7 Mercenaires qui est dans le réfectoire et dans laquelle se cachait un nain payé par Vincent Duluc. Cela dit, dans son métier de messie, arriver à l'âge de 34 ans, c'est déjà une forme de réussite.

 

Du coup, Domenech a sorti Vieira pour aller en vitesse chercher Dhorasoo au château et par conséquence, Diarra aussi a pu jouer en Coupe du Monde mais Domenech m'a promis qu'il me ferait rentrer le 9 juillet en fin de match pour mettre quelques semelles pour tenir le score. Avec la sortie de Vieira, Trezeguet et Henry ont piqué un sprint pour le brassard mais c'est Barthez qui l'a récupéré parce que Vieira l'avait donné à Thuram qui n'en voulait pas et c'était Barthez le plus proche. Enfin, il y avait Silvestre de plus près mais avec son match, ç'aurait été abuser que de le faire capitaine. D'ailleurs, après le match, Domenech lui a demandé qu'est-ce qui n'allait pas pour faire une telle performance, il lui a répondu que c'est lui qui lui a demandé de jouer comme il savait faire en grande compétition internationale et que lui, il n'a joué que l'Euro 2004. Et puis, tout est bien qui commence bien, on était tous là pour faire un tour d'honneur, on a tout échangé avec les Togolais, les maillots, les shorts, les chaussettes, les chaussures, les gourmettes, les slips, ils vont tout mettre en vente sur eBay pour remplacer la part des primes qui ont été faites en bons d'achat pour le Kiloutou de Lomé et qui ne les arrange pas trop. D'accord, on va se retrouver face à l'Espagne, Zidane nous a dit que c'était terrible, qu'on allait être obligé de courir, mais Coupet a répliqué que vu ce que Lyon a mis au Real, on a les moyens de les battre. J'ai ajouté que La Corogne, ce n'était pas mieux et Barthez s'est marré en disant qu'il n'avait même pas eu besoin de jouer (mais ça, il l'a juste dit pour faire bisquer Coupet). Bref, c'était l'euphorie de la victoire, on était tous fous, à part pour Landreau qui avait trop bu (une canette de bière) et Vieira qui subissait le contrecoup de son traitement de choc. Quand je pense que l'équipe de Jaro s'est faite sortir dès le premier tour et que nous, on est encore là, il y en a un qui va avoir droit à ramasser les plots après l'entraînement pendant un bon bout de temps, ça, c'est sûr.

 

Hasta la vista. Gaël."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /Juin /2006 14:14

"Les aminches,

 

Comme ça commence à sérieusement sentir le cramé, on sent comme une tension chez les cadres et dans le staff. Mankowski et Martini sont passés voir tout le monde pour dire qu'ils n'y étaient pour rien dans les choix de Domenech mais Barthez s'est marré quand Martini lui a fait ses trémolos en se pinçant discrètement la cuisse pour faire plus vrai dans les larmes. Finalement, ils ont fait venir les femmes en échange de quoi, on a promis d'essayer de les croire. Bon, nous, on était content, on a pu niquer, mais Domenech, il était déçu car la sienne n'était pas venue, il a juste reçu une lettre anonyme de Pierre Ménès faite en découpant des lettres dans un numéro de l'Auto datant de 1922, dans laquelle il disait retenir en otage la femme de Domenech et qu'il ne la libèrera que contre une titularisation de Dhorasoo à la place de Wiltord et un schéma à deux attaquants avec Trezeguet. Si on sait que c'est Ménès qui l'a faite, c'est parce qu'il l'a fait passer par le service courrier de M6 qui a machinalement tapé ses coordonnées au dos de l'enveloppe, mais pour Domenech, c'est un leurre, une lettre de menaces signée Ménès, qui ne réclame pas Pirès, qui ne veut pas de tout pour Henry devant et qui veut Dhorasoo, ça n'est pas crédible ou alors il se passe des choses bizarres en France.

 

Quand on s'est retrouvé à nouveau tout seul, les anciens ont enfermé Domenech dans la buanderie avec tous les télégrammes de soutien de Chirac et Villepin, si l'effets de tous ces porte-poisse pouvaient s'annuler, ça serait déjà ça. Donc, on s'est réunis tous les joueurs dans le grand salon pour décider nous-mêmes de l'équipe contre le Togo. Mais Sagnol a commencé en disant que n'importe qui n'avait pas droit à la parole, Coupet a répondu que quand est Stéphanois, on s'écrase et là, on a tous vu qu'il avait retrouvé son état normal, ça doit être le but encaissé par Barthez qui l'a remis en place. Ensuite, on s'est demandé qui était habilité à commander, Thuram voulait réserver ça aux champions du monde de 1998, Wiltord voulait ceux d'Europe en 2000, Ribéry ceux qui ont reçu un Oscar du Foot, Makelele ceux qui ont gagné une Ligue des Champions, Dhorasoo ceux qui mettent des petits ponts à Desailly à l'entraînement, Abidal ceux qui ont été champions de France et Henry ceux dont les initiales sont TH. Là, on a vu que ça n'allait pas être facile de s'accorder déjà là-dessus, heureusement, un portrait nous a dit que ce n'était pas compliqué, on met Silvestre pour Abidal, Ribéry pour Wiltord et Trezeguet en pointe aux côtés de Henry. On a reconnu Vincent Duluc qui s'était déguisé en tableau, on se disait bien que c'était moche mais Sagnol nous avait expliqué que les Allemands ont un goût particulier. D'ailleurs, ça doit être le fait d'avoir été trompé par le camouflage de l'autre qui l'a vexé, il a pris une hallebarde et a poursuivi Duluc en hurlant, on a entendu crier et il est revenu avec les vêtements tâchés de sang.

 

Finalement, on s'est mis d'accord sur le fait que ceux qui décident sont ceux qui ont déjà joué dans cette Coupe du Monde. Enfin, on était tous d'accord sauf Coupet, Landreau, Boumsong, Chimbonda, Silvestre, Diarra, Govou et moi. A ce moment, Zidane a en eu marre, il a crié qu'on le faisait tous chier et est disparu dans un grand nuage, quand on pense qu'au début du stage, il nous demandait d'être magnanimes et que seul celui qui n'a jamais péché jette la première pierre. En plus, il était sensé se téléporter dans sa chambre, mais on l'a retrouvé perché sur le lustre de la bibliothèque, c'est Dhorasoo qui l'a retrouvé le soir. Maintenant, il fallait faire l'équipe pendant qu'on faisait un trou du cul (et Coupet perdait tout le temps, mais il faut dire qu'on trichait tellement il est rigolo quand il est humilié) et ils se sont disputés dès le début pour savoir combien d'attaquants il fallait. Trezeguet en voulait deux, Saha trois et Henry disait que ça n'importait pas pourvu qu'on joue pour lui car c'est le meilleur attaquant de tous les temps et que c'était Christian Jeanpierre qui lui avait dit. Finalement, c'est la solution Henry - Trezeguet qui a été retenue mais uniquement grâce au vote de Vieira qui avait obtenu en échange qu'on joue à deux récupérateurs. Il restait encore à faire la défense et les milieux offensifs mais il a fallu retenir Coupet qui voulait taper Ribéry car il avait écrit "Coupet a de gros cheveux pour cacher qu'il a un petit cerveau", d'ailleurs, on les a enfermés dans deux pièces différentes, histoire d'être tranquilles.

 

Malouda a remplacé Ribéry pour écrire l'équipe au tableau mais Govou avait profité du tumulte pour rajouter son nom, du coup, Gallas l'a viré de la pièce par le conduit d'aération. Pour la défense, ils avaient un consensus, à part Dhorasoo qui a dit qu'on pouvait mettre Gallas à gauche en hommage à Domenech mais c'était pour déconner, quoique Thuram n'avait pas compris et est parti fâché en disant qu'avec une équipe de cons pareils, c'est pas étonnant qu'on se plante. Nous, comme Coupet était parti avec les cartes, il a fallu qu'on s'occupe, alors on a fait un pendu mais ça a énervé Makelele car Chimbonda avait effacé l'équipe pour le jeu, Makelele est parti en claquant toutes les portes qu'il trouvait sur son passage (même celle du micro-ondes) et Chimbonda le suivait pour s'excuser avec Diarra derrière qui voulait savoir quel était le mot. Là, Vieira a demandé s'il y en a d'autres qui veulent sortir, tant qu'à faire, Abidal, Dhorasoo et Boumsong en ont profité pour s'en aller, Saha essayait encore de négocier pour mettre un troisième attaquant car on a besoin de marquer des buts et Trezeguet a demandé à Vieira de quel droit il prenait la parole pour tous. Vieira a répondu que c'était normal car il était capitaine, mais Trezeguet a répliqué que c'était lui le capitaine car c'est lui le dernier à avoir eu le brassard. Wiltord a suggéré de voter mais il fallait réunir tous ceux qui sont sortis et en plus, Landreau a demandé si nous aussi, on avait le droit de voter. Finalement, on a choisi que c'est Domenech qui décidera du capitaine. Du coup, Wiltord, Vieira et Trezeguet sont allés bouder.

 

Comme il se faisait tard, Sagnol a écrit les noms de Malouda et Ribéry, mais Henry a râlé que Ribéry, il gêne les attaquants dans son jeu, en fait, il gêne surtout Henry dans ses appels en profondeur dans la presse. Henry s'est barré en criant qu'on n'était pas digne de lui alors que Sagnol faisait un récapitulatif de l'équipe et tout s'est gâté quand Saha a conclu par : "ouais, ben c'est l'équipe de Duluc, en fait". Là, ça a été terrible, Sagnol a crié qu'il y en a ici qui ne sont pas professionnels et devraient fermer leur gueule, Gallas a demandé du calme, Thuram est revenu nous réclamer du silence car il voulait dormir, Dhorasoo voulait une échelle pour décrocher Zidane et Barthez est entré et nous a demandé qu'est-ce qu'on foutait là. Thuram et Dhorasoo étaient allés aider Zidane, alors Sagnol est allé tout expliquer à Barthez au calme mais Gallas l'a accompagné pour rectifier tout ce que Sagnol pourrait dire de faux. Saha a trouvé un ballon, Landreau s'est mis entre deux tables et a voulu faire un deux contre deux pour nous entraîner, Saha ne voulait qu'à condition qu'on soit tous titulaires mais Silvestre a répondu qu'en tant que plus cadre que nous, il était le seul habilité à décider de l'équipe restante. Comme personne ne voulait jouer avec lui, Landreau est parti en tapant un grand coup dans le ballon qui a cassé le poste de télé, alors Malouda est allé chercher un autre poste dans la réserve. Saha a dit que puisque les autres n'étaient plus là, rien n'empêchait de changer l'équipe mais Silvestre lui a dit que quand c'est Ferguson le patron, il a un tout autre comportement et a évoqué une certaine histoire avec un litre de whiskey et Van Nistelrooy, un truc que eux seuls connaissent donc je n'ai pas compris. Toujours est il que Saha lui a demandé de lui dire en face s'il était un homme mais comme il avait une barre de fer à la main, Silvestre s'est enfuit bien que ce soit un homme (je sais, je l'ai vu sous la douche), poursuivi par Saha. Comme j'étais tout seul, j'ai écris mon nom sur le tableau à la place de Silvestre (on ne sait jamais, des fois que tout le monde aurait oublié ça le lendemain) et je suis rentré dans ma chambre.

 

A la prochaine. Gaël."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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