Francesco : "Vous m'avez convoqué, je suis là. Si c'est pour que je démissionne, je vous dis tout de suite que j'accepte à condition que ce soit vous qui mettiez fin au contrat pour me dédommager de m'être compromis dans ce club. Maintenant, j'assume, vous m'avez, je meurs comme un prince."
Gérard : "Hein ? Ha, mais non, ça n'a rien à voir, vous rester ici pour trois ans encore."
Francesco : "Oh non !"
Gérard : "Ben si, il faut bien terminer le travail jusqu'au bout. Par contre, le président, il a vu les résultats de cette saison et il n'est pas très content."
Francesco : "Il n'est pas le seul."
Gérard : "En plus, comme je lui ai dit que tout était de votre faute, il s'est fâché tout rouge (déjà qu'il est tout rouge d'habitude, alors là, je ne vous dis pas) et il a décidé de me forcer à travailler pour trouver une solution aux problèmes mentaux de l'effectif."
Francesco : "Certes, mais en quoi ça me concerne ?"
Gérard : "Ben, il a aussi décidé de vous maintenir ici tant que ça ne s'améliore pas, et que tant que ça va mal, je suis obligé d'être plus actif dans la gestion du club."
Francesco : "Et si vous êtes plus présent, c'est censé améliorer notre situation ?"
Gérard : "En tout cas, c'est ce qu'il veut. Après, moi, je fais tout mon possible pour que ça se voit que je travaille."
Francesco : "Je ne vois toujours pas le rapport avec moi."
Gérard : "Eh bien, je me suis dit, comme on a de bons joueurs, si on joue mal, c'est l'entraîneur, ou le mental. Bon, l'entraîneur, je n'y peux rien, alors je vais changer leur mental."
Francesco : "Vous savez faire ça, vous ?"
Gérard : "Non, mais justement, j'ai cherché des gens qui savent faire. Alors, j'ai appelé les renseignements et ils m'ont donné le numéro d'un spécialiste de la remotivation de groupes en crise, regardez sa carte."
Francesco : "Coach Bernard, remotivation, houspillage et secouage de cocotier en toute circonstance : sport, couple, gouvernement, cadres bourgeois de merde, amicale bouliste. Attention, efficacité des résultats et pertinence des consignes non garanties."
Gérard : "Voilà, et il vient voir l'effectif demain."
Francesco : "Il vient demain ?! Et moi, qu'est-ce que je fait, alors ?!"
Gérard : "Oh, ben, vous vous débrouillez, c'est pas mon problème, ça."
Francesco : "Et vous le payez combien, votre bonhomme ?"
Gérard : "Ah bon, il faut le payer ? Ah ben non, alors, ce n'est pas possible, ça ! Tant pis, il faudra se débrouiller sans."
Francesco : "Fort bien."
Gérard : "Voilà ce que je vais faire : je vais tout chercher sur Google comment il fait, je vous le donne dès demain, non, pas demain, il faudrait que je travaille aujourd'hui, disons samedi juste avant le match, d'ici là, j'aurai trouvé un stagiaire en CPE pour le faire, et vous faites comme lui il fait."
Francesco : "Et si je ne veux pas changer mes méthodes ?"
Gérard : "Je vais tout répéter au président et vous allez vous retrouver prêté à Martigues ou Ajaccio parce que vous avez pas le droit de pas faire comme je dis, c'est lui qui m'a dit que c'était ça."
Et avant le match, c'est un Francesco bougon qui doit faire sa causerie en lisant mécaniquement un morceau de papier, sous la surveillance de Gérard, exceptionnellement présent à celle-ci.
Francesco (ton monocorde et enjoué à la Roger Gicquel) : "Qu'est-ce que c'est que cet engagement de merde ? Vous ne faites rien, c'est nul, vous n'êtes que des pipes. Vous n'avez rien dans le slip, bande de flipettes, mettez leur donc un bon coup dans les regroupements à ces porcs d'anglais, ce n'est pas du jeu, ça, c'est un comportement d'enfants pourris gâtés de petits cons de merde. (ton et diction normaux) Bon, ça, c'est fait."
Gaël : "Euh, justement, c'était quoi ça ?"
Francesco : "Une formalité d'usage. (regard à Gérard) Maintenant qu'elle est effectuée, on va pouvoir être tranquille, peut-être."
Gérard : "Ça va, j'ai compris. Bon match contre les bourrins de Troyes, quand même."
Eric : "Vous ne pouvez pas la refaire, votre formalité, mais en mettant le ton, cette fois ?"
Francesco : "Non, maintenant, c'est du sérieux, il faut que l'on batte Troyes, et ce n'est pas gagné d'avance ..."
Sébastien : "Je croyais que c'était sérieux, maintenant."
Eric : "Non, mais désolé d'insister, mais je suis sûr qu'avec votre accent et un petit ajout de votre part, votre formalité peut produire un effet. Peut-être le rire, mais un effet quand même."
Gaël : "Bof, c'est quand même du formaté, de la soupe, je ne vois pas grand chose."
Lucas : "Moi, je pense qu'avec du travail, ça peut être convaincant, pour moi, c'est oui."
Gaël : "On vote ?"
Francesco : "Ça ne vous dérange pas trop, si je parle un peu du match ?"
Eric : "On ne peut pas passer directement aux questions, parce que la parlotte, c'est lassant, quand même."
Lucas : "Forcément, si vous ne croyez pas en lui, ça ne donne rien. Même si on est d'accord, pour l'instant, il n'a pas le niveau, mais en prenant des cours ..."
Francesco : "Bon, les questions d'abord, OK, mais seulement à propos du match."
Eric : "Il est encore sous contrat avec nous, Grax ?"
Francesco : "Pas de rapport avec le match, je ne réponds pas."
Eric : "Ben si, s'il n'est plus à notre charge, j'ai le droit de casser, d'habitude."
Gaël : "Troyes, si on perd contre eux, ils ne nous doublent pas, donc on peut ?"
Francesco : "Non, l'objectif reste la troisième place, on peut y arriver, j'y crois, tout est possible, tout est réalisable, c'est le jeu de la vie."
Christian : "C'est lequel, le meilleur buteur de l'équipe ?"
Francesco : "Michalak. Non mais, je vous dit questions en rapport avec le match, vous comprenez quand je parle, quand même ?"
Sébastien : "Bof."
Christian : "Mais elle était utile, ma question, puisque c'est au meilleur de tirer les pénos."
Marco : "Me, tirer penalty. Toi, pas capable courir deux mètres élanne pour tirer."
Christian : "Tu comptes doubler ton compteur ?"
Marco : "Tu pas parler bucca pleine, mauvais polite ! Gros plein de soupe !"
Christian : "Ben je veux bien te le laisser, tes putains de penalty, mais tu critiques pas le physique !"
Marco : "Tenu !"
Francesco : "Et moi, je peux encore en placer une ?"
Camel : "Moi, j'ai une question : est-ce que c'est vrai que Roma revient d'ici une semaine ?"
Francesco : "Roma ? Mais il est mort !"
Camel : "Meuh non, je l'ai vu la nuit dernière."
Gaël : "Tu as rêvé, à tout les coups. Ça a été médicalement prouvé, qu'il était mort."
Francesco : "D'un autre côté, c'est le nôtre, de docteur, qui a confirmé le décès, donc il ne faut pas trop tirer de conclusions là-dessus."
Gaël : "Même ! S'il est vivant, qu'est-ce qu'il irait foutre chez l'autre la nuit dernière."
Camel : "Ben, m'annoncer qu'il va revenir dans l'équipe."
Gaël : "Et tu as souvent vu ça, un type qui vient en pleine nuit chez un autre pour lui dire qu'il n'est plus blessé ?"
Sébastien : "Ah ça, qu'il n'est plus blessé, on le sait : il est mort."
Camel : "Mais non, ce n'est pas vrai ! C'est pas vrai ! C'est pas vrai ! C'est pas vrai !"
Dans ce match (car il y en avait quand même), les monégasques dominent laborieusement mais finissent par ouvrir le score par Christian d'une exceptionnelle reprise à deux mètres des buts vides. Tout heureux de montrer à tout le monde qu'il n'est pas encore cramé, il se déchaîne en deuxième mi-temps en faisant une pique de vitesse (5 km/h) pour obtenir un penalty à la suite d'une chute enregistrée sur le sismographe de Besançon à 2.5 sur l'échelle de Jardiland. Magnanime (et parce qu'il doit récupérer de l'effort en profitant pour aller cracher ses poumons derrière les panneaux publicitaires pendant que l'attention de tous est ailleurs), il laisse à Marco le soin de rater le penalty. Finalement, ça fera 1-1 contre une équipe vaincue à 9 contre 11 à l'aller. Conclusions de Gérard : 9 monégasques valent mieux que 11 monégasques, donc il faut commencer les matches à 9, en plus, ça fait des économies.
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