Après la très belle victoire contre Sochaux, les monégasques sont maintenant attendus pour leur fin de saison par tout le monde, enfin, par les amateurs de foot, enfin, ceux qui s'intéressent au ventre mou, enfin, les supporters de Monaco, enfin, les joueurs, enfin, non, rien. Donc, à Ajaccio, il y avait quand même une équipe motivée à fond pour la gagne, parce que c'est ça ou la Ligue 2 et la Ligue 2, c'est encore plus moche que la Ligue 1 : des stades encore plus petits et encore plus vides, des matches avec encore moins d'actions, de buts ou de merveilles techniques, des entraîneurs encore plus laids, des supporters encore plus footix et encore plus de taupes sous les pelouses.
Francesco : "La semaine dernière, on a montré qu'on était la meilleure équipe d'Europe, il faut confirmer mais je ne doute pas que l'on livre une prestation digne des précédentes. Nous sommes les meilleurs, c'est évident !"
Christian (crachant des morceaux de brioche aux lardons, aux pommes de terre et aux langoustines) : "Chef, je peux ne jouer qu'un peu, j'ai une tendinite récurrente qui me gène."
Francesco (en larmes) : "Mais crevez tous, vous n'avez pas assez ruiné ma carrière, comme ça !"
Lucas : "Tu as une tendinite ?"
Christian : "Ben ouais, à la mâchoire. En plus, j'ai la pizza au figatelli que j'ai pris cette après-midi qui me ballonne, je vais pas trop pouvoir courir."
Francesco (étalant sur la table une substance poudreuse blanche) : "Vous êtes tous des nuls, on va finir relégués avec vos conneries !"
Gaël : "Quand même, tu ne peux pas arrêter de bouffer un peu ? Déjà que tu as fait pleurer Camel en tapant dans son paquet de BN, alors si en plus tu ne peux pas jouer ..."
Francesco (passant sa tête devant la ligne en inspirant un grand coup) : "Raaaaaaah ! Ça fait du bien !"
Christian : "Ah non, je veux jouer un peu, moi ! Juste assez pour passer à la télé et que Lippi voit que je joue encore. Bon, c'est sûr, le jour où il vient voir un match en entier, il va falloir que je me mette à la diète pour pouvoir courir plus de dix minutes mais pour le moment, c'est bon, je peux gérer mon métabolisme comme il le tolère. Au fait, quelqu'un a des clopes ?"
Francesco : "Je reprends où j'en étais : nous allons pulvériser (si tout va bien et qu'on ne souffre pas encore de malchance incroyable) ces ridicules adversaires et on va remonter tout le classement, vous allez voir !"
Camel (tout bas) : "Psst, les tauliers, venez voir !"
Sébastien, Lucas et Gaël se rendent dans les douches pour rejoindre Camel, à côté de lui se trouve un bonhomme ficelé et bâillonné.
Gaël : "Qu'est-ce que c'est que ce machin ?"
Camel : "J'ai fait comme vous m'avez montré la dernière fois, vous savez, les conseils du glorieux ancien."
Sébastien : "Oui, et ?"
Camel : "Ben, j'ai comme un problème. Normalement, quand on demande aux adversaires de nous laisser gagner, ils acceptent ?"
Sébastien : "Il paraît."
Camel : "Et bien là, ils ne veulent pas."
Gaël : "Mais c'est qui, au fait, l'autre, là, qui imite le saucisson ?"
Christian (passe la tête) : "Vous avez du saucisson ? Ça me calmerait, je suis nerveux, sans fumer pendant deux heures."
Camel : "Lui ? C'est Andre Luis, on m'a dit que c'était la star de l'équipe, alors je l'ai enlevé, je l'ai attaché et j'ai appelé les autres pour leur dire de nous laisser gagner s'ils veulent que je le leur rende."
Gaël : "Tu as fait tout ça ?"
Camel : "En fait, j'ai demandé à Diego de faire les trucs violents contre un sanglier (d'ailleurs, Christian, il doit en rester un peu, demande lui), moi, déjà, quand je vois un bleu, j'ai envie de vomir, alors faire tout ça ..."
Lucas : "Et une photo de lui avec tes chaussettes Donald dans la bouche, ça ne les a pas convaincu ?"
Camel : "Non, je n'ai pas compris, ils m'ont remercié du service rendu et m'ont donné l'adresse d'Antonio Carlos. Ils vous a pas dit comment agir dans ce cas là, votre ancien ?"
Sébastien : "Non, il m'a dit que ça marchait quand on prenait le meilleur joueur de l'équipe."
Camel : "Cela dit, le meilleur joueur d'Ajaccio, je ne savais pas trop lequel choisir, alors j'ai pris le premier dans les Pages Blanches. Si ça se trouve, j'ai pas pris le bon."
Gaël : "D'autant que selon les anciens, les méthodes différent pour réussir. Je dis ça parce que moi, j'ai appelé Michaël Madar, je lui ai décris notre entraînement, l'environnement, l'hygiène de vie et tout, eh bien, il m'a dit de ne rien changer."
Et bien non, les Ajacciens ne tiennent pas à récupérer Andre Luis, qui sera laissé dans les vestiaires en partant (on n'allait quand même pas le ramener à Monaco) et ça ne leur manquera pas beaucoup. Emmenés par un Stéphane déchaîné, les Ajacciens l'emporte sur un but inscrit par un autre ancien de la maison rouge et blanche, Moussa, profitant d'une boulette de Flavio. Après, pschit ! Cela dit, les monégasques prouvent tout de même qu'ils jouent le jeu jusqu'au bout et ne faussent pas le championnat, ils pensent bien à donner trois points à toutes les équipes qui en ont besoin pour se maintenir. Après, c'est la même rengaine.
Laurent : "Ben, allez, faut parler, là !"
Francesco : "Non, je n'ai plus de carburant, je vais être insultant."
Laurent : "Essaye avec la bombe à froid du kiné."
Francesco : "Pas bête. Docteur, tu peux montrer ta trousse de pharmacie ?"
Flavio : "Je suis désolé pour le but, mais c'est ma jambe, elle est toute engourdie par la longue inactivité."
Javier : "Faut t'en faire une autre, tiens, voilà la carte de celui m'a construit les miennes. Par contre, faut faire gaffe, à l'entretien, c'est contraignant mais fiscalement, on s'y retrouve."
Flavio : "Oh non, du bionique, ça me tente pas trop."
Javier : "Il fait aussi la greffe de membres, mais il faut amener l'exemplaire soi-même."
Flavio : "Ah mais oui, je le connais, ton bonhomme, c'est celui qui avait greffé un genou du yéti à Dado ! Ça me revient, maintenant."
Bruit de respiration dans une bouteille sous pression.
Francesco : "Aaaaaah ! Bien, comme idée, Laurent, je double ta prime ! C'est pas le même effet exactement, mais on le sent passer agréablement quand même ! Je vous aime, mes enfants, vous avez livré une prestation excellente, il n'aura manqué qu'un peu de chance et ça ira comme sur des roulettes. Franchement, les explications de la défaite, j'en vois pas, on a fait tout ce qu'il fallait. Mais qu'est-ce qu'on peut contre la déveine et un gardien en état de grâce ?"
Camel : "C'est bien joli, mais maintenant, coach, c'est quand qu'on va où ?"
Francesco (inspire un grand coup les yeux exorbités) : "Ouaaaah ! La vache, le retour, il est terrible. Ouh, oui, elle fait mal, la descente ! Bande de brêles ! Mais vous n'êtes pas foutu de faire trois passes, vous n'êtes que des sous-hommes !"
Il envoie un direct sur Olivier K. qui tombe à la renverse.
Olivier K. : "Mais j'ai rien dit, moi !"
Francesco : "Pas grave, ça défoule. Et de toute manière, toi, je ne t'aime pas, alors, ce que tu penses, je m'en fous. Bon, où qu'il est, ce président de mes deux, qu'il me prolonge mon contrat ?! Et j'ai encore les baveux scribouillard à aller voir, me font sérieusement chier avec leurs questions à la con, ces plumitifs !"
Gaël : "Dites, il faut qu'il en reprenne avant de faire une connerie."
Sébastien : "Pourquoi ? Ça peut être rigolo."
Gaël : "On a dit : «seulement s'il est en face de Gilles Verdez», donc non."
Camel : "Si vous voulez, j'ai une bouteille de Banga."
le docteur : "Moi, il m'a vidé tout mon bidule à froid. J'ai bien du mercurochrome, mais je ne suis pas sûr du résultat."
Sébastien : "C'est pas du mercurochrome, ça, c'est de la grenadine !"
le docteur : "Merde, je me suis gouré de bouteille !"
Javier : "L'huile que je mets dans mon genou, ça ira ?"
Gaël : "On va essayer, tenez coach, buvez ça. Très bien, alors, votre prolongation de contrat ?"
Francesco : "J'entends ceux qui veulent que je parte, mais j'entends aussi ceux qui veulent que je reste."
Gaël : "C'est bon, on peut le laisser y aller."
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