Toute ressemblance avec des personnes ou faits réels n'est pas forcément fortuite

Il était une fois un club de Ligue 1 Opérateur-téléphonique-dont-on-taira-le-nom. Ce club ne possédait pas l'exposition médiatique de ses congénères parisiens et marseillais malgré ses efforts pour être ridicule. Il ne possédait pas non plus le succès du lyonnais malgré de bons résultats. Il n'avait pas non plus l'aura des camarades nantais, bordelais ou stéphanois malgré tous ses titres. Pas de journalistes, pas d'émeutes, pas de spectacle, pas de pelouse, pas d'ardent clair et pas en France, en fait, c'est comme Ajaccio mais en plus chic. Ce club existe et il le mérite. Ailleurs le tumulte médiatique et la passion footballistique ! Vade retro, prolétariat gavé de merguez-frites, saoulé de bière et pauvre comme un esprit de coureur cycliste ! Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Voici le feuilleton de l'AS Monaco.

 

Samedi 8 avril 2006

Après la très belle victoire contre Sochaux, les monégasques sont maintenant attendus pour leur fin de saison par tout le monde, enfin, par les amateurs de foot, enfin, ceux qui s'intéressent au ventre mou, enfin, les supporters de Monaco, enfin, les joueurs, enfin, non, rien. Donc, à Ajaccio, il y avait quand même une équipe motivée à fond pour la gagne, parce que c'est ça ou la Ligue 2 et la Ligue 2, c'est encore plus moche que la Ligue 1 : des stades encore plus petits et encore plus vides, des matches avec encore moins d'actions, de buts ou de merveilles techniques, des entraîneurs encore plus laids, des supporters encore plus footix et encore plus de taupes sous les pelouses.

 

Francesco : "La semaine dernière, on a montré qu'on était la meilleure équipe d'Europe, il faut confirmer mais je ne doute pas que l'on livre une prestation digne des précédentes. Nous sommes les meilleurs, c'est évident !"

Christian (crachant des morceaux de brioche aux lardons, aux pommes de terre et aux langoustines) : "Chef, je peux ne jouer qu'un peu, j'ai une tendinite récurrente qui me gène."

Francesco (en larmes) : "Mais crevez tous, vous n'avez pas assez ruiné ma carrière, comme ça !"

Lucas : "Tu as une tendinite ?"

Christian : "Ben ouais, à la mâchoire. En plus, j'ai la pizza au figatelli que j'ai pris cette après-midi qui me ballonne, je vais pas trop pouvoir courir."

Francesco (étalant sur la table une substance poudreuse blanche) : "Vous êtes tous des nuls, on va finir relégués avec vos conneries !"

Gaël : "Quand même, tu ne peux pas arrêter de bouffer un peu ? Déjà que tu as fait pleurer Camel en tapant dans son paquet de BN, alors si en plus tu ne peux pas jouer ..."

Francesco (passant sa tête devant la ligne en inspirant un grand coup) : "Raaaaaaah ! Ça fait du bien !"

Christian : "Ah non, je veux jouer un peu, moi ! Juste assez pour passer à la télé et que Lippi voit que je joue encore. Bon, c'est sûr, le jour où il vient voir un match en entier, il va falloir que je me mette à la diète pour pouvoir courir plus de dix minutes mais pour le moment, c'est bon, je peux gérer mon métabolisme comme il le tolère. Au fait, quelqu'un a des clopes ?"

Francesco : "Je reprends où j'en étais : nous allons pulvériser (si tout va bien et qu'on ne souffre pas encore de malchance incroyable) ces ridicules adversaires et on va remonter tout le classement, vous allez voir !"

Camel (tout bas) : "Psst, les tauliers, venez voir !"

Sébastien, Lucas et Gaël se rendent dans les douches pour rejoindre Camel, à côté de lui se trouve un bonhomme ficelé et bâillonné.

 

Gaël : "Qu'est-ce que c'est que ce machin ?"

Camel : "J'ai fait comme vous m'avez montré la dernière fois, vous savez, les conseils du glorieux ancien."

Sébastien : "Oui, et ?"

Camel : "Ben, j'ai comme un problème. Normalement, quand on demande aux adversaires de nous laisser gagner, ils acceptent ?"

Sébastien : "Il paraît."

Camel : "Et bien là, ils ne veulent pas."

Gaël : "Mais c'est qui, au fait, l'autre, là, qui imite le saucisson ?"

Christian (passe la tête) : "Vous avez du saucisson ? Ça me calmerait, je suis nerveux, sans fumer pendant deux heures."

Camel : "Lui ? C'est Andre Luis, on m'a dit que c'était la star de l'équipe, alors je l'ai enlevé, je l'ai attaché et j'ai appelé les autres pour leur dire de nous laisser gagner s'ils veulent que je le leur rende."

Gaël : "Tu as fait tout ça ?"

Camel : "En fait, j'ai demandé à Diego de faire les trucs violents contre un sanglier (d'ailleurs, Christian, il doit en rester un peu, demande lui), moi, déjà, quand je vois un bleu, j'ai envie de vomir, alors faire tout ça ..."

Lucas : "Et une photo de lui avec tes chaussettes Donald dans la bouche, ça ne les a pas convaincu ?"

Camel : "Non, je n'ai pas compris, ils m'ont remercié du service rendu et m'ont donné l'adresse d'Antonio Carlos. Ils vous a pas dit comment agir dans ce cas là, votre ancien ?"

Sébastien : "Non, il m'a dit que ça marchait quand on prenait le meilleur joueur de l'équipe."

Camel : "Cela dit, le meilleur joueur d'Ajaccio, je ne savais pas trop lequel choisir, alors j'ai pris le premier dans les Pages Blanches. Si ça se trouve, j'ai pas pris le bon."

Gaël : "D'autant que selon les anciens, les méthodes différent pour réussir. Je dis ça parce que moi, j'ai appelé Michaël Madar, je lui ai décris notre entraînement, l'environnement, l'hygiène de vie et tout, eh bien, il m'a dit de ne rien changer."

 

Et bien non, les Ajacciens ne tiennent pas à récupérer Andre Luis, qui sera laissé dans les vestiaires en partant (on n'allait quand même pas le ramener à Monaco) et ça ne leur manquera pas beaucoup. Emmenés par un Stéphane déchaîné, les Ajacciens l'emporte sur un but inscrit par un autre ancien de la maison rouge et blanche, Moussa, profitant d'une boulette de Flavio. Après, pschit ! Cela dit, les monégasques prouvent tout de même qu'ils jouent le jeu jusqu'au bout et ne faussent pas le championnat, ils pensent bien à donner trois points à toutes les équipes qui en ont besoin pour se maintenir. Après, c'est la même rengaine.

Laurent : "Ben, allez, faut parler, là !"

Francesco : "Non, je n'ai plus de carburant, je vais être insultant."

Laurent : "Essaye avec la bombe à froid du kiné."

Francesco : "Pas bête. Docteur, tu peux montrer ta trousse de pharmacie ?"

Flavio : "Je suis désolé pour le but, mais c'est ma jambe, elle est toute engourdie par la longue inactivité."

Javier : "Faut t'en faire une autre, tiens, voilà la carte de celui m'a construit les miennes. Par contre, faut faire gaffe, à l'entretien, c'est contraignant mais fiscalement, on s'y retrouve."

Flavio : "Oh non, du bionique, ça me tente pas trop."

Javier : "Il fait aussi la greffe de membres, mais il faut amener l'exemplaire soi-même."

Flavio : "Ah mais oui, je le connais, ton bonhomme, c'est celui qui avait greffé un genou du yéti à Dado ! Ça me revient, maintenant."

Bruit de respiration dans une bouteille sous pression.

 

Francesco : "Aaaaaah ! Bien, comme idée, Laurent, je double ta prime ! C'est pas le même effet exactement, mais on le sent passer agréablement quand même ! Je vous aime, mes enfants, vous avez livré une prestation excellente, il n'aura manqué qu'un peu de chance et ça ira comme sur des roulettes. Franchement, les explications de la défaite, j'en vois pas, on a fait tout ce qu'il fallait. Mais qu'est-ce qu'on peut contre la déveine et un gardien en état de grâce ?"

Camel : "C'est bien joli, mais maintenant, coach, c'est quand qu'on va où ?"

Francesco (inspire un grand coup les yeux exorbités) : "Ouaaaah ! La vache, le retour, il est terrible. Ouh, oui, elle fait mal, la descente ! Bande de brêles ! Mais vous n'êtes pas foutu de faire trois passes, vous n'êtes que des sous-hommes !"

Il envoie un direct sur Olivier K. qui tombe à la renverse.

 

Olivier K. : "Mais j'ai rien dit, moi !"

Francesco : "Pas grave, ça défoule. Et de toute manière, toi, je ne t'aime pas, alors, ce que tu penses, je m'en fous. Bon, où qu'il est, ce président de mes deux, qu'il me prolonge mon contrat ?! Et j'ai encore les baveux scribouillard à aller voir, me font sérieusement chier avec leurs questions à la con, ces plumitifs !"

Gaël : "Dites, il faut qu'il en reprenne avant de faire une connerie."

Sébastien : "Pourquoi ? Ça peut être rigolo."

Gaël : "On a dit : «seulement s'il est en face de Gilles Verdez», donc non."

Camel : "Si vous voulez, j'ai une bouteille de Banga."

le docteur : "Moi, il m'a vidé tout mon bidule à froid. J'ai bien du mercurochrome, mais je ne suis pas sûr du résultat."

Sébastien : "C'est pas du mercurochrome, ça, c'est de la grenadine !"

le docteur : "Merde, je me suis gouré de bouteille !"

Javier : "L'huile que je mets dans mon genou, ça ira ?"

Gaël : "On va essayer, tenez coach, buvez ça. Très bien, alors, votre prolongation de contrat ?"

Francesco : "J'entends ceux qui veulent que je parte, mais j'entends aussi ceux qui veulent que je reste."

Gaël : "C'est bon, on peut le laisser y aller."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 31 mars 2006

Le bureau de Gérard, un entretien d'importance, paraît-il. En effet, c'est la première personne a avoir répondu positivement à la petite annonce dans France Football qui vient, alors pour Gérard, c'est tout nouveau, il va devoir choisir un entraîneur qui amènera l'ASM vers des sommets.

Gérard : "Bonjour, asseyez-vous."

Eric : "Putain, tu ne me dis pas ce que je dois faire. Je ne suis plus un enfant, on ne me donne pas d'ordre."

Gérard (piochant dans ses questions de relance toutes faites) : "C'est-à-dire ?"

Eric : "Je suis un homme libre, quand je veux voir le soleil se lever sur les dunes de l'Alaska, je le peints et je le mets à ma fenêtre. Ma peinture, c'est une fenêtre sur le monde libre quand vous, vous restez enchaînés à vos basses manoeuvres terrestres."

Gérard : "Moui, vous venez au sujet de l'annonce pour un poste d'entraîneur, c'est cela ?"

Eric : "A ton avis, ducon ?! Bien sûr que je viens pour ton annonce, mais je viens aussi pour la mienne, d'annonce, celle que je vais te faire, celle qui va te dire que tu dois me prendre. Ici, c'est moi, le patron et toi, l'employé. C'est moi qui te propose de me prendre, pas l'inverse. Je suis mon patron comme un écureuil collecte ses noisettes sans tenir compte de l'avis du chêne et pourtant, les richesses, c'est le chêne qui les distribue."

Gérard : "Vous cueillez des noisettes sur un chêne, vous ?"

Eric : "Putain ! Je te parle de l'avenir de ton club et de philosophie de vie et toi, tu me parles d'arbre !"

Gérard : "Oui, vous avez raison, parlons de vous. Avez les diplômes qu'il faut ?"

Eric : "Les diplômes ? C'est un morceau de papier et le papier, ça ne juge pas l'homme. Quand Verlaine quittait Besançon pour la Motte-Picquet-Grenelle, il passait des diplômes ? Non, un artiste, ça ne se juge pas par des conventions, l'artiste, il vit dans son univers. Ce sont les hommes qui doivent réclamer l'imprimatur de l'artiste, par à l'artiste de s'abaisser au niveau des hommes."

Gérard : "Voui, voui, voui, voui, voui. Et, vous avez une lettre de recommandation ?"

Eric : "Bien sûr, que j'en ai, des recommandations. J'ai le soutien ... j'ai le soutien de Cantona ! Putain, tu ne comprends rien ou quoi ?! Je t'ai dit que l'artiste, celui qu'on doit écouter, c'est moi et que toi, tu n'es bon qu'à signer des chèques. Toi comprendre ?! Oh, et puis, tu es trop con, je m'en vais."

(le téléphone sonne avec à l'autre bout Michel)

 

Michel : "Alors, cet entretien, qu'est-ce qu'il a donné ?"

Gérard : "A mon avis, il ne faut pas le prendre. Quitte à en avoir un qu'on ne comprend ce qu'il fait, je préfère encore l'autre. Il est moins charismatique."

Michel : "Charismatique ?"

Gérard : "Ben ouais, Guidolin, il s'énerve moins que celui que j'ai reçu, là."

Michel : "Ah, c'est caractériel, que tu voulais dire ?"

Gérard : "Non, moi, je voulais dire qu'il s'énerve trop vite."

Michel : "Dis comme ça, alors, on comprend mieux."

 

Mais, avant match, c'est aussi la révolte des joueurs qui décident de se prendre en main et de ne plus se contenter d'écouter les prédictions pleines d'optimisme de Francesco.

Camel : "Qu'est-ce que vous faites ?"

Gaël : "On a pris conseil auprès d'un ancien, un qui a connu une finale de Coupe d'Europe, du temps de Wenger."

Camel : "Il y a eu une finale de Coupe d'Europe sous Wenger ?"

Gaël : "Ben oui, en 1992, en Coupe des Coupes. Tu ne regardais pas les matches à la télé ?"

Camel : "Regarder la télé après 21 heures ? Mais ma maman n'aurait jamais accepté !"

Sébastien : "Bref, on a trouvé le nom de cet ancien dans l'annuaire, on l'a appelé et ils nous a dit comment s'y prendre pour neutraliser la star de Sochaux et ses copains."

Camel : "Ah. Et il vous a vraiment dit de le ficeler au milieu du vestiaire et de le frapper ? S'il n'y avait que ça, j'aurais pu le dire aussi."

Gaël : "T'y comprends rien, on parle d'un avis d'expert. Comme on a besoin de trois points, on l'enlève pendant quelques jours (ça en fait trois qu'il est là, on le nourrit avec une paille grâce à un trou dans son bâillon), on le tabasse, on fait des photos qu'on envoie aux Sochaliens et on le leur rend seulement en échange de trois points."

François : "Le problème, c'est que pour l'instant, ils veulent nous payer en Peugeot 404. Non mais, ils ont vu comment on vit, ici ? Ils veulent qu'on se fasse remarquer par un mode de vie incohérent avec l'entourage et le salaire ?!"

Sébastien : "Alors, tant qu'ils ne nous promettent pas trois points, on le garde. Eventuellement, s'ils ne tiennent pas leur promesse, on leur transfère Licata."

Camel : "Qui ?"

Gaël : "Licata, le type qui vient de Louhans-Cuiseaux."

François : "Tiens, ça me rappelle, moi, j'ai un pote qui habite Saint-Denis-Saint-Leu."

Mickaël : "C'est bon, rendez nous Ilan, voilà votre promesse de trois points signée."

Marco : "Qué saille ?"

Gaël : "Il dit qu'ils cèdent et qu'on va gagner."

Marco : "Ah, well done !"

 

Weldon : "Hein ?"

 

Mickaël : "Mais non, personne ne t'a appelé !"

Sébastien : "Bon, ben vous l'embarquez, Ilan, on ne va quand même pas utiliser notre vestiaire comme garderie."

Camel : "Mais vous êtes vraiment sûr qu'ils faisaient ça, avant ?"

Gaël : "Ben, oui. En tout cas, le type qu'on a trouvé dans l'annuaire, il faisait partie de la liste de l'effectif de cette époque, non ?"

Sébastien : "Je me suis peut-être trompé de ligne dans l'annuaire, ça, je ne dis pas. Mais bon, je suis quand même quasiment sûr d'avoir appelé Youssef Fofana et j'ai suivi tous ses conseils. Par contre, je ne sais pas s'il mentionnait Diego et Lucas, mais il n'arrêtait pas de nous appeler «Gang des barbares», mais à part ça, je n'ai rien remarqué de bizarre."

 

Et effectivement, les sochaliens ont traîné une apathie certaine durant tout le match. Et d'entrée, Javier reprend de la tête (qui a fait un gros «bong» à cause du fonte dans lequel on a moulé le crâne pour le solidifier) un centre de Douglas et ouvre le score. Une pluie de confettis de chips prémâchés arrive alors sur le terrain (car l'apathie vient en mangeant) lorsque Marco double la mise, alors qu'on jouait depuis à peine un quart d'heure. En seconde mi-temps, le spectacle continue, les francs-comtois perdent un nombre incroyable de ballons et dès le début de la seconde période, Olivier K. ajoute un but puis, à l'heure de jeu, c'est le doublé par Marco. Cependant, les cris orgasmiques ouïs par le public choquant les rombières de la tribune princière, le service d'ordre se voit contrait d'expulser une supportrice en transe mangeant sa casquette Ferrari pour se retenir de hurler à nouveau. On approche même l'émeute (dans un contexte monégasque) vu qu'un gamin vêtu d’un pyjama Zizou Dieu attaque alors un policier en le mordant au mollet puis en lui donnant frénétiquement des coups de poing à la cuisse tout en hurlant : "Laissez là tranquille ! Vous n'avez pas le droit de toucher à Pipette, elle est à moi, à moi, à moi tout seul !" Sur le terrain, en guise de remerciements, Ilan marque un penalty. Victoire haut la main, que demander de plus ?

 

Francesco : "Je l'avais dit, notre politique va payer et voilà ! Ça, c'est la preuve que j'étais dans le vrai, maintenant qu'on n'a plus la malchance contre nous, on va entamer une remontée inarrêtable ! Nous allons tout gagner, ça fait 67 points, si Lyon les perd tous, on est champions. C'est pourquoi je rehausse ce soir notre objectif de la troisième place à la première."

Camel : "Vous ne lui avez pas dit ?"

Gaël : "Pour les conseils de l'ancien ? Oh non, ce n'est pas la peine, regarde, il est content, comme ça, ce serait bête de lui gâcher sa joie."

Francesco : "Alors, on va être champions, hein ? On y ira, en finale de la Ligue des Champions, après et ensuite, on sera les rois. Pour moi, tout est clair, l'horizon se dégage."

François : "Entre nous, il n'y a pas que l'horizon qui va dégager."

Francesco : "Dites, répondez moi !"

Sébastien : "Moi, chiper le titre à Lyon, ça ne m'arrange pas trop, vu que je vais y aller l'été prochain."

Gaël : "Tu ne peux pas, ils ont déjà Müller, à la place."

Sébastien : "Non mais, j'ai dit Lyon, mais, si ça se trouve, ce sera Manchester ou Münich."

François : "City ou 1860, tu veux dire ?"

Sébastien : "Mais je vais partir dans un grand club cet été, ils m'ont donné un bon de sortie."

Gaël : "Ça fait déjà un bon dans l'équipe."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 31 mars 2006

A Metz, tout est redevenu possible, l'espoir est de retour, l'euphorie est omniprésente, les oiseaux chantent, les enfants dansent, les chiens remuent la queue en rythme, les chats ronronnent, les escargots bavent, le soleil est radieux, les lyres scande le nom de Dieu (qui n'exclut pas d'y faire un tour pour remercier), le vent emporte les mamies au loin, les cloches sonnent à tout rompre, des farandoles de joie parcourent les rues, bref, c'est l'allégresse. Tout ça pour quoi ? Roy a marqué un but. Un vrai but, fait exprès, sans bourde du gardien, sans cadeau de la défense. Un but, quoi. Et pas contre Mouilleron-en-Pareds ou Nouhan-le-Fuselier, non, non, non, contre une équipe de Ligue 1 et la meilleure défense, en prime, Bordeaux. Battre l'OM, ce n'était un motif d'y croire en soi, Ajaccio l'a bien fait, mais que Roy marque un but digne de ce nom, ça, c'est une preuve que tout est possible et pourquoi pas, le maintien de Metz, allez savoir. Alors, une mentalité de guerrier est prégnante dans le vestiaire lorrain, les locaux trouvant sans doute leur envie de se battre jusqu'à la mort dans leur mascotte agressive, dans leur entraîneur charismatique et dans leur président de combat.

Joël : "Les enfants, s'il vous plait, vous essayez de gagner, avec ... euh ... de l'envie et, si vous pouvez, de la motivation."

Carlo : "Si on ne gagne pas, ça sera la Ligue 2 la saison prochaine, hein, aller à Clermont en novembre, recevoir Istres ou Libourne comme sommet de la saison, alors, si vous voulez encore jouer des grosses équipes avec des joueurs qui passent à la télé, il faut gagner."

Joël : "Ou essayez, au moins, je vous en prie."

Carl : "On peut changer de mascotte, au moins ? Elle me fait peur, celle-là, je la trouve trop agressive, j'en fait des cauchemars la nuit, où elle me poursuit jusque dans les chiottes pour me voler mon peigne."

Roy : "Tu as un peigne dans les chiottes ?"

Carl : "Non, mais c'est un rêve, il y a toujours des trucs bizarres, là-dedans."

Grégory : "C'est vrai, moi, la nuit dernière, j'ai rêve que j'étais un trappeur hindou qui chassait la belette mais que je n'arrivais pas à attraper mon fusil car un martien l'avait enduit d'huile d'olive rance. Alors, comme j'avais une aile froissée, j'ai dû rentrer en montgolfière jusqu'à la station-service de Baïkonour. Mais après, ça allait, les lutins ont remonté mon montre - sabre laser pour dix jours et j'ai pu battre le docteur Robotnik."

Joël s'installe au piano.

 

Joël : "S'il vous plait, essayez un peu d'écouter votre président, je vous en supplie."

Il joue une complainte.

 

Carlo : "Je vais vous dire, pourquoi il faut que vous gagnez. Quand j'étais petit, papa buvait et battait maman quand il ne travaillait pas à la mine. Et elle, comme elle était triste, elle me battait aussi, mais je savais qu'au fond d'eux, ils m'aimaient. C'est quand mon père est mort, d'un cancer infectieux de la cirrhose du foie, que j'ai compris, il m'a tout raconté dans son dernier râle. Le patron ne les payait pas, ils devaient travailler sans outils, aller chercher le charbon à la main, sans galeries, chacun avait son trou car les autres rejetaient papa sous prétexte que c'était un italien."

Joël : "Italien qui avait été chassé de son pays et renié par sa famille."

Carlo : "(bas, à Joël) T'arrête pas de jouer, toi. (à l'assistance) Quand il rentrait, il était couvert de terre et de charbon, on le raclait avec des truelles pour récupérer de quoi se chauffer un peu, alors, forcément, on a attrapé la scarlatine et il en est mort. J'ai perdu ma maman ensuite, morte de chagrin, alors que je n'avais que huit ans, j'ai dû cacher ça à l'école sinon ils me plaçaient dans une famille d'accueil dont je savais qu'ils violaient les enfants, je ne mangeait que le midi à la cantine, les miettes que les autres, qui ne m'ont jamais aimé, voulaient bien me laisser. (il se retourne furtivement pour s'arracher un poil de nez afin d'avoir les larmes aux yeux) Je n'ai vécu que dans le malheur, mais, quand j'ai eu treize ans, le jour de l'enterrement de mon père, j'ai juré que je le rendrai fier. Alors, s'il vous plait, gagnez. Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour moi et surtout, faites le pour lui."

L'assistance est en pleurs malgré le solo style jazz de Joël à qui Carlo lance un regard noir qui voulait dire : "Ça te dirait de te faire encore remplacer par Cartier ?"

 

Mais, sans doute aveuglés par leurs larmes, ils sont dominés par les monégasques en première mi-temps avec comme zénith un jeu à une touche de balle (modulo 20) avec Gaël, Marco et Olivier V., Manuel qui récupère le ballon on ne sait comment et centre pour la tête de Marco qui fait mouche. Tout occupé à crier des insanités en italien devant la camera et à destination de Christian (qui de toute façon, à cette heure-là, est occupé à dîner avec la formule Maxibouffe chez McGerbal), il ne prend pas garde aux projectiles divers envoyés par une fan hystérique : paquets de chips vides, T-Shirt I love Inzaghi, Ham-Ham en peluche, gaine, voisins de tribune ... Mais un nouveau monologue de Carlo, avec Joël jouant cette fois de la harpe, remonte les messins comme des pendules de Jean-Pierre Foucault. Sur un corner, Sébastien hypnotise Jaroslav et le fait marquer un but contre son camp du genou. Puis, Flavio encaisse un deuxième but sur un tir messin dans ses bras mais ça faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus joué, il ne sait plus comment on fait pour faire un arrêt. Les supporters monégasques (12 000 selon les organisateurs, 5 selon la police) font valoir leur désappointement envers les derniers résultats mais dans le vestiaire, tout le monde n'est pas abattu.

Lucas (claque sur l'épaule de Javier) : "Alors, nouvelle défaite, hein ?"

Javier : "Fait gaffe, c'est une épaule de titane de synthèse, elle m'a coûté deux patates (en euros) !"

Gaël : "Oui, ben ça va, on va finir par le savoir, combien tout ton corps t'a coûté, t'as passé le match à te plaindre auprès des défenseurs d'en face."

Douglas : "Alors que de moi, aucun adversaire ne s'est plaint."

Lucas : "Oui, ben ça se saurait, aussi."

Francesco : "Ecoutez, on a perdu, OK, mais on a encore fait un grand match, c'est juste une histoire de pas de chance. Franchement, sans les sélections nationales cette semaine et les blessés, avec un arbitrage moins défavorable et plus de réussite, on passait. C'est rageant mais il faut persévérer."

Gaël : "Il y a des supporters qui ont crié «Guidolin démission», quand même, ça commence à sentir le roussi."

Francesco : "Mais j'entends ceux qui crient «Guidolin démission», mais j'entends aussi ceux qui ne crient pas «Guidolin démission». Ce n'est pas le kop qui gouverne, l'AS Monaco a des institutions, il faut les respecter."

Lucas : "Ouais, enfin, on est douzième maintenant, alors qu'il y a trois mois, on jouait la troisième place."

Francesco : "J'entends ceux qui me disent «Ouais, enfin, on est douzième maintenant, alors qu'il y a trois mois, on jouait la troisième place» mais j'entends aussi ceux qui ne me disent pas «Ouais, enfin, on est douzième maintenant, alors qu'il y a trois mois, on jouait la troisième place». L'ASM a besoin qu'on la prenne sauvagement, ça la démange dans le bassin."

Jaroslav : "Ce n'est pas pour vous mettre la pression et vous décevoir, mais j'ai vu une annonce dans France Football qui correspond."

Francesco : "J'entends ceux qui me préviennent «Ce n'est pas pour vous mettre la pression et vous décevoir, mais j'ai vu une annonce dans France Football qui correspond» mais j'entends aussi ceux qui ne me préviennent pas «Ce n'est pas pour vous mettre la pression et vous décevoir, mais j'ai vu une annonce dans France Football qui correspond»."

Jaroslav : "Quand même : «club ventre mou ch coach amb dipl pr ldc beau jeu et plus si affinités», avouez que ça y ressemble. Ou alors, c'est Nantes."

Francesco : "Je lis les annonces qui cherchent «club ventre mou ch coach amb dipl pr ldc beau jeu et plus si affinités» mais je lis aussi les annonces qui ne cherchent pas «club ventre mou ch coach amb dipl pr ldc beau jeu et plus si affinités»."

le délégué : "Dites, pour le contrôle antidopage, c'est quand vous voulez, mais je n'ai pas toute la soirée."

Lucas : "Vous devriez plutôt contrôler le coach, il doit prendre des trucs plus bizarres que nous."

le délégué : "Des trucs bizarres ? Vous prenez des trucs bizarres ?!"

Lucas : "Hein ? Moi, j'ai dis ça ? Non, non, non, je ne prends pas de trucs bizarres ou alors on ne me l'a pas dit et on m'en a fait prendre à mon insu et en toute petite quantité, en plus, et c'est thérapeutique et puis c'est même pas interdit vu que c'est tout nouveau."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 31 mars 2006

Moscou, Moscou, jette le verre contre le mur, la Russie est un beau pays, Moscou, Moscou, ta renommée est si grande, la nuit on fait une fête de tous les diables, Moscou, Moscou, l'amour a le goût du caviar, les demoiselles sont avenantes, Moscou, Moscou, monte et danse sur la table, jusqu'à ce qu'elle casse. Moscou, Moscou, on y boit la vodka pure et fraîche, ça rend centenaire, Moscou, Moscou, quand les verres sont vides, il y en a encore tant dans la cave. Gérard et Michel se déplacent dans un taxi à la conduite typique (à fond en zigzag sur le trottoir mais en klaxonnant quand même pour prévenir) pour se rendre à un rendez-vous de première importance. Mais avant cela, le trajet est aussi l'occasion de faire un dernier briefing.

Michel : "Au fait, comment ça se passe, avec l'équipe, maintenant ?"

Gérard : "Ben, plus ou moins, on fait aller, mais il y a quelques petits problèmes. Cela dit, j'ai parlé à Guidolin et il m'a affirmé que tout va déjà très bien et que ça ira mieux, pour l'instant, c'est que de la malchance mais on est les meilleurs. Enfin, moi, je vous dis ça, je répète, moi, j'y connais rien, à peu près."

Michel : "De toute façon, ce n'est pas grave si on a quelques échec, si l'an prochain, on doit passer par le tour préliminaire de la Ligue des Champions, on s'en contentera."

Gérard : "Euh, ouais, mais il faut pas trop s'emballer, hein !"

Michel : "Encore la Coupe de l'UEFA ?! Ce serait barbant, mais bon, tant pis."

Gérard : "..."

la radio : "Glotch popoye Babouchka Lapeirov dioutch Lochovski : «Kroutch popov fraboulitch gazbot» ? "

Michel : "Eh bien ?"

Gérard : "..."

la radio : "Sacha Guitry !"

Michel : "Eh, tu ne dis rien ?"

Gérard : "..."

la radio : "Brvko raipotch amiralovski !"

Michel : "Bon, alors, dis moi, on est au-delà de la cinquième place, c'est ça ?"

Gérard : "..."

la radio (en chanson) : "Graztev klotuych tempov cathedraaaaaaalovitch !"

Michel : "Bon, fais voir le journal, j'aimerais voir où on en est !"

Gérard : "J'ai essayé, mais c'est comme tout ici, ils écrivent tout en caractères bizarres. Y a qu'à voir comment ils écrivent URSS, franchement, ils voudraient qu'on se plante, ils feraient pas autrement. C'est comme ça qu'ils ont vendu Yanovski et Semak au PSG, d'ailleurs, eux, ils pensaient en avoir d'autres."

Michel : "Et Licata, tu pensais à qui, quand tu l'as pris ?"

Gérard : "Ah non, lui, je n'y suis pour rien, c'est votre conseiller spécial qui nous l'a fait prendre. Au fait, pour venir ici, c'est lui aussi ?"

Michel : "Oui, d'après lui, Moscou est le phare de la civilisation, en coopérant avec eux on atteindra rapidement l'excellence. C'est du sûr."

Gérard : "N'empêche que j'ai comme l'impression de me faire entuber."

Michel : "C'est le cas, tu t'es assis sur la poignée de la vitre."

Gérard : "Ah oui, c'est vrai."

le chauffeur : "Dabor karotchy depritsky tamov frentetoï."

Michel : "Qu'est-ce qu'il dit ?"

Gérard : "Dabor karotchy depritsky tamov frentetoï."

Michel : "Ben oui, mais ça veut dire quoi ?"

Gérard : "Ah j'en sais rien, j'ai pas fait grec comme langue vivante, moi, j'ai fait anglais - arts plastiques."

le chauffeur (encore plus rouge) : "Karataboutch !"

 

Heureusement, tout s'arrange quand intervient le représentant du Dinamo Moscou qui paye le taxi (c'est ça qu'il voulait, en fait) et entame les négociations de l'accord.

Dinamo : "si je vous ai fait venir ici, c'est pour finaliser notre accord de coopération. Vous avez des qualités que vous pouvez mettre en oeuvre pour nous et nous pouvons sans doute aussi vous aider sur certains points."

Gérard : "Oui, vous avez une pelouse qu'on peut emporter avec nous ?"

Dinamo : "Pardon ?"

Michel : "Non, ne l'écoutez pas, il est là parce que bon, ma secrétaire m'a dit que sa signature importait mais c'est moi l'interlocuteur valable."

Gérard : "Je sais, mais je voulais en profiter pour rendre service. C'est vrai, quoi, on en a pas de pelouse, ça pourrait servir."

Michel : "Mais si, le type de Jardiland est passé pour en installer une nouvelle."

Gérard : "Ouais, mais il y a Perez qui a fait un tacle dessus pour la tester et il a fait une tranchée de quinze mètres de long."

Dinamo : "Vous le dites, si je dérange."

Michel : "Pardon, allez-y."

Dinamo : "Donc, ce que je vous proposait, c'est de faire un échange de qualités, vous nous envoyez des espoirs à aguerrir et on vous envoie des joueurs utiles, par exemple."

Michel : "Tu connais leur équipe ?"

Gérard : "Ah ouais, il y a un type qui m'a l'air pas mal, Costinha, qu'il s'appelle. Mais bon, je ne sais pas trop ce qu'il vaut vraiment ni s'il pourrait s'adapter à la vie en France."

Michel : "Et à la place, on ne peut pas avoir de l'argent ?"

Dinamo : "C'est là que cet accord prend tout son intérêt. En gros, j'envoie de l'argent sur un compte bancaire monégasque qui le répercute sur une société aux Iles Caïman. Là, vous vendez un joueur à un club suisse de deuxième division en envoyant des commissions à une entreprise spécialisée sise en Islande que l'on ferme alors et que l'on ouvre sous un autre nom à Jersey, puis on reprend le joueur à l'aide d'une société écran libyenne, en versant naturellement les commissions qui vont bien sur un compte caché au Liechtenstein. Et c'est là que ça devient subtil, le joueur est vendu à l'OM qui le prête au PSG, Rolland Courbis nous offre sa part du fait de la dernière lettre de menaces qu'on lui a envoyé et on vend ses droits d'image à Sport+. Au final, on y gagne tous, non ?"

Gérard : "Si le joueur, il doit être bon, ça va être difficile dans trouver un bien. Par contre, ça marche aussi avec la pelouse ?"

Michel : "En fait, votre machin, c'est un peu illégal, non ?"

Dinamo : "Tant que ça ne se voit pas, non."

Michel : "Je pense que ce serait bon d'y réfléchir."

Gérard : "Pourquoi ? Ça a l'air bien, non ?"

Michel (en serrant les dents) : "Mais tu vas la fermer, ta grande gueule ?!"

Dinamo : "Voyez vous, vous n'avez pas le choix. Les messieurs au fond de cette pièce sont armés jusqu'aux dents, rompus à toutes les formes de combat, capables de survivre pendant trois semaines dans la jungle (ne demandez pas ce qu'ils pourraient foutre dans la jungle). De plus, si vous ne signez pas, le siège ici va se retourner et je vais disparaître dans un rire sardonique alors que toute la pièce se remplira de gaz que j'ai piqué dans les réserves spéciales du FSB prévues en cas de prise d'otage par des Tchétchènes. Enfin, j'ai à ma disposition dix têtes nucléaires que je me ferai un plaisir d'envoyer sur votre putain de ville pleine de plésiosaures édentés et incontinents. Alors, c'est vous qui voyez."

Michel : "Bon, bon, je pense qu'on va signer, alors. Mais c'est bêta, mon stylo n'a plus d'encre."

Dinamo s'empare du canari qui traînait dans une cage et lui arrache la tête avec ses dents.

 

Titi : "Non mais il est encore plus méchant que Rominet, celui-là !"

Dinamo : "Vous pouvez signer à l'encre rouge avec son sang, ça sera reconnu par les pouvoirs publics, ce sont des amis."

Michel (signe) : "Voilà, voilà, pas la peine de s'énerver."

Gérard : "C'est marrant, elle me dit quelque chose, sa voix."

Michel : "C'est vrai, pour moi aussi. Mais ... mais je t'ai reconnu, c'est toi, Fantaulas !"

Dinamo s'enfuit avec l’accord signé à bord d'une navette spatiale à hélice avec Richard Virenque qui pédale.

 

Dinamo : "Vous ne m'aurez jamais ! Ha ! Ha ! Ha !"

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Jeudi 9 mars 2006

Plus de championnat, plus de Coupe de France, plus de Coupe de la Ligue, plus de Coupe de l'UEFA, il ne reste plus rien à gagner pour les Monégasques dans cette fin de saison, à part peut-être un tournoi de sixte organisé par l'association des tétraplégiques de France. Comme il n'y a plus d'enjeu, la direction a décidé de faire réapprendre les bases du football par des experts. Bon, experts en football, ils n'ont pas trouvé, alors le cours est donné par des experts en autre chose.

Igor : "Le football repose essentiellement par le mouvement du ballon, mais qu'est-ce qui influe sur lui, Grichka ?"

Grichka : "Eh bien Igor, la courbure de l'espace-temps peut entraîner un déviation de la trajectoire lorsqu'on est dans le référentiel du gardien, la ballon tel qu'il le voit connaît alors une transcendance de son état par son passage dans un espace-temps parallèle."

Igor : "Exactement, Grichka, ce passage est rendu possible par le retour à un espace de Planck, celui qui recrée le cosmos tel qu'il était lorsque le temps était ondulatoire."

Grichka : "Pour aller plus loin, Igor, il faut dire que la dimension nouvelle de la trajectoire se perd alors dans posture figée dans le temps dans sa dimension terrestre mais avec un écoulement spatial provoqué par la distorsion du continuum espace-temps."

Igor : "Tout à fait, Igor ..."

Grichka : "Non, moi, c'est Grichka, c'est toi Igor."

Igor : "Tu es sûr, Igor ?"

Grichka : "Mais assurément, Grichka, euh, non, Igor, c'est moi, Grichka."

Igor : "Attends, je regarde sur ma carte d'identité. Bon, admettons, c'est moi Igor et toi Grichka."

Camel : "Messieurs, je peux poser une question ?"

Igor : "Oui, qu'y a-t-il ?"

Camel : "En fait, qu'est-ce qu'il fait vraiment, le ballon ?"

Grichka : "On ne peut pas, et là, je parle sous le contrôle de ... de l'autre, là, on ne peut pas, disais-je, parler à proprement dire de ballon. Il s'agit plus exactement d'une instanciation du concept de ballon par prise aléatoire dans un échantillon, prise non bijective à cause d'une décomposition en série de Fourier contraire à la théorie des fractales appliquée aux quaternions. Ça répond à ta question ?"

Camel : "Euh ... oui. (en apparté aux autres) Tu parles, je me souviens même plus de la question avec son baratin."

Sébastien : "Mais le 4-4-2, est-ce que c'est bon, tout compte fait ?"

Igor : "Eh bien, ce n'est pas le système idéal. Une étude du professeur Borislav Brouchteniche, de l'université du goulag de Lulupetrosvk, a calculé, sur des bases statistiques comprenant l'intégralité des rencontres du championnat junior de Birmanie, le système tactique idéal."

Grichka : "Tout à fait, machin, en moyennant la tactique du vainqueur avec implication de l'expérience du capitaine selon la méthode de Cauchy-Tchebichev avec duplication statistique des moyennes pondérées par l'écart-type accessoire, on se rend compte que la tactique idéale est 3.6-2.1-4.7-3.6."

Igor : "C'est juste, toi, mais un inconvénient de cette tactique est qu'elle nécessite 14 joueurs plus le gardien, toutefois, en séparant les joueurs par centrifugation temporelle des instincts plurimémoriels, on retrouve une solution durable aussi longtemps que le césium 127."

Sébastien : "Et ça dure longtemps, le césium 127 ?"

Igor : "Trente millionièmes de secondes, mais en construisant le stade de façon a utiliser au maximum la courbure du système espace-temps, dont nous avons déjà parlé, on peut l'allonger à 90 minutes."

Grichka : "Exactement, petit con, et c'est ainsi que Marcus Fluvius, poursuivi par son courage extrème, se métamorphose en une magnifique tortue géante rouge et verte robotisée qui s'envole dans l'espace intersidéral."

Sébastien (en aparté) : "Quand même, je préfère Fred et Jamy avec leur maquette en playmobil, au moins, je comprends un peu."

 

Il faut croire que cette formation n'était pas adaptée puisque c'est une nouvelle défaite qui vient, contre Lille, cette fois, mais que par 1-0, vu qu'ils ont fait toute la deuxième à dix, juste comme ça, pour voir.

Grégory : "Désolé, bon match."

Francesco : "Ouais, ouais, c'est ça. Je fais honneur au foot, moi, monsieur !"

Grégory : "Vous savez, on fait avec ce qu'on a."

Francesco : "Bon, je vais être sport, vous souhaiterez bon rétablissement à votre entraîneur."

Grégory : "Pourquoi bon rétablissement ?"

Francesco : "Ben, je l'ai entendu, il a une extinction de voix."

Grégory : "Ah non, c'est naturel."

Francesco : "Et pourquoi il ne va pas en conférence de presse ?"

Grégory : "C'est juste qu'il n'a pas envie."

Entrée de Francesco dans le vestiaire.

 

Francesco : "Tout va bien, les efforts commencent à payer, sur le jeu, on est sans doute les meilleurs de France. D'accord, on a encore un léger déficit de résultat, mais ça n'empêche pas nos progrès de devenir patents."

Christian : "Il parle de nous, là ? Vraiment ?"

François : "Ben, faut croire. Ou alors, il a une télé et ESPN Classic Sport sur son banc."

Christian : "Ah non, ce soir, il y avait Galles-Irlande du Tournois de Cinq Nations de 1927. Je le sais, j'ai regardé."

Guillaume : "N'empêche que t'étais pas obligé de mettre du pop-corn partout."

Camel : "Monsieur, monsieur !"

Francesco : "Oui, mon petit."

Camel : "Quand on est-ce qu'on gagne ? Parce que moi, je commence à en avoir marre, encore ce matin, je sors pour aller à la confiserie et il y a tout le monde qui me regarde en riant."

Jaroslav : "Ah oui, mais ça, c'est pas à cause des résultats, tu avais gardé des chaussons aux pieds. Je le sais, je l'ai vu."

Camel : "Mes chaussons en forme de Ham-Ham ? Merde !"

Olivier K. : "Cela dit, il n'a pas tort sur un point, on commence à nous regarder bizarrement dans la rue."

Camel : "Alors, quand est-ce qu'on gagne ?"

Francesco : "Quand est-ce qu'on gagne, quand est-ce qu'on gagne et gnagnagna ! Ecoute, on pourrait gagner, hein, ne rien faire du match, rester en défense, marquer un but sur un contre pourri, ça, je peux faire aussi, merci bien !"

Olivier K. : "Tiens, ben voilà, ce serait une idée, ça !"

Francesco : "Sauf que nous, on fait rêver. Je préfère mille fois notre jeu léché, nos offensives enflammées, notre cohésion à toute épreuve, bref, tout le spectacle que l'on produit et les enfants qui s'endorment en se remémorant nos parties, à ces petits cons de Lille qui ne font rien et qui gagnent quand même. Ça, ça n'a aucun intérêt."

Olivier K. : "D'être bien classé et de jouer la Coupe d'Europe, quand même."

Francesco : "Ben quoi ? On la joue la Coupe d'Europe, cette année, non ? Et bien voilà, nous, on fait tout pour le plaisir de l'art, pas pour remporter des succès de voleurs. C'est tout."

François (en aparté) : "A mon avis, il essaye de se montrer à côté de la plaque pour se faire virer avec des indemnités."

Olivier K. (en aparté) : "Le pire, c'est que la direction est aussi à côté de la plaque, donc il risque de rester."

François : "A moins qu'ils ne soient pas du même côté de la plaque."

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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