Toute ressemblance avec des personnes ou faits réels n'est pas forcément fortuite

Il était une fois un club de Ligue 1 Opérateur-téléphonique-dont-on-taira-le-nom. Ce club ne possédait pas l'exposition médiatique de ses congénères parisiens et marseillais malgré ses efforts pour être ridicule. Il ne possédait pas non plus le succès du lyonnais malgré de bons résultats. Il n'avait pas non plus l'aura des camarades nantais, bordelais ou stéphanois malgré tous ses titres. Pas de journalistes, pas d'émeutes, pas de spectacle, pas de pelouse, pas d'ardent clair et pas en France, en fait, c'est comme Ajaccio mais en plus chic. Ce club existe et il le mérite. Ailleurs le tumulte médiatique et la passion footballistique ! Vade retro, prolétariat gavé de merguez-frites, saoulé de bière et pauvre comme un esprit de coureur cycliste ! Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Voici le feuilleton de l'AS Monaco.

 

Vendredi 5 mai 2006

Pendant que les Marseillais se préparaient activement, les Monégasques n'en étaient pas en reste. Certes, les consignes claires des dirigeants bucco-rhodaniens étaient marquées sur le tableau et semblaient surveiller leurs ouailles, en effet, avaient respectivement marqué, Louis : "leur marcher dessus dès la première reprise avant de les étaler dans le seconde par un uppercut du gauche", Jean : "on essaye de gagner, on fait son possible, on peut peut-être faire quelque chose", José : "des couilles et des grosses, on ne donne rien à ce bâtard de parisien mal bouchonné de Rocheteau" et Pape : "dans un soucis de progression rationnelle dans la voie d'élaboration de nouveaux objectifs d'une ambition primordiale sans être démesurée, il peut être envisagé d'utiliser dans cette joute ..." (le tableau étant alors plein, mais il n'avait qu'à ne pas passer en dernier). En face, c'est la routine et un match qui est pris comme les autres (c'est-à-dire à la queue leu leu), la parole de l'entraîneur étant encore religieusement écoutée (mais le public est à considérer comme athée).

 

 

Francesco : "Attention, les gars, c'est le match au sommet, on se doit de faire plaisir au public qui est venu en masse ce soir tout en restant dans la course à la troisième place."

 

Sébastien (en conciliabule avec les autres joueurs) : "Qui lui dit ?"

 

Flavio : "Ben, c'est toi le capitaine, non ?"

 

Sébastien : "Justement, c'est à moi de décider qui lui dit, mais je préfère que quelqu'un se désigne."

 

Douglas : "Déjà, il faut un joueur qui parle bien français, donc un français."

 

Marco : "Si ! Travail francese !"

 

Diego : "GROMPF !"

 

Javier : "Pareil ! Et puis, j'ai pas fini de huiler toutes mes articulations."

 

Jaroslav : "Glaboutch ! Davor sabitch karapotch totvski kletsch."

 

Lucas : "Ça veut dire quoi, ça ?"

 

Jaroslav : "Ben, c'est du tchèque, ça veut dire que je suis d'accord."

 

François : "De toute façon, on est tous d'accord pour dire que c'est à un Français de s'y coller car c'est une spécificité de sa nation, donc un problème intra-national qui ne nous concerne pas, nous, enfants du monde."

 

Sébastien : "Bon, les étrangers, vous partez, on va voir entre nous."

 

Lucas (à Jaroslav) : "Bon, maintenant, tu peux me le dire, ce n'est pas du tchèque, ce que tu as baragouiné, là ?"

 

Jaroslav : "Ben, non, j'aurais du mal à parler tchèque, j'en connais pas un mot."

 

Lucas : "Comment ça ?"

 

Jaroslav : "Ben, en vrai, je m'appelle Jean-Pierre Cauchy et je viens de La Motte-Beuvron. Le problème, c'est que si je le dis à tout le monde, c'est perdu pour la Coupe du Monde et, en prime, je vais devoir payer plus d'impôts.

 

Lucas : "Ah ouais, en fait, c'est juste une combine pour frauder le fisc que ne connaissent pas Florent Pagny et Richard Cocciante ?"

 

Jaroslav : "Ouais, en quelque sorte, mais c'est quand même balèze à monter, heureusement que c'est mon agent, Robert Nouzaret, qui s'est occupé de tout."

 

Sébastien : "Hep, Manu, tu reviens, tu es Français !"

 

Manu : "Moi ? Bof, je ne suis pas Français - Français, du moins, visuellement. Enfin, je me comprends. Et puis merde, j'en ai les inconvénients, j'ai bien le droit d'en avoir des avantages aussi !"

 

Sébastien : "Bon, il reste les deux Olivier, Arnaud, Serge, André et Camel. Ça fait pas lourd, quand même, il faudrait penser à recruter français, cet été."

 

André : "Des joueurs de Rennes, par exemple ?"

 

Sébastien : "Ouais, j'avais oublié les deux autres."

 

André : "Bon, moi, je compte pour du beurre, je suis huitième gardien, je ne suis là que parce qu'il y a plein de blessés. Et puis, j'ai pas fini mon tricot."

 

Arnaud : "Les jeunes, on est trop jeunes, donc on ne peut pas, je pense qu'on est tous d'accord."

 

Sébastien : "Tu vas un peu vite en besogne, là ?"

 

Arnaud : "Tu veux qu'on vote ?"

 

Sébastien : "Ouais, bon, ça va, barrez vous. Bon, c'est toi qui y va."

 

Olivier K. : "Pourquoi moi ? C'est pas juste ! En plus, j'ai pas de légitimité, je joue jamais."

 

Sébastien : "Moi, j'ai décidé que non car je ne veux pas. Et puis Camel, dès qu'il parle au coach, il se met à pleurer et l'autre ne comprend rien de ce qu'on voulait lui dire. Et puis, j'ai une belote qui va commencer."

 

Flavio : "Attends, Gaël n'est pas là, il manque un."

 

Lucas : "Quelqu'un est intéressé ?"

 

Camel : "Pour une bataille ?"

 

Lucas : "Non, une belote."

 

Camel : "Ah ben, non, je ne connais pas les règles."

 

Sébastien : "Attendez, je vais voir en face, sous prétexte d'être fair-play, capitaine et tout."

 

Olivier K. : "Hum, coach, je peux vous dire un truc ?"

 

Francesco : "Quoi ? Qu'est-ce que tu veux, toi ?!"

 

Olivier K. : "Ben voilà, vous avez dit encore plein de conneries dans votre speech. D'abord, l'histoire du match au sommet, ça ne se tient qu'à condition que vous ayez le sommet mal placé. Ensuite, votre truc du public à faire plaisir, ce sont surtout des marseillais, donc si on veut les contenter, il faut perdre (notez que ça peut être compatible avec l'application stricte de vos consignes). Et puis, la troisième place, franchement, vous y croyez sérieusement ?"

 

Francesco : "Merci de ton avis, j'en tiens compte en modifiant en conséquence l'équipe. Jaro, tu es titulaire côté gauche, et toi, tu vas sur le banc."

 

Olivier K. : "Et comment ça se fait que je joue pas ? Qu'est-ce que j'ai encore fait ?!"

 

Francesco : "Ecoute, tu vois le placard à balais, là-bas ? Eh bien va voir dedans si j'y suis !"

 

Sébastien : "J'ai trouvé quelqu'un !"

 

Fabien (entre une bouteille à la main) : "Il paraît que vous cherchiez un quatrième ? Si vous avez les cartes, moi, j'ai le pastis."

 

Toifilou : "Excusez-moi, les anciens collègues, mais vous n'auriez pas un marqueur ?"

 

 

Comme souvent quand deux grosses équipes s'affrontent, l'avant-match était plus intéressant que le match en lui-même (qui l'était pourtant). On retiendra qu'un centre de Camel a trouvé l'arrière du crâne de Javier (la garantie de l'avant ayant déjà expiré, il a préféré se tourner) qui lobe Fabien (qui engueulera pour la peine Fred, Habib et Taye). Victoire un but à zéro, pas de quoi sauter au plafond mais la joie prime quand même pour deux décideurs primordiaux (du moins, persuadés de l'être) qui ne se gênent pas pour la faire partager à leurs auditoires respectifs.

 

Francesco : "C'est magnifique, c'est formidable, on a battu une équipe européenne de qualité, en les dominant. Ça veut dire qu'en potentiel, on est troisième, donc qu'on mérite de l'être et sans l'héritage de Deschamps (et ses recrutements foireux genre Vieri), on y serait sans doute. D'ailleurs, c'est bien simple, depuis que je suis là, à part Strasbourg, on n'a aucune équipe qui a été meilleure que nous sur un match."

 

Camel : "Coach, est-ce que ça veut dire qu'en potentiel, on est dix-neuvième et que sans Deschamps, on y serait déjà ?"

 

Francesco : "Vois tu, Camel, la fonction d'entraîneur nécessite un recul et une mise en perspective des éléments qui permettent une vision, non pas objective, mais objectivement projetée sur l'avancée théorique initialement envisagée. C'est pour cela que tu ne seras jamais entraîneur, et c'est aussi pour cela que nous allons demander au CNE de nous attribuer, sur la base de ces critères irréfutables, d'ors et déjà la troisième place."

 

José : "Ouais, c'est bien ça, les gars. On leur a montré, aux parisiens du CNE, qu'on avait des couilles, qu'elles étaient grosses comme des aubergines et qu'on a pas peur de leurs décisions en formica. Là, pour l'instant, ils nous ont gardé un point, mais s'ils ont gagné, ces enculés de Paris de Rocheteau, c'est une victoire à la Pirès, on va les faire regretter ça et pas qu'un peu. Déjà, ce soir, on a fait mieux puisqu'on n'a pas perdu un point et ça, ça va les faire chier, mais bien. En plus, vu qu'ils ont des couilles ridicules, genre des olives, mais sans le noyau, ils vont se mettre à avoir peur, ils ont l'oeil dans la trompe et il les regarde cahin-caha. Vous avez voir, ils vont pas tarder à se mettre à pieds pour embrasser nos genoux et nous suppliez d'accepter les points qu'ils nous rendent. C'est bien simple, le CNE, ils vont nous donner tous les points qu'ils ont, même les points de côté de Rocheteau quand il fait son footing dans son bois de Boulogne de merde !"

 

Sébastien : "C'est bien gentil, tout ça, mais là, vous êtes dans notre vestiaire. Celui de l'OM, il est en face."

 

José : "Ah ouais ? Ben, euh, prouve le, gros malin !"

 

Sébastien : "Ben, là, il y a tous les monégasques et en face, il y a tous les marseillais."

 

José : "Ça veut rien dire, ça, ils se sont tous trompés et vous aussi, c'est possible, je le sais : on a tous cru qu'on allait marquer plein de buts avec Gimenez et Mendoza."

 

Sébastien : "En face, sur la porte, il y a marqué «visiteurs», c'est pas pour Christian Clavier."

 

José : "Eh, ça, ça veut dire que c'est moi qui a raison. Au Vélodrome, on va dans le vestiaire en face de celui où y a marqué «visiteurs» donc, ici, c'est ce vestiaire. Fastoche !"

 

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 5 mai 2006

Arrive ce qui est souvent un sommet du championnat, sauf quand l'un des deux clubs déconne à plein tube, ce qui est fréquent. Cet affrontement est assez régulièrement sanglant, mais pourquoi le serait-il ce coup-ci alors que les griefs des Phocéens sont tournés vers un grand lettré hirsute, hautain et mystérieux, aidé de son CNE de merde. Non, il ne s'agit pas d'une révolte de plus contre la politique du gouvernement français mais bien contre le retrait de point infligé par Dominique Rocheteau aux Parisiens et Marseillais. Si les monégasques s'en foutent (de toute façon, pour ce qui reste en jeu pour cette fin de saison), cela va de soi que les marseillais ne l'apprécient pas, mais alors pas du tout.

 

 

Pape : "Bien, si j'ai soumis victorieusement à l'actionnaire de l'entité sportive nous engageant cette idée de conciliabule en ce bureau occulte des installations sportives principautaires, c'est afin de s'accorder sur une position clairement définie à propos de la sanction du Conseil National de l'Ethique."

 

José : "Moi, si je le vois, cet enculé de parisien de Rocheteau, je ... euh ... ça va pas aller !"

 

Pape : "Allons, allons, José, il faut garder son sang-froid, nous examinons toute les possibilités d'appel qui, de par leur suspensivité immédiate, nous offre de quoi escompter une meilleure déférence des autorités."

 

José : "Ben, euh, je veux bien, moi, mais vous avez fait un truc ?"

 

Louis : "L'appel, je m'en suis occupé, comme j'ai vu faire par des amis : j'ai trouvé le numéro de Rocheteau dans l'annuaire et j'ai pris une grosse voix pour lui dire que s'il ne nous rendait pas fissa notre point, on allait lui en donner plusieurs, de poing."

 

José : "Eh, mais non, faux pas les donner, les points ! Ça va pas, toi, la tête ?!"

 

Pape : "Je pense que notre estimé collègue faisait de l'humour, possiblement mal venu, sur l'homophonie de la proéminence qui trône fièrement à l'extrémité du membre supérieur et de l'objet du litige à l'origine de notre actuel courroux."

 

José : "Ouais, exactement, ce pédé de Rocheteau, on va lui péter la gueule, pas lui donner des points ! Non, mais c'est vrai, quoi, s'il veut des points, il a qu'à aller les prendre à ces connards de parisiens, mais pas à nous, sans blague !"

 

Louis : "Mais c'est ce que j'ai dit, crétin ! Tu as du fromage blanc à la place du cerveau ou quoi ?!"

 

Pape : "Apaisons nous, cela est vain de se quereller ainsi. Ce que nous devons nous efforcer de faire est d'agir responsablement en vue de donner des gages de sérieux aux autorités théoriquement compétentes dans le but d'une compréhension de l'inanité de la situation actuelle et de la restitution conséquente des rémunérations sportives intangibles."

 

José : "Euh, ouais, en fait, on fait quoi ?"

 

Louis : "Je propose qu'on laisse Pape leur parler, avec un peu de chance, ils auront mal à la tête eux aussi et nous rendront le point sans discuter, juste pour avoir la paix."

 

José : "Ouais, mais on peut pas quand même leur dire de sanctionner plus durement le PSG ? On a des valeurs à respecter, quand même, sinon c'est tomber de Karen Cheryl en syllabes."

 

Jean (d'une petite voix) : "Excusez-moi ?"

 

Louis (regard noir et ton sec) : "Quoi !? Qu'est-ce que tu veux ?! Tu vois pas qu'on bosse, là !"

 

José : "Ouais, nous on s'occupe de rattraper vos conneries, alors laissez nous la paix tranquille sinon je vais déferrer la vache de guerre !"

 

Louis : "Qu'est-ce que tu racontes ? Ce n'est pas de leur faute, pour une fois, on doit récupérer les saloperies de Rocheteau. Et puis, c'est déterrer la hache de guerre, qu'on dit."

 

José : "T'es sûr, le hasch, c'est plutôt pour la paix, non ? Et puis de toute façon, ce Rocheteau, c'est un parisien, c'est juste pour ça qu'il nous punit. On peut le dire, ça ?"

 

Pape : "Je maintiens ma position (qui est également celle de Monsieur Acariès) qui consiste à requérir le silence de votre personne et de me laisser entière latitude dans la résolution de ce conflit."

 

Jean (tête rentrée dans les épaules, voix à peine audible) : "Dites ..."

 

Louis (se tourne nerveusement vers Jean, les narines s'agitant frénétiquement) : "Mais t'es encore là, toi ! J'espère que c'est important, pourquoi tu nous emmerdes, car pendant ce temps, les joueurs batifolent !"

 

Jean (tout rouge, mains dans le dos, pieds dansant lentement le twist) : "Pour les joueurs, j'ai laissé nos deux cadres, Barthez et Déhu, s'occuper dans la préparation le temps que j'aille vous voir. Voilà, il y a Maoulida qui veut savoir si vous n'auriez pas un marqueur car il a oublié le sien et aimerait bien marquer «souvenir du mercato» sur sa banderole de fortune. Voilà, pardon de vous avoir dérangé."

 

Louis (tape furieusement du poing sur la table, manque la table et tape sur le genou de José) : "Mais merde, à la fin, il nous fait chier ce con, déjà qu'il nous pourrit toutes les chaussettes, à la buanderie, ils ont menacé de démissionner, alors s'il veut un marqueur, qu'il vienne et je vais lui foutre dans son cul, après il se démerde pour écrire avec !"

 

José (se frottant le genou) : "Ouais, il m'échauffe les orteils, à moi aussi, à considérer que tout le monde a le temps de lire son truc en le montrant juste trois secondes. Bon, c'est pas pour moi, mais j'ai un copain qui a pas le temps de comprendre dans l'intervalle, alors c'est un peu une coupe épaisse dans l'eau."

 

Jean (se rapetissant à vue d'oeil) : "Je lui dirai, monsieur Acariès, soyez en sûr."

 

Sonia (entre dans la pièce) : "Excusez-moi, je suis la future ex-directrice de la communication d'ici, je passais dans le couloir et j'ai l'autre qui m'a sauté dessus, vous pourriez lui dire d'arrêter ?"

 

Franck (se frottant le bassin à la jambe de Sonia) : "Belle ! Belle ! Belle !"

 

Louis (se tourne vers Jean) : "Qu'est-ce qu'il fout là, lui ?! Il n'était pas censé être dans le vestiaire avec les autres ?"

 

Jean (dont seuls les cheveux dépassent du survêtement) : "Je ne sais pas, je ne comprends pas ..."

 

Olivier K. : "Excusez-moi, je regarde juste un truc."

 

José : "Putain, mais c'est pas vrai, un hall de moulin, ici, ou quoi ?!"

 

Olivier K. : "Non, il y est pas. Désolé de vous avoir dérangé."

 

Louis (l'attrape par le col) : "Non, avant de sortir, tu nous dit pourquoi tu viens nous emmerder !"

 

José : "Ouais, t'es un adversaire, donc un connard de parisien et par là, tu veux nous enlever des points pour les donner à Rocheteau !"

 

Jean tente de s'esquiver discrètement en tenant Franck en laisse, mais Louis s'en rend compte.

 

Louis : "La patate, tu restes ici, je veux savoir ce que font les joueurs dehors ! Je vois d'ici Cantareil, Taiwo, Gastine et Niang jouer à Un, deux, trois, soleil ! Il doit y avoir une bonne explication, non ?"

 

José : "Et puis, ils sont bêtes de jouer, Niang, à ce jeu, il est trop fort, on voit même pas la différence entre la phrase où on bouge et la phrase où on bouge pas. C'est un presque agitateur, comme David Copperfield."

 

Olivier K. : "Non, mais moi, c'est mon coach qui m'a dit d'aller voir dans cette pièce s'il y était quand je lui ai demandé pourquoi j'étais remplaçant. Et puis c'est pas de ma faute si Barthez est venu dans notre vestiaire faire le quatrième à la belote, il faut arrêter de nous accuser de tout, aussi !"

 

Louis : "Toi, dehors. Et maintenant, Fernandez, j'attends tes explications sur ce bordel."

 

José : "Quoi, ils ont un bordel ici ? Mais c'est pas l'égal de la règle, ça ! Nous, on se contentait de Clara Morgane, mais c'était en partenariat avec Canal+, mais eux, à part une princesse, c'est ... ah non, rien, attends pour moi, j'ai compris."

 

Samir (entre en pleurant) : "Coach, coach, ils sont méchants !"

 

Louis : "Mais c'est pas vrai ! Qu'est-ce qui m'a fichu une bande de bras cassés pareils ?!"

 

José trouve un soudain intérêt pour le dessous de la table, tandis que Jean prend Samir dans ses bras en le tapotant dans le dos, lâchant ainsi la laisse, Franck fonce alors dans le couloir mais rentre dans le vestiaire car, Diego ayant pissé, il a compris qu'il n'était pas sur son territoire.

 

Jean : "La, la, dis moi ce qu'il t'ont fait."

 

Samir : "Ben, comme Barthez, il est parti chez les autres et que Déhu, personne ne l'écoute, il y a Beye, Lamouchi et Civelli qui ont fait une guirlande avec mes vêtements et, en plus, il y a Carasso qui en a profité pour manger mon goûter."

 

 

Pendant tout ce temps, Pape était resté stoïque, les yeux clos, la tête reposant sur sa main, se tenant fermement le nez entre l'index et le pouce et expirant fortement de temps en temps. Tout se calme lorsque Robert appelle pour dire qu'il est au stade et qu'il ne comprend pas pourquoi il n'y a personne au Vélodrome alors qu'ils vont jouer.

 

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 28 avril 2006

Geoffroy-Guichard, le temple de la religion verte, chère au bon président Caïazzo ! Et cette soirée n'est pas n'importe quelle soirée, puisque le brave parmi les braves, Julien, malgré son nom de gâteau sec, se voit récompensé par l'ovation populaire digne d'un triomphe romain de sa 300e présence sur le terrain à une croisade verte. Et comme pour toute religion digne de ce nom, les propagandistes en musique sont là. Le communisme a Jean Ferrat, le catholicisme a Glorious, le bouddhisme a Séverine Ferrer et la foi verte a aussi ses chanteurs de louanges, non, il ne s'agit ni de l'ancien joueur à cheveux longs ni du rebelle trotsko-mao-communo-universal mais du trio bien connu, enjoués comme une baguette bien cuite, dynamiques comme Balladur hors du métro (chacun sait que, descendu sous terre, il se métamorphose en superhéros justicier en slip moulant sur le pantalon), avec un nom d'attraction cinéma à Disneyland, ceux qui ont réhabilité l'accordéon (quoi de plus normal pour une région restée bloquée à l'époque du giscardisme triomphant). Musique, maestro.

 

 

Mickey : "             Ce soir, est plein le Chaudron

 

                               Et Fred Piquionne a une tête de con

 

                               L'ambiance va monter d'un ton

 

                               Quand Fred Piquionne va tuer un pigeon

 

 

                               Ses tirs ne touchent plus terre

 

                               Mais Fred Piquionne n'en a rien à faire

 

                               Il fait participer les supporters

 

                               Fred Piquionne est un humanitaire

 

 

                               Le drame va bientôt se nouer

 

                               Fred Piquionne a encore vendangé

 

                               Un type craque et va l'insulter

 

                               Fred Piquionne, ça, ne le laisse pas passer

 

 

                               Il l'a traité de mou à grosses fesses

 

                               Et Fred Piquionne, ces mots ça le blesse

 

                               En plein pendant notre grand-messe

 

                               Fred Piquionne en a ras les tresses

 

 

(voix de Charles Villeneuve)

 

Frédéric Piquionne, légèrement tancé par un supporter, s'énerve. Il est bien regrettable que cette personne, heureuse et rigolarde de nature, cède ainsi à ses purs instincts animaux qu'il n'a jamais reniés. Et le voilà, ivre de colère, qui se jette sur ce pauvre père de famille, contribuable modèle (même s’il paye trop d’impôts, comme tous les bons citoyens visuellement français), militant de l'UMP, bien sous tous rapports. C'est une véritable agression barbare à laquelle il se livre là, l'insécurité s'étend maintenant aux tribunes de nos stades, c'est d'ailleurs pour cette raison que notre bien aimé ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a pris une disposition interdisant aux joueurs à risques (déterminés selon des critères fiables comme le nom et la couleur) de pénétrer dans l'enceinte de nos stades séculaires, à part pour l'entretien et pour le terrain. Après la publicité, nous verrons des putes et des voyantes, à tout de suite.

 

 

(retour à la chanson)

 

                               La Lune brille toujours sur nos champions

 

                               Et Fred Piquionne prend de la suspension

 

                                On n'aura plus de joueurs valides contre Lyon

 

                               Et un an de plus, on l'aura dans le fion

 

 

 

C'est beau, non ? Heureusement, car ensuite, ça se gâte, c'est de la Ligue 1 et du milieu de tableau, alors point de vue art, on est loin des sommets de création entrevus précédemment. A l'arrivée, un match nul, non pas le 0-0 habituel, toutefois, non, non, non, mais un beau (que dis-je, forcément sublime, il y a eu des buts) 1-1. C'est encore Javier qui a marqué pour Monaco, encore sur une passe de Marco, qui a compris qu'il était moins risqué pour lui d'être passeur que buteur, rapport aux projectiles divers qu'il prend à chaque but marqué. Et puis, comme un mythe comme Saint-Etienne ne pouvait pas perdre décemment contre une telle équipe, ils ont égalisé en fin de match, égalisation qui laisse un goût amer dans la bouche de l'entraîneur.

 

 

Francesco : "Vraiment, c'est trop bête, on la tenait, notre victoire. Allez, sur le tableau, je marque qu'on a gagné car, dans l'esprit, c'est le cas. Et je prévois aussi nos trois points contre Lyon, ce qui fait 47 points et une huitième place, si tout se combine bien, on est à cinq points de la quatrième, tout reste possible."

 

Camel (lève le doigt) : "Monsieur, monsieur !"

 

Francesco : "Oui ?"

 

Camel : "La demi-finale de Coupe de la Ligue contre Nice, on la compte comme gagnée, aussi ?"

 

Francesco : "Très bonne remarque ! En fait, je ne sais pas encore ce que va donner notre recours devant le CNE mais j'ai bon espoir qu'on récupère quelque chose : une place en finale, une qualification pour la Coupe Intertoto sur les quotas de la Géorgie, deux points qu'on pique à Marseille et Paris, une photo dédicacée de Rocheteau ... En tout cas, ils nous l'ont promis, on ne rentrera pas sans rien."

 

la pythie : "Bonsoir, je peux faire une annonce ?"

 

Francesco : "Qu'est-ce que tu veux, petite ? Tu cherches tes parents ?"

 

la pythie : "Non, je suis la pythie, je prédis l'avenir en vieux langage ancestral que plus personne ne parle, on ne sait même plus quelle langue."

 

Sébastien : "Et quand la pythie va, tout va."

 

la pythie (récite les yeux fermés) : "Selos cloub nullos, e brelon pfuit-pfuit télé crypta, si les Ricains n'étaient pas là, vous seriez tous en Dayannie, à encourager je ne sais quoi, à aduler je ne sais qui, hom pay mettrare et que s'appellorio Cayzac."

 

Lucas : "Et en gros, ça dit quoi ?"

 

la pythie : "C'est pas pour vous, c'est pour le PSG."

 

Sébastien : "Ben, qu'est-ce que ça peut nous faire, alors ?! Il faut aller dire ça au Parc des Princes, ma petite."

 

la pythie : "Je ne peux pas, je suis interdite de Parc des Princes depuis que j'ai dis à Sarkozy qu'il allait perdre contre Royal, c'est qu'on lui annonce qu'il va être doublé sur sa droite qu'il n'a pas aimé."

 

François : "Ah, mais je te connais, tu es la fée Ipsos !"

 

la pythie : "Oui, c'est cela, je peux tout vous dire comment ça va se passer à 30% de mots comme marge d'erreur."

 

Francesco : "Donc, tu peux me dire mon avenir."

 

la pythie : "Oui, je peux le dire mais je ne vais pas le faire car ça ne va pas vous plaire. Déjà, Caïazzo m'a mis une baffe car je lui ai dit que Feindouno, en vrai, il a 31 ans et qu'il va être grillé l'année prochaine et qu'ils finiront en Ligue 2, alors pour les mauvaises nouvelles, je ne les annonce plus directement."

 

Francesco : "Tant mieux, pas de nouvelles, bonnes nouvelles."

 

Sébastien : "Et je serais à Lyon, l'année prochaine ?"

 

la pythie : "Ben non, Charlton, ils sont pas européens."

 

Et la gamine se prend une nouvelle baffe.

 

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 28 avril 2006

Les audiences au palais, c'est comme à la sécu, il faut prendre son ticket et attendre quelques heures pour quelques minutes d'entretien qui ne débouchent sur rien. Malgré la connaissance de cette fin, les trois visiteurs du jour voient une importance particulière à être là.

 

Michel : "Bon, il se grouille, Bébert, on n'a pas que ça à faire !"

 

Gérard : "Moi si ! Mais c'est pas grave, je vais être solidaire quand même."

 

Michel : "Ouais, il y a intérêt ! Tu sais qu'on risque notre place, là, quand même."

 

Gérard : "Comment ? Ça s'est vu, qu'on a foiré la saison ?"

 

Michel : "Ben, tu as vu les journaux : ils parlent de Keller, Puel ... Si on ne réagit pas, on va se faire jeter. C'est pour ça qu'on vient aujourd'hui solliciter un entretien."

 

Francesco : "Ecoutez, pour ce qui est du domaine sportif, je fais tout mon possible et les joueurs me le rendent bien, leurs prestations sont plus que satisfaisantes, l'équipe va mieux que bien, sans la poisse incroyable qu'on a subi, on serait champion derrière Lyon (mais pour les rattraper, ce n'était de toute façon pas possible, à cause de l'héritage Deschamps)."

 

Gérard : "Ouais, c'est vrai, c'est un gros nul, ce Deschamps ! Quand je pense qu'on aurait pu garder Grax, vraiment, il exagère !"

 

Michel : "Par contre, si ça ne vous dérange pas trop, avec le Prince, c'est moi qui parlerai et vous, vous fermerez vos gueules. Sinon, c'est moi qui vous vire, et dès ce soir."

 

Francesco : "Tiens, tant que je vous ai, vous savez quand on joue contre Lyon ?"

 

Michel : "Ah ça, j'en sais rien. Dès que j'ai Aulas au téléphone (et il ne m'appelle qu'en PCV), il m'insulte et raccroche aussitôt."

 

Gérard : "J'avoue, c'est un peu de ma faute, je lui ai dit qu'on pourrait le jouer pendant les demi-finales de Champions League vu qu'il serait éliminé en quart comme les autres années. Ça, il a pas aimé, il m'a dit qu'il allait me briser, qu'il connaissait du monde à Paris, qu'il allait les prévenir et que ça allait chier pour ma gueule."

 

Michel : "Et alors ?"

 

Gérard : "Ben, il y a Thiriez qui m'a appelé."

 

Michel : "Et qu'est-ce qu'il a dit ?"

 

Gérard : "Au début, qu'on devait tous être amis. Après, j'ai décroché à la troisième phrase donc je ne sais pas mais maintenant que vous me le rappelez, je vais regarder sur lequipe.fr si le match a été casé."

 

Francesco : "Attendez, vous voulez dire que vous n'en savez rien alors qu'il vous l'a dit ?! Si ça se trouve, on l'a déjà perdu par forfait."

 

Michel : "Bof, de toute façon, on va perdre et eux, ça les encombre, alors autant que ça se passe comme ça."

 

Gérard : "Non, non, je vous rassure, ça ne peut pas être ça, il y aurait des journalistes qui m'auraient posé des questions. J'en ai parlé avec Guy Adam, normalement, ils mettent au courant, quand on a fait une boulette ridicule et irréversible."

 

Michel : "Mais bougre d'andouillette, les journalistes, tu sais très bien qu'on les a mis en face de Sonia Diaz pour que les seules questions qu'ils posent soient les disponibilités de notre responsable de la communication pour un rendez-vous privé !"

 

Gérard : "Mais c'est de la faute à l'autre, d'abord ! Thiriez, à chaque fois qu'il me parle, je ne comprends rien. Déjà, les moustachus, ça me fait peur, je suis obligé de regarder ailleurs quand il me cause, en plus, je ne connais pas les trois quarts des mots qu'il dit. C'est pour dire, la dernière fois, à une réunion à la Ligue, pendant un cocktail, je lui ai demandé où étaient les toilettes et je n'ai rien compris de sa jactance !"

 

Michel : "Et alors, qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?"

 

Gérard : "Ben, j'ai profité d'un moment où personne me regardait pour faire discrètement dans une plante verte en plastique."

 

Michel : "Mais non, pour le match de Lyon, ducon ?!"

 

Albert : "Vous vouliez me voir ?"

 

Gérard : "Oui, est-ce qu'un moustachu, ça vous fait peur, à vous aussi ?"

 

Albert : "Pardon ?"

 

Michel : "Non, non, rien. Le problème, c'était qu'on a appris dans la presse que vous travaillez à faire venir Marc Keller et Claude Puel et qu'ils seraient ici cette semaine."

 

Albert (gêné, se gratte la nuque) : "Ah, vous avez appris ça, hé, hé, ben, c’est, hé, hé, voilà, quoi !"

 

Francesco : "Au fait, vous avez noté, vous aussi, l'incroyable malchance qui nous accable et l'héritage déplorable laissé par Deschamps ? Vous conviendrez alors qu'avec les points perdus ainsi, on serait dans le trio de tête, quitte à user de symétries composées dans le classement. Je ne suis pas le mauvais cheval, vous savez ..."

 

Albert : "Voilà, c'est Poullain ! Keller, il vient pour remplacer Poullain ! Vous pouvez rentrer chez vous, vous ne craignez rien."

 

Gérard : "C'est qui Poullain ?"

 

Michel : "Je ne sais pas. Retire lui son salaire, il viendra se plaindre dans mon bureau, je verrai alors qui c'est."

 

Francesco : "Mais, et Puel ?"

 

Albert : "Non, mais Puel, c'est un ami, c'est pas pareil ... c'est pour mon goûter d'anniversaire qu'il vient ! Voilà, mon goûter de un an de règne, d'ailleurs vous êtes invités. Alors, rassurés ? Je peux y aller, donc."

 

Michel : "Ouf, on a du cul, on peut le dire."

 

Gérard : "Ah ça ouais, être invité au goûter alors que c'est même pas cette semaine, l'anniversaire, ça, c'est de la chance !"

 

 

Quant au goûter, il réunit en catastrophe la famille (en fait, des comédiens pour jouer ces rôles, histoire que Stéphanie ou Ernst-August ne fassent pas de gaffes)  et des proches et, bien sûr, le trio magique ainsi que Claude et Marc.

 

Claude : "Quand même, cette réception, cette comédie, vous pouvez m'expliquer ?"

 

Stéphane : "Oh oui, prince, expliquez-nous dans quelle histoire extraordinaire vous nous entraîner ! C'est d'ailleurs une habitude dans votre famille puisqu'en 1768, la duchesse du Berry était en villégiature sur le Rocher et ..."

 

Albert : "J'explique brièvement et cesse de m'interrompre, le nain frisé, tu me pompes l'air, tiens, tu ne veux pas allez voir à Menton, si j'y suis."

 

Stéphane : "J'y vais de ce pas, votre seigneurie !"

 

Albert : "Pfiouuuu, il est pénible, lui, mais à un point ... Bon, je vous explique : je vous que vous rejoignez le club en tant que directeur sportif et entraîneur mais comme les titulaires du pouvoir actuel l'ont appris, je suis obligé de ruser pour qu'ils ne se doutent de rien."

 

Claude : "Et là, alors que vous avez posé nos contrats sur la table, ils ne se doutent de rien ?"

 

Albert : "Non. Mais rassurez vous, si vous venez, ils dégagent aussitôt. Mais tant que j'ai personne de sûr, je suis bien obligé de leur faire croire que je compte sur eux, sinon, ils risquent de tout foutre en l'air exprès (si vous me permettez l'expression)."

 

Marc : "Ecoutez, monseigneur, ce sera un grand plaisir de travailler ici et, je ne vous le cache pas, surtout, de quitter Strasbourg."

 

Albert : "Parfait, puisque nous sommes d'accord sur les termes du contrat, il ne reste plus qu'à signer."

 

Marc : "Lu et approuvé. Voilà, je suis chez vous l'année prochaine. Il ne me reste plus qu'à trouver le président pour démissionner et je suis à l'AS Monaco. Comptez d'ici un mois."

 

Albert : "Il vous faut un mois pour trouver votre président ?"

 

Marc : "Pas le président, le président pour démissionner. Selon les tâches, le président, il change. Quand j'ai besoin d'argent, je dois aller voir Ginestet, quand je veux organiser les activités des supporters, je dois trouver Gindorf et pour les annonces à la presse, je me réfère à Afflelou. Vous savez, Strasbourg, c'est Marseille sans les résultats."

 

Albert : "C'est pour cela que vous l'homme de la situation. Et vous, Claude ?"

 

Claude : "Je ne sais pas encore, vous savez, à Lille, j'ai une situation stable, des joueurs à mes genoux, un projet à long terme ..."

 

Albert : "Mais pas de stade."

 

Claude : "Certes, mais, sauf votre respect, monseigneur, nous avons quand même une pelouse."

 

Albert : "On en a une aussi, maintenant ! Perez a creusé quelques crevasses mais, dans l'ensemble, elle est très bonne."

 

Claude : "Ecoutez, je suis touché par toutes les marques d'intérêt que vous me manifestez, mais je ne peux pas encore prendre ma décision."

 

Albert (à genoux) : "S'il vous plait, monsieur Puel, ne me laissez pas Guidolin, je veux un vrai bon entraîneur ! Dites moi ce que je dois faire que vous veniez, et je le ferais tout de suite !"

 

Claude : "Monseigneur, ma mission à Lille n'est pas finie, c'est pourquoi, par loyauté envers eux, je ne peux pas les laisser tomber. Ce n'est pas une question de gages à me donner, je suis conscient et vraiment très flatté de l'intérêt que vous me montrez mais c'est trop tôt. Vous pouvez faire l'impossible, aller au Pôle Nord, me ramener des perles de pluie qui viennent d'un pays où il ne pleut pas, bouffer des haubans ou montrez votre cul et vos bonnes manières aux passants ou je ne sais quel autre extrait de Jacques Brel, bref, vous pouvez toujours essayer ..."

 

Albert : "Très bien, je vais vous montrer que quand j'ai de la volonté, je vais au bout, quitte à donner de ma personne. Je vous tiendrai au courant, monsieur Puel, croyez moi."

 

Gérard : "Tiens, c'est quoi, ces papiers, sur la table ?"

 

Albert : "C'est rien ! C'est rien ! C'est ... euh ..."

 

Marc : "C'est le livre d'or, que nous venions de signer."

 

Albert : "D'ailleurs, monsieur Puel, si vous voulez bien ..."

 

Claude : "Il se trouve, monseigneur, que je n'ai pas de stylo."

 

Gérard : "Moi, j'en ai un, si vous voulez."

 

Claude : "C'est bien aimable à vous, mais je n'arrive à lire dans ma tête qu'avec mon stylo et je comptais bien sûr lire ce qu'il y a de marqué avant que je ne le paraphe."

 

Albert : "Ce n'est pas grave, je vous le laisse et vous me le remplirez chez vous."

 

Gérard : "Et pourquoi il y a plusieurs feuilles, comme ça, avec des trucs écrits déjà avant."

 

Marc : "C'est un livre d'or personnalisé, mais il ne faut pas dire aux autres ce qu'il y a de marqué sur le sien, ce n'est pas du jeu, sinon."

 

Albert (tendant une serviette en papier à Gérard) : "Tout à fait, d'ailleurs voici le vôtre."

 

Gérard (lit le papier) : "«Buffet Lenôtre.» Alors, ça, ça me fait hyper plaisir, vous ne pouvez pas savoir. Tiens, je vais le remplir tout de suite."

 

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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Vendredi 28 avril 2006

Affronter le PSG, c'est toujours un moment particulier dans une saison. Il faut prévoir une affluence importante, penser à séparer les groupes de supporters parisiens par des grillages, des fossés, des douves avec des crocodiles dedans, des poteaux enflammés et des barbelés et encore, ils sont capables de tout arracher pour se le jeter à la gueule, ce sont de vrais tordus (déjà, pour supporter le PSG, il faut avoir un grain). Mais pour les joueurs aussi, c'est quelque chose, on peut attirer l'attention sur soi en cas de bon match et être recruté ultérieurement par le club de la capitale, garantissant ainsi une rente sure même en cas de productions médiocres (et c'est valable aussi dans l'autre sens : jouer mal au PSG puis bien contre eux). Alors, évidemment, dans tout club professionnel qui se respecte, la semaine précédente est entièrement focalisée sur cet affrontement de prestige. Bon, là, forcément, ce n'est pas le cas, mais quand même, Flavio a tenu à se renforcer en se faisant greffer la jambe de Guillaume qui n'était pas d'accord, mais essayez de poursuivre quelqu'un qui a pris votre jambe et on verra. L'autre grand différent est intervenu au moment de l'opposition titulaires contre remplaçants pour mettre en place l'équipe, Christian s'est étonné de ne pas jouer alors que Marco en est et qu'il a beaucoup moins de groupies au Japon, Marco répond que lui, au moins, il en a une ici (la serveuse du Quick, ça ne compte pas, elle est aimable avec tous les clients qui dépensent plus de 200 €), Christian fait valoir la présence de don Marcello, le parrain de la Nazionale, devant sa télé, Marco rétorque qu'il a un volume de jeu important et non un volume physique important, Christian menace de racheter le club avec une souscription lancée à partir des ventes de maillot en son nom au Mexique inférieur, Javier intervient pour leur demander si ça ne les dérangerait pas trop de jouer, Gaël, Sébastien, François et Lucas répondent que eux, si, car ils n'ont fini ni leur belote ni leurs verres et Christian découvre que Javier est au club, il pensait qu'il était le gogo-danseur du Laslandes Disco-Bar (il ne s'étaient croisés qu'en cet endroit). Bref, grosse motivation mais, comme le foot, ce n'est pas la guerre mais le bonheur du spectacle de l'amitié (Frédéric Thiriez), l'avant-match contre les enculés, pardon, les parisiens, se fait dans un esprit de concorde (pas l'avion).

 

 

Pedro : "Boune mache à vouze !"

 

Gaël (clin d'oeil) : "Ça, ça dépend surtout de vous, hein !"

 

Pedro : "Amporchtante pour cloub tres pounte, à vamos dé là, matchech oune puisse autre."

 

Gaël : "Putain, comment il parle ?! C'est le langage des numéros 9 ou quoi ?!"

 

Marco : "Qué toi diccere ?"

 

Gaël : "Ouais, ça doit être ça."

 

Jérôme R. : "D'un autre côté, lui, ce n'est que le langage. Rodriguez, lui, c'est la même chose pour son jeu, il est le seul à comprendre sa syntaxe des jambes. Au fait, il n'est plus là, Warmuz ? On avait convaincu Letizi de jouer quand même car il pourrait échanger ses anti-dépresseurs avec lui à la fin du match."

 

Sébastien : "Ben non, maintenant qu'il est entier, on fait jouer Roma. Et vous, pourquoi vous ne le mettez pas, Alonzo ?"

 

Jérôme R. : "Il s'est blessé en dansant la cumcummania sur la table à la collation, c'était pour mettre de l'ambiance pour souder le groupe, qu'il disait !"

 

Vikash (secouant ses cheveux) : "Comme le disait Saint-John Perse, c'est dans les pitres qu'on retrouve la naturalité du monde socio-occidental en déshérence de fraternité olfactive. C'est un tropisme sublatif de l'occiput commun, si j'ose dire."

 

Gaël : "Hein ?"

 

Vikash : "Ah oui, je parle à des primates d'obédience aculturelle, il faut que je m'adapte, j'avais omis cette nécessité. Comme je pourrais dire pour être intelligible ? (parle lentement en articulant bien) Lui faire rire nous, alors nous avoir truc commun. Toi comprendre ?"

 

Sébastien : "Ça va, c'est pas la peine de nous méprise sous prétexte qu'on n'a pas lu tout Julien Lepers. L'autre, il a ouvert un bouquin, il croit qu'il est plus fort. Eh, la culture, c'est comme la confiture : quand on n'en a pas, on s'écrase !"

 

Jérôme R. : "Faut pas s'énerver, il est comme ça avec tout le monde. Le pire, c'est avec Mendy, comme il lui a mis un petit pont à l'entraînement, l'autre, il a voulu lui cassé la jambe et vu qu'il tacle comme il centre ..."

 

Pedro : "No chouchisse, pas bargaïrre, toutou vach boune."

 

Vikash : "Ah, mais je n'avais point l'intention de me quereller avec cet individu, simplement je souhaitais lui faire part de mon intersubsidiarité en matière de déférence séculière malgré ses lapidaires rodomontades surannées, ce que Leibniz appelait la spiritualité lacunaire."

 

Sébastien : "Ouais ben, euh, toi même, d'abord ! Et puis c'est même pas vrai, tes histoires, j'en veux de pas, de quenelles avec toi (et pourtant, j'adore Lyon et je rêve de m'y installer prochainement mais là n'est pas la question). Et puis, franchement, se vanter d'avoir à l'Intermarché des matières de référence de la Sécu, je demande à voir car se vanter, c'est facile. Et puis moi, je ne t'ai pas insulté, alors me traiter de lapidateur de montagnes sur un nez, je trouve ça petit, mais vraiment petit, avec du Pliz et du White Spirit lunaire ou pas !"

 

Pedro : "Louis gentille, tou gentille, patch dichtuptuche."

 

Vikash : "Soit, je conviens que toute tentative de dialogue est vaine alors vaut mieux couper là."

 

Sébastien : "Euh ... ouais, ben, c'est ce qu'on va voir !"

 

Gaël (à Jérôme R., montrant Pedro et Vikash) : "Et ils arrivent à se comprendre ?"

 

Jérôme R. : "Ah, ça, j'en sais absolument rien, j'y comprends rien, à ce qu'ils disent. D'ailleurs, je ne comprends personne, ici, à part Fournier mais il n'est plus là. En y pensant, ça doit être le cas des autres aussi, regarde Rozenhal, il continue de nous parler en tchèque, y compris en match. Du coup, une fois, Yepes, il n'a pas compris qu'il prenait la balle et il l'a taclé et depuis, Rozenhal, il n'intervient plus sur les centres adverses."

 

 

Le match ne pouvait commencer plus mal pour les monégasques. D'abord, Christian se blesse : alors qu'il avait tiré, Bernard, qui voulait le contrer, emporté par son élan, n'a pas pu s'arrêter à temps et l'a percuté. Christian n'avait plus qu'à céder sa place à Javier tout en maugréant que ça allait l'handicaper sur le dance floor s'il a des béquilles (car dans ce cas, comment va-t-il tenir son verre et son sandwich ?) et en subissant les railleries de Marco. Gaël aussi devait céder sa place sur blessure en première mi-temps à cause de Bonaventure, le même sur qui il avait fait une faute qui donna un coup-franc bien placé. Il y eut alors conciliabule autour du ballon pour savoir comment le tirer, Bernard se propose mais les autres se sont contenter de rire, Vikash a cité Chateaubriand et Hegel mais sans convaincre, ce sera finalement une discussion entre Paulo Cesar et Pedro Miguel, discussion que chacun mène avec la moitié des mots en portugais et l'autre en mauvais français, mais pas la même moitié pour chacun. Finalement, c'est Paulo Cesar qui marque, laissant ce cri de joie de son président : "Ah bon, il est encore sous contrat avec nous, lui ?!" Toutefois, l'honneur sera sauf (car perdre contre le PSG, c'est quand même la honte suprême) car Javier égalise en seconde période, hélas il prit un carton jaune (sans conséquence immédiate) pour cause de maillot enlevé à cause d'une surchauffe du processeur central de sa prothèse bionique des côtes. Allez, 1-1 score final, et toujours pas de victoire à Louis II pour les parisiens depuis l'an de Grace 1984.

 

Sébastien : "Et pourvu que ça dure, la belle figure (moi aussi, j'ai des citations d'auteur connu et je vous emmerde) !"

 

Gaël : "C'est vrai, là, on doit pouvoir être en course pour ... euh ..."

 

Lucas : "Le maintien, déjà, c'est bon, on ne nous l'enlèvera pas."

 

François : "Et puis on ne perd toujours pas contre la capitale de cet état honni, ce qui, pour le survivant du génocide culturel que mon peuple a subi, est une joie inaltérable."

 

Gaël : "Et on peut encore, si on double Nancy, ne pas être la plus mauvaise équipe avec un entraîneur étranger à sa tête."

 

Lucas : "On a encore un petit espoir, mais il faudra finir fort, d'être la meilleure équipe dont le nom commence par M. Par contre, pour être la meilleure équipe dont le nom se termine par une voyelle, c'est râpé, Lille est trop loin."

 

Sébastien : "En tout cas, on est la seule équipe à avoir pris un but de Denilson, ça marque une saison, ça ! Et on ne nous l'enlèvera pas !"

 

Gaël : "Ben si, justement, il y a Nice qui en a pris un aussi, cet après-midi."

 

Sébastien : "Ah, la vache ! Les salauds ! Ils ne nous laisseront décidément rien !"

 

Lucas : "Pour ce qui est d'être la meilleure équipe en rouge et blanc, il va falloir se battre contre Nancy aussi ..."

 

Gaël : "Non, il y a Lille."

 

Lucas : "Mouais, tu chipotes, là."

 

Gaël : "Certes, mais il faut être rigoureux, réaliste et appliqué dans notre recherche d'objectifs."

 

Camel : "Qu'est-ce que vous faites ?"

 

François : "On réussit notre saison."

 

Sébastien : "Comme ça, on pourra le mettre sur nos CV et ça favorisera un transfert dans un bon club ambitieux (Lyon, par exemple)."

 

Camel : "Mais comment vous faites ?"

 

Lucas : "Les cons, ils définissent au début des objectifs puis ils essayent de les réaliser, mais comme on ne peut pas avoir douze club dans les cinq premiers, il y en a plein qui échouent et c'est la crise, ils passent pour des baltringues et personne n'en veut."

 

Camel : "Ouais, ça, je connais, j'ai quand même joué à Marseille et Bordeaux."

 

Gaël : "Ben voilà, nous, pour réussir notre saison, on attend de savoir ce que ça va donner et on se donne alors des objectifs, comme ça, on est sûr d'être contents. Après, on peut frimer devant ceux qui ont loupé la leur. Malin, non ?"

 

Camel : "Et ça permet d'attraper des meufs ?"

 

Sébastien : "Euh ...  le but, c'est plutôt les grands clubs (comme ceux au confluent de la Saône et du Rhône, si vous voyez ce que je veux dire), mais, si tu veux, ça doit aider pour ça aussi."

 

Camel : "Super, alors moi, je veux être champion et gagner une coupe, ça les fait toutes craquer et puis j'ai toujours rêver de le faire."

 

Lucas : "Oui, sauf que ça, c'est un truc, il faut avoir compris comment on fait pour l'utiliser. Comme un schéma tactique, si tu repiques te planquer au centre au lieu de bloquer sur l'aile."

 

Par Schweinnie - Publié dans : luxecalmeetvolupte
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